31 de Rob Zombie : haine et châtiments

Rob Zombie est le genre de cinéaste que les fans de l’horreur aiment détester, principalement pour avoir été responsable de deux relectures imparfaites du Halloween de John Carpenter, mais également pour un style de réalisation qui ne plaît pas à tous. 31 n’échappe pas à la règle, malgré des qualités indéniables. Explications.

31-poster-zombieAvec 31 et contrairement à The Lords of Salem (que personnellement, j’ai bien apprécié), Zombie ne se renouvelle pas vraiment. On a une nouvelle fois affaire à un ersatz de Texas Chainsaw Massacre, du moins en ce qui concerne la mise en place de l’histoire. Le film se situe dans les années 70, est imprégné de culture whitetrash et met en scène une bande de forains roulant en camionnette (!) sur les routes désertiques du sud des États-Unis (!!). La trame sonore est principale composée de vieux succès rock et country, et le film met encore une fois Sheri Moon Zombie en tête d’affiche. Les dialogues sont (une fois de plus) nombreux et profondément vulgaires.  Ainsi, après un passage à une station service où ils feront d’étranges rencontres (!!!), les personnages seront attaqués sur la route par une bande de dégénérés qui s’amuseront à les massacrer un par un dans une espèce de jeu diabolique. Bref, la recette habituelle…

La nostalgie transpire donc encore une fois de ce nouveau film de Zombie, mais ne s’inscrit pas dans les années 80 actuellement à la mode (contrairement à Stranger Things par exemple). Est-ce que le film aurait été davantage apprécié si c’était le cas?

31-Rob Zombie

Dans mon cas non, car – je vous l’avoue sans honte – j’ai apprécié ce nouvel effort de Zombie. D’accord, ce n’est pas très original, mais est-ce que la série nommée précédemment l’est davantage? Ce que j’apprécie de Zombie, c’est sa manière de filmer la violence, qui est extrêmement brutale, voire agressante. Je ne parle pas ici de gore grandiloquent à la Dawn of the Dead ou encore de scènes de torture à la Hostel ou à la Saw – ces références ne s’appliquent pas ici – mais simplement d’une violence réaliste et frontale qui rend mal à l’aise. Contrairement à la plupart des films d’horreur où les scènes de meurtres sont considérées comme une récompense pour les spectateurs, ce n’est pas vraiment le cas dans l’œuvre de Zombie (et, c’est peut-être ce qui déplaît à certains spectateurs plutôt habitués à des slashers mettant en vedette des boogeymen sortis tout droit d’un comic book et à des acteurs/actrices à la plastique parfaite).

D’ailleurs, ce qui est intéressant dans 31, c’est que les victimes n’agissent pas comme telles. Au lieu de hurler au meurtre et de courir comme des poules pas de têtes, les proies se défendent et tuent violemment leurs agresseurs (cinq d’entre eux passeront d’ailleurs à la moulinette).  Bref, 31 ne sera pas apprécié de tous, mais vaut tout de même le détour pour ceux qui recherchent des sensations fortes et différentes de ce que nous offre le cinéma d’horreur en général.

Disponible en vidéo depuis le 20 décembre (NDLR : plusieurs extras, dont un making of en deux parties sont disponibles sur Shudder Canada).

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Jason Paré

About Jason Paré

Vidéaste-animateur-chroniqueur abitibien, montréalais d'adoption depuis 2004, Jason Paré réalise des courts métrages depuis une quinzaine d'années et a quelques publications à son actif (principalement des nouvelles d'horreur et de fantastique). Depuis 2014, il anime l'émission L'Étrange programme, un magazine culturel actuellement diffusé sur les ondes de TCF – La télévision communautaire de Montréal.

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