Trésor de biblio: Wild Fell

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Sur les rives de Blackmore Island, sur le Devil’s Lake en Ontario, se trouve la demeure de Wild Fell. Ce manoir ancestral est déserté depuis près d’un siècle, mais quelque chose hante les lieux et n’a aucune intention de partir. Lorsque Jameson Browning, décidé à refaire sa vie à la suite d’un grave accident de voiture, achète Wild Fell, il est loin de se douter que l’entité qui y demeure n’attendait que lui, et ce, depuis beaucoup plus longtemps qu’on pourrait le croire… Commence alors pour Jameson une véritable descente aux enfers. Bienvenue à Wild Fell!

wild fell Michael RoweSaluons les éditions Bragelonne, qui ont eu le génie d’intégrer ce roman fantastique à leur collection « L’ombre de Bragelonne ». La traduction de Benoît Domis est fluide, et on croirait que le roman a été traduit au Québec tant le style est loin du français parisien qu’on retrouve trop souvent dans les romans initialement publiés en anglais.

Second roman de l’auteur canadien Michael Rowe, Black Fell est une bonne vieille histoire de fantômes, dans la pure lignée de Shirley Jackson et James Herbert. La structure du roman a de quoi étonner. Le prologue fait une bonne quarantaine de pages, et le roman, qui ne compte que huit longs chapitres, se concentre majoritairement sur l’enfance de Jameson. Ce n’est que dans le dernier quart des 270 pages du récit que Jameson arrive à Wild Fell. Pourtant, l’intrigue est d’une efficacité redoutable, et la chute est tout simplement diabolique!

À travers les différents segments, c’est un véritable piège que tend Rowe au lecteur. Chaque information a son importance, et le dernier morceau du puzzle, lié à la première page du récit de Jameson, n’est donné qu’à la toute fin du récit et remet tout ce qu’on vient de lire en question. L’utilisation de motifs récurrents, comme les papillons de nuit et le rapport aux miroirs, est une autre des forces de ce récit atypique.

Le rythme du roman est parfaitement maîtrisé, et Rowe parvient à faire monter le niveau d’angoisse de manière graduelle mais soutenue. Si la construction du récit rappelle parfois Stephen King dans le soin maniaque qui y est mis, le Canadien a un style bien à lui, qui procure une lecture angoissante et unique. Notons également l’ajout de thématiques, comme la relation entre un fils et son père, ainsi que la maladie mentale, qui parviennent à donner une dimension supplémentaire à l’histoire, transformant un récit de fantômes en un drame humain à forte teneur surnaturelle.

Wild Fell est non seulement un bon roman fantastique, qui remplit tout à fait ses promesses, mais c’est aussi une excellente histoire de fantômes, qui parvient à se réapproprier un genre qui est plusieurs fois centenaire. Voilà un exemple parfait du savoir-faire canadien-anglais dans le domaine de la littérature d’horreur! Il ne nous reste plus qu’à espérer que Michael Rowe poursuive sur sa lancée et qu’il nous propose bientôt une nouvelle offrande aussi terrifiante que celle-ci!

Pierre-Alexandre Bonin

About Pierre-Alexandre Bonin

Pierre-Alexandre est tombé dans les littératures de genre au primaire, en lisant Ange ou démon?, l’un des nombreux titres de la collection «Frisson», et depuis, il n’a cessé d’élargir ses horizons. Après une maîtrise en littérature québécoise, il a récemment terminé une thèse de doctorat sur Stephen King et prépare un projet de postdoctorat sur l’histoire des littératures de genre au Québec.

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