The Shallows : la grande blonde et le grand blanc

Nancy entreprend un voyage spirituel qui la mène au Mexique, sur une plage isolée que sa mère décédée depuis peu décrivait comme paradisiaque. Spectaculaire, c’est une destination de choix pour surfer : c’est aussi le terrain de chasse d’un grand requin blanc. Après avoir été attaquée, la jeune femme trouve refuge sur un rocher. Seuls 200 mètres la séparent de la terre ferme, mais le prédateur n’attend que l’occasion de la dévorer. Son sanctuaire est sécuritaire tant que la marée reste basse, mais ce ne sera pas le cas indéfiniment…

The Shallows PosterEntre Sand Sharks, Sharknado, Sharktopus et les autres, ça faisait longtemps qu’on ne nous avait pas servi un film de requin qui n’était pas une parodie. Voyons comment Jaume Collet-Serra (The Orphan, House of Wax) se débrouille dans ces eaux hasardeuses.

The Shallows est un film beaucoup plus convenu que, par exemple, Open Waters. Son montage rapide et dynamique, sa musique pop et entraînante, son goût pour le ralenti suivi de l’accéléré et l’attention accordée au beach body plantureux de Blake Lively, dont la caméra ne s’éloigne jamais longtemps, rappellent le vidéoclip et la publicité. Les 30 premières minutes, quand on voit Nancy fendre les vagues sur sa planche (et un air techno), on pourrait facilement croire avoir affaire à un banal film d’ado – une impression renforcée par l’accent appuyé sur la technologie, que ce soit un téléphone portable, une GoPro ou une montre dernier cri. Une fois l’étudiante en médecine coincée sur son rocher, The Shallows débouche enfin sur un survival décent, mais non mémorable.

Le maillon le plus faible de The Shallows se trouve au niveau du scénario d’Anthony Jaswinski, dont les dialogues sont visiblement scriptés et les situations, forcées. Comme par hasard, avant de plonger dans l’océan, Nancy a une conversation téléphonique avec sa soeur et son père, où on nous résume les évènements des derniers mois et la nature des tensions familiales. Une fois sur le rocher, le personnage exprime à voix haute ses pensées et intentions, ce qui est inutile et distrayant. Maladroit, le besoin de solliciter sans cesse la sympathie du spectateur tout en s’assurant qu’il comprenne bien les enjeux à l’écran est presqu’insultant.

Les défis rencontrés par Nancy sont logiques et intelligents, bien que certains ne soient là que pour le spectacle. C’est le cas de l’intervention risible d’un homme saoul qui apparait mystérieusement au milieu de la nuit pour cuver son vin sur la plage. Le dénouement enchaine aussi les péripéties invraisemblables pour donner lieu à une confrontation musclée, mais il faut préciser que mis à part cette exception, le prédateur demeure discret, ce qui apporte plus de crédibilité à la situation. Dans la vie aussi, le requin passerait la plupart du temps complètement immergé, où on ne le verrait pas.

Mais quand on le voit, en vaut-il le spectacle? Rien ne remplace les animatroniques, c’est vrai. Par contre, le CGI convainc ici. Malgré quelques plans où il parait légèrement trop lisse et expressif, l’animal est programmé avec souci de texture, et ses mouvements respectent son squelette et sa musculature. Le film embrasse sa majesté sans l’exagérer : sa première apparition est particulièrement saisissante (voir l’image à la une de l’article).

Une actrice dont le jeu et les rôles n’ont jamais été remarquables, Blake Lively s’en sort pourtant très bien, surtout qu’elle doit exprimer des répliques superficielles qui manquent souvent d’inspiration. Même si elle ne cesse d’être sexualisée, la caméra ne s’éloignant jamais longtemps de ses seins et ses fesses, l’actrice représente de manière convaincante une jeune femme intelligente et débrouillarde au sang-froid impressionant.

Évidemment, une comparaison avec Jaws s’impose. Malgré quelques ressemblances, comme l’emploi répété de la caméra à moitié submergée, The Shallows offre un contenu original, mais aussi inégal et imparfait. Attendez donc sa sortie en vidéo pour en faire l’expérience vous-même!

par ELISE LUCIE HENRIPIN

The Shallows 1

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About Elise Henripin

Boulimique de littérature et de cinéma d’horreur, Élise a collaboré à plusieurs blogues et projets consacrés à cet univers, dont Sinistre Magazine et Strange-Movies. Depuis 2014, elle est également chroniqueuse littéraire à l'émission L'étrange programme, un magazine culturel diffusé sur les ondes de TCF - La télévision communautaire de Montréal. Auteure d’un roman intitulé Soif publié en 2011, elle espère renouveler l’expérience de publication d’ici quelques années. Suivez-la sur Twitter et Instagram @ehenripin.

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