The I in Evil : éveillez le monstre en vous

Illustrations d'Adam Wallenta pour The I in Evil : droits réservés à Skyhorse Publishing.

the i in evil cvrL’automne dernier, il était impossible d’ignorer la publication de The I in Evil, annoncée en grandes pompes sur tous les sites anglophones consacrés à la culture de l’horreur. Le livre s’est attiré les bons mots de personnages influents du milieu dont Vincenzo Natali (Hannibal, Cube), Tom Holland (Fright Night) et Lloyd Kaufman (Troma Entertainment). Surprenant? Pas tellement puisque son auteur, Ken Hanley, est éditeur en chef de la portion web du magazine Fangoria, dont la réputation n’est plus à faire. Mais ce succès est-il mérité?

The I in Evil est une drôle de bébitte. Son concept est aussi étrange que génial : un manuel de croissance personnelle pour les monstres. Pourquoi n’y avait-on pas pensé avant?

Un auteur corrompu, aussi ex psychiatre, fraudeur émérite et fils de tueur en série, offre généreusement conseils et encouragements aux momies, vampires, hommes-poissons, loups garous et autres créatures de la nuit pour les aider à intégrer la société. Rien n’est laissé en reste, depuis les daddy issues de Frankenstein aux problèmes de coeur de l’étrange créature du lac noir. L’auteur offre même des conseils de carrière! Pourquoi pas une chaine de restauration rapide égyptienne pour Im Ho-Tep? Ou une carrière athlétique pour le loup-garou?

Faire rire n’est pas facile, mais l’écriture dynamique de Hanley se prête étonnamment bien à la tâche. Son humour et sa répartie mènent le bal comme s’il s’agissait d’une conversation ou d’une conférence, où il se permet quelques clins d’œil à des sujets chauds de l’actualité, comme l’appropriation culturelle, et une dose de commentaires irrévérencieux. Rien ni personne n’échappe à son jugement acerbe. Reste qu’il y en a, de bons conseils! Hanley reprend les clichés de la psycho-pop pour mieux s’en moquer et infuser le manuel d’une dose de crédibilité, malgré son sujet loufoque. Les diagnostics avancés et les conseils pour surmonter les problèmes psychologiques spécifiques à chaque espèce dénotent autant de compréhension que d’amour pour ces créatures qui hantent nos films préférés.

Les meilleures blagues sont souvent le plus courtes, et c’est là que The I in Evil fait défaut. À 256 pages, le livre est trop long et n’échappe pas à de nombreuses répétitions. Une réédition sommaire en format poche serait plus appropriée. Bien que trop volumineux, le bouquin a de la gueule, surtout grâce aux illustrations comiques d’Adam Wallenta, mieux connu pour son travail auprès de Marvel et DC Comics, et même si certains chapitres s’allongent, d’autres sont de véritables bonbons, comme ceux adressés aux hommes-poissons et aux fantômes. Plus on avance, mieux c’est.

Non seulement The I in Evil saura réjouir le fan des Universal Monsters, mais il clouera le bec à celle qui vous écoeure pour que vous lisiez The Secret de Rhonda Byrne depuis dix ans. Dans les dents, matante Hélène!

par ÉLISE LUCIE HENRIPIN

 

 

About Elise Henripin

Boulimique de littérature et de cinéma d’horreur, Élise a collaboré à plusieurs blogues et projets consacrés à cet univers, dont Sinistre Magazine et Strange-Movies. Depuis 2014, elle est également chroniqueuse littéraire à l'émission L'étrange programme, un magazine culturel diffusé sur les ondes de TCF - La télévision communautaire de Montréal. Auteure d’un roman intitulé Soif publié en 2011, elle espère renouveler l’expérience de publication d’ici quelques années. Suivez-la sur Twitter et Instagram @ehenripin.

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