SK365, Les Trois cartes: Le Pistolero, l’handicapée et le junkie

tour sombre stephen king

stephen king les trois cartesBonjour et bienvenue à ce nouvel épisode du Défi SK365! Cette fois, je ne sais pas tout à fait d’où je vous écris. Comme je vous l’ai dit la dernière fois, Mélissa et moi nous sommes lancés à la poursuite de Flagg, qui était parti vers l’Ouest. Je ne sais pas comment c’est arrivé, mais non seulement nous avons perdu sa trace, mais nous nous sommes aussi retrouvés séparés. Pourtant, je ne suis pas seul, du moins pas tout à fait. Cela fait maintenant quelques jours que je suis un homme qui m’est familier : Roland le pistolero. Je l’ai vu souffrir, mais je l’ai aussi vu effectuer ce qui s’apparente à de la magie. Je voudrais vous en dire plus, mais lui et ses deux compagnons s’apprêtent à reprendre leur route et je ne voudrais pas me retrouver seul dans ce monde étrange. Si tout va bien, je réussirai à retraverser dans notre monde et on s’y retrouvera. Sinon, j’imagine qu’il y a d’autres sorts pires que le mien…

Les trois cartes poursuit là où Le Pistolero s’était arrêté, avec Roland sur la plage qui longe la Mer Occidentale. On se replonge donc facilement dans l’intrigue. Cette fois, le pistolero ne pourra continuer sa quête seul, comme il l’a toujours fait, puisque l’Homme en Noir lui a indiqué qu’il aura besoin de trois compagnons de route, représentés par des cartes de tarot. Ce second tome de la série de La Tour Sombre s’intéresse au recrutement forcé de ses compagnons d’aventure, à travers des incursions dans des New York de différentes époques.

 Si Le Pistolero était un roman aride pouvant décourager les lecteurs dans la poursuite de l’œuvre monumentale que constitue La Tour Sombre, Les Trois Cartes met en scène un changement de ton notable. Nous sommes dans le présent, mais aussi dans l’urgence, en raison de la situation de Roland, qui s’aggrave de jour en jour. Le roman se lit donc plus rapidement que son prédécesseur, et il permet aussi à King de placer certains éléments qui auront une importance capitale dans les tomes subséquents, surtout en ce qui concerne le sort de John « Jake » Chambers, le jeune garçon que Roland a volontairement sacrifié dans sa poursuite de l’Homme en Noir… Les Trois Cartes est aussi le roman où le lecteur est à même de constater la détermination de Roland dans sa quête de la Tour Sombre. Non seulement il est prêt à donner sa vie dans cette recherche effrénée, mais il n’éprouve aucun scrupule à arracher ses compagnons de route à leurs réalités respectives pour les amener de force dans son monde, sans égard pour leurs aspirations. On découvre donc un Roland intransigeant, mais qui est également capable d’un minimum de compassion, pour peu qu’on soit attentif.

  Eddie Dean