SPASM 2016 : Les Détraqués, Cabaret Sexe et Grande soirée Horreur

Ça y est, voici notre compte-rendu de la dernière semaine du Festival SPASM. Trois programmes sont au menu : « Les Détraqués », le « Cabaret Sexe » et enfin, la « Grande soirée horreur ».

LES DÉTRAQUÉS

La soirée sous le thème « Les Détraqués » débutait avec un thriller français du nom de Vardøger, réalisé par Ludovic de Gaillande. Un photographe sur les traces d’un meurtrier vend les photos du cadavre des victimes au plus offrant, jusqu’au jour où il prend un cliché d’une femme avant qu’elle ne soit tuée par le meurtrier. Serait-t-il suivi par ce dernier ou l’explication est-elle encore plus troublante? Cousu de fil blanc et pas très convaincant.

foret

Suivait le court métrage québécois Forêt de Jimmy G. Pettigrew (également coréalisateur de Camping cosmique présenté lors du Cabaret Trash), l’un des courts métrages que j’ai le plus apprécié dans ce bloc. Celui-ci débute sur l’image d’une voiture roulant à la campagne, le plan rappelant l’arrivé au chalet dans Evil Dead. Une fille en sous-vêtements tachés de sang tire un sac de couchage qui semble contenir un corps. Pour un film qui a été tourné en 48 h, le résultat est plutôt efficace. La fin est chouette et le jeu de l’actrice crédible. Une œuvre qui aurait très bien pu être présentée pendant la « Grande soirée Horreur ».

Poursuivons avec un autre court métrage français, mais cette fois-ci réalisé par un certain David Le Meur. Craspec raconte l’histoire d’un homme dont la femme est morte d’une overdose et qui s’est barricadé dans sa demeure. Progressivement, il commence à entendre des voix et à devenir cinglé. Très bien!

clara-rage

Débutant par une scène en animation où on voit une femme se faire mordre par un chien errant – peut-être un pitbull, je ne pourrais dire – le court métrage mexicain Clara’s Rage revient soudainement au live et nous raconte l’histoire d’un homme qui séquestre sa jeune femme dans leur cabane, apparemment pour éviter qu’elle soit à nouveau blessée. Refusant de rester enfermée, la jeune femme tentera de s’échapper par tous les moyens tandis que son mari abat au fusil les chiens errants avec l’aide des autres villageois. Le court métrage de Michelle Garza m’a un peu fait pensé au court métrage Oripeaux présenté la semaine dernière dans le bloc Inclassables #2, mais en mieux.

« Les Détraqués » se concluait avec le très trash We Have Visit des Espagnols Hector Colon et Albert Rodriguez, une œuvre dont la présence dans le programme ne semblait pas tout à fait assumée par le président du festival, Jarrett Mann. Viols, tortures et meurtres gratuits sont au menu de cette œuvre volontairement provocante qui aurait eu plus sa place lors du « Cabaret Trash ». par JP

CABARET SEXE

naked

À la chasse au gibier dans les bois, un groupe de chasseurs débouche sur une clairière où une voluptueuse blonde dévêtue se réveille d’un long sommeil. Elle s’approche ensuite lentement des hommes qui la contemplent. Les intentions de la tentatrice envers les chasseurs sont-elles bienveillantes ou dangereuses? Visuellement très léché et davantage axé sur l’esthétisme et le symbolisme, Naked de Laurent Pratlong nous amène un peu plus près de l’instant où nous succomberons aux plaisirs interdits.

Dans Obscur d’Alexandre Rufin, une adolescente se fait traîner contre son gré dans un sordide réseau de prostitution underground. Sans échappatoire, elle et les autres filles prisonnières de ce piège dont jamais on ne se libère sont contraintes à assouvir les bas instincts de leurs clients. La prémisse difficile de ce film est contrebalancée par une réalisation visuellement méticuleuse et une crédibilité sans borne de toutes les actrices.

stop-ou-encore

Charles possède le pouvoir d’arrêter le temps. Au lieu de s’en servir pour rendre notre monde meilleur, il l’utilise pour draguer des filles. Cependant, Charles échangerait tous les avantages de ce pouvoir extraordinaire contre une nouvelle chance avec son ancienne copine. Produits en 48 heures, Carnior prouve avec Stop ou encore que même dans la contrainte, il peut réaliser un film sympathique et techniquement imaginatif.

