Sv Bell lance Nocturne, un mensuel pour noctambule seulement

Nocturne Sv Bell horreur bd

C’est à la librairie Z que j’ai eu la chance de rencontrer SV Bell, l’homme aux mille talents, où il présentait le troisième numéro de son nouveau mensuel de bande dessinée d’horreur, Nocturne, projet unique au Québec. Nous nous sommes entretenus sur sa revue et sur ses projets.

sv bell requiem fear fest

crédit photo: Martin Bruyère

D’où vient le nom de ta revue, Nocturne?

Quand j’étais plus jeune, je regardais les films qui jouaient après le bulletin météo du soir, vers 23 h 20. Ils ne passaient que la nuit, et il fallait les regarder à ce moment-là, parce que sinon c’était impossible de les voir. Si ton enregistreur avait mal fonctionné, c’était dommage, parce que c’était peut-être un film qui ne serait plus jamais diffusé. Il y avait tout un mystère à ce moment-là! Même s’il n’était pas très bon, ça faisait une semaine que tu attendais pour le voir, donc il était bon quand même! C’est ce qui contribuait à créer des films cultes. Aujourd’hui, on regarde des films d’horreur de jour, de soir, n’importe quand, n’importe où, ça enlève toute la magie.

Qu’est-ce qu’on trouve à l’intérieur de Nocturne?

Ce sont de petites histoires d’horreur, de science-fiction, des petites tranches de vie. Chaque mois à son histoire, c’est une surprise à chaque fois. Aussi, j’ai toujours un texte de Dany Dagenais, qui écrit des romans. Ses textes font deux pages et sont à suivre de numéro en numéro. Je commence à publier des petites chroniques, des entrefilets, des revues de presse… En plus, chaque numéro contient une reproduction de la page couverture sans texte en format poster.

Est-ce les bandes dessinées sont inédites?

Je garde quelques bandes dessinées en anglais que je pourrais traduire si un jour je pars en vacances ou si j’ai un imprévu, mais pour le moment, tout est inédit. Je ne veux pas décevoir les lecteurs qui me lisent déjà en anglais! J’aimerais toujours avoir du contenu nouveau.

Comment qualifies-tu ton style?

Creepy, Eerie, ces bandes dessinées des années 70. C’était de petites histoires d’horreur, de vampire, de momie, chacune comptant sept à dix pages. J’ai grandi aussi avec de la littérature belge, les bandes dessinées européennes… Ce n’est pas un style que j’ai essayé de développer, je me laisse inspiré parce que j’aime ce genre-là. Je n’essaie jamais de plaire à un lectorat, je dessine ce que j’ai envie de dessiner. Je fais ma BD pour me faire plaisir. Si ça plaît à mon public, alors tant mieux.

mensuel nocturne sv bellD’où prends-tu ton inspiration?

Flash, l’inspiration vient. Je fais des recherches, de la documentation visuelle et technique si nécessaire, je bâtis mes images et c’est ensuite seulement que je rédige le texte. Je suis un visuel, prêt à sacrifier du texte pour conserver une image que j’aime. Étant donné que je travaille tout seul, je peux me le permettre!

Quels sont tes objectifs à long terme?

(rires) Pour l’instant, ça va bien, mais c’est beaucoup de travail. Éventuellement, j’aimerais acheter des bandes dessinées, ou acheter des textes et grossir le format.

En cette ère du numérique, pourquoi faire une édition papier?

Nocturne, j’ai fait l’inverse. J’ai une page Facebook dont je ne me sers pas, j’ai un site web sur lequel il n’y a presque rien. Je sors la revue dans le vrai monde, j’envoie des services de presse à des journaux, à des postes de radio, de télévision, eux en parlent à leurs auditeurs… et je vends plus de copies que je n’en ai jamais vendues! En fin de compte, a-t-on vraiment besoin d’une présence numérique? Je ne fais presque rien, et jusqu’à présent, ça marche. Je laisse le bouche-à-oreille se faire. C’est beaucoup moins de travail aussi, certaines personnes passent des soirées à répondre à des commentaires, à se justifier… Ce temps-là, je le passe sur ma revue.

nocturne 1 SV BellEs-tu satisfait du développement de l’horreur au Québec?

Fun! C’est une belle époque, et si ça peut encourager d’autres personnes à se lancer, à lancer des magazines ou autre, c’est génial. Si le marché répond, l’offre va monter aussi!

Est-ce que c’est parce que tu as vu un nouveau potentiel au Québec que tu as choisi de publier en français?

Ça en faisait partie, oui, mais c’est un concours de circonstances. J’avais une demande, un contact avec le distributeur, il y avait des événements francophones… Je n’avais pas envie de faire les choses à moitié, de publier quelque chose à tirage limité. Le distributeur a d’abord hésité, mais il semble aujourd’hui satisfait. Le fait qu’il y a beaucoup de revues qui cessent de publier a peut-être aidé aussi, les distributeurs se risquent à investir dans des revues qu’ils n’auraient pas publiées auparavant, quitte à avoir moins de ventes. Suis-je arrivé au bon moment sur le marché? La porte est peut-être ouverte à d’autres qui aimeraient offrir de nouvelles publications.

As-tu d’autres projets?

Slinger Sister, de Dany Dagenais. Surtout, n’oubliez pas! Nocturne est un magazine à lire la nuit!

Retrouvez ici la liste des endroits où vous procurer Nocturne!

Chloé Leclerc-Gareau

About Chloé Leclerc-Gareau

Initiée à l’écriture par sa grand-mère au plus jeune âge, elle découvre la littérature d’horreur à travers Edgar Poe et Stephen King. Titulaire d’un diplôme d’études collégiales en création littéraire, traductrice de profession, écrivaine de salon et maniaque de cinéma, elle participe activement au festival Requiem, une convention dédiée au cinéma d’horreur underground qui rassemble des artistes en tout genre.

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