Une jeune femme solitaire fait la découverte d’un bébé python dans un conduit de ventilation de son appartement. Elle fait du reptile son animal de compagnie. À force de le voir grandir, une étrange connectivité sensorielle s’établit entre la jeune femme et la bête, transformant progressivement la belle solitaire en une autre version d’elle-même, mue par la satisfaction de ses sens et ses instincts. Ariane Louis-Seize, la jeune réalisatrice de La Peau sauvage, impressionne par la composition de ses plans et le savant dosage du rythme avec lequel elle nous révèle les éléments composants le mystère du récit. À voir.

Alors qu’il s’amuse dans un party d’appartement, un jeune homme aperçoit son ancienne copine parmi les invités dans Aline de Florian Perron. En l’observant de loin, il se lance dans une réminiscence onirique des moments passés avec elle. La grande qualité de l’animation au crayon est une joie à regarder, tout en racontant une histoire que beaucoup d’entre nous ont vécue en croisant par hasard celle à qui nous avons déjà dit « je t’aime ».

rosa-2

Un homme se rend chez sa belle-mère pour une visite de courtoisie. Seule avec son beau-fils, la séduisante dame entre deux âges n’hésite pas à glisser dans leur conversation moult sous-entendus voluptueux gorgés de désir. Réfractaire à l’idée de s’abandonner aux plaisirs interdits que lui offre cette femme, résistera-t-il à la tentation encore bien longtemps? Rosa de Jean Vital Joliat, un amusant malaise cinématographique de la trempe de ceux de Todd Solondz, exploite bien les forces ses deux acteurs principaux. Lascif à souhait.

Claire, vivant un trop-plein d’émotions dans son quotidien, se fait conseiller par sa psy de relâcher les tensions par la masturbation. Elle décide de prendre les mesures nécessaires pour suivre ce conseil. S’ensuit un tas de malaises, dont le vol à l’étalage d’un vibrateur à cinq vitesses. Le niveau d’humour de Everybody Does It de Meagan Brotherton est inégal. Il mise sur les gags visuels et les expressions exagérées de l’actrice principale. Au final, le tout ressemble à une sitcom passable qui serait annulée après sa première saison.

mechanical-2

Un couple de hipsters discute dans leur chambre. Ils veulent mettre à l’essai la théorie de monsieur, selon laquelle il est possible de faire l’amour sans éprouver d’affection l’un pour l’autre. Après de multiples tergiversations, madame accepte de se joindre à l’expérience. Beaucoup d’éléments tombent sur les nerfs dans Mechanical de Gabriel Fernandez Gil, en commençant par les personnages antipathiques aux répliques futiles jusqu’à la décoration étouffante du lieu où se passe l’action. Tant mieux si certains ont apprécié, mais il était temps que le prochain film commence.

Dans Finger Night de Mara Joly, une main masculine se lance à la recherche d’une candidate pour un one night stand. Une fois la partenaire trouvée sur internet, une main féminine vient retrouver chez lui son partenaire d’un soir. S’ensuit alors un ballet de frottements et de croisements de doigts d’un érotisme sans précédent. L’idée de ce théâtre de marionnettes est amusante et fait sourire à plusieurs reprises par la variété de ses éléments comiques.

Feu de Michael Ponrajah et Jean-Yves Kokou est un exercice de montage intense qui superpose à notre regard un amalgame esthétique et barbare de musique tonitruante, scènes de baises, viols et bagarres ultra réalistes afin de dénoncer la violence physique et sexuelle qui réside dans notre monde. Difficile de ne pas comprendre le message que les réalisateurs veulent nous transmettre en employant la manière forte. par SB

GRANDE SOIRÉE HORREUR

Grande messe du Festival SPASM, la soirée de fermeture est consacrée à l’horreur depuis la fondation de l’événement. Habituellement plus punchée et axée sur l’humour – du moins selon mes souvenirs – la programmation de cette année présentait surtout des œuvres plus « artistiques » et sérieuses, tellement qu’un court métrage non prévu – Attic Panic de David F. Sandberg – a amorcé les festivités et que deux titres présentés lors du Cabaret Trash – Crow Hand et The Procedure – ont été à nouveau projetés pour alléger le tout.

the-babysitter1

Premier film prévu au programme, The Babysitter a été réalisé dans le cadre d’un cours à l’UQÀM par un certain Frédéric Chalté. Présenté comme un hommage aux films d’horreur des années 80 qu’on découvrait en VHS (un autre), The Babysitter n’est pas très original et semble même calqué – à l’exception de la finale – sur le scénario et le concept de The House of the Devil de Ti West. Tsé, quand le meilleur moment de ton film, c’est l’apparition du logo de l’UQÀM version 80’s, on se pose des questions si les artisans du film ont quelque chose à proposer en dehors de la nostalgie d’une époque qu’ils n’ont peut-être même pas vraiment vécu.

arcana1

Bon, avant de devenir trop méchant, passons au court métrage portugais Arcana, réalisé par Jeromino Rocha. Présentant des effets de maquillage vraiment excellents (la petite Regan peut aller se rhabiller), Arcana se base sur un concept archi-simple : une sorcière fait une incantation – et tout ce que cela implique comme rituel – afin de s’échapper de sa cellule. Audacieux, vachement trash et probablement l’un de mes courts métrages favoris de la soirée.

Après avoir présenté l’excellent Olga lors du bloc « Inclassables #1 », Olaf Svenson nous revenait avec un film d’horreur – apparemment son premier – intitulé La Fracture. Reprenant le concept des pauvres citadins massacrés dans les bois par de méchants redneck, La Fracture ne se démarque pas – à l’instar de The Babysitter – par son originalité. Notons par contre un plan final qui fait un clin d’œil plutôt rigolo à Texas Chainsaw Massacre. C’est peu, mais c’est déjà ça.

pesanta-21

Il y a des courts métrages qui mériteraient une deuxième écoute. C’est le cas de Pesanta d’Angel Valera, un court métrage espagnol nous racontant une histoire d’incube/succube plutôt intéressante, quoiqu’un peu trop étirée à mon goût.

Suivait un autre film espagnol du nom de Last Memory et réalisé – en anglais – par un certain Juan Luis Moreno Somé. Présentant une civilisation au bord du gouffre – invasion de zombies oblige – un homme tente tant que bien que mal de s’occuper de sa femme malade. Touchant, mais sans plus.

le-plan

Autre court métrage peu convaincant, Le Plan de Pierre Teulières raconte l’histoire d’un démon – aidé par un être difforme – vivant dans un manoir isolé et qui cherche à accomplir un sombre un plan qui va changer le monde, tandis qu’en parallèle, un père cherche sa fille disparue. Moyen.

Retour au Portugal avec Dédalo, un space opéra horrifique réalisé à l’instar d’Arcana par Jeromino Rocha. Moins réussi que le précédent, Dédalo propose encore une fois une direction artistique et une photographie sublimes, mais ne parvient pas trop à sortir des sentiers battus du genre.

Enfin, la soirée se terminait sur le nouveau clip du groupe Le Matos, présentant une prélude au film Turbo Kid. Pour voir le résultat, cliquez ici!

C’est ce qui met fin à notre couverture de la 15e édition du Festival SPASM. On se donne rendez-vous l’année prochain!

 

JP

Jason Paré

About Jason Paré

Vidéaste-animateur-chroniqueur abitibien, montréalais d'adoption depuis 2004, Jason Paré réalise des courts métrages depuis une quinzaine d'années et a quelques publications à son actif (principalement des nouvelles d'horreur et de fantastique). Depuis 2014, il anime l'émission L'Étrange programme, un magazine culturel actuellement diffusé sur les ondes de TCF – La télévision communautaire de Montréal.

Leave a comment

Your email address will not be published.


*


close
Facebook IconTwitter Iconfacebook like buttontwitter follow button
%d blogueurs aiment cette page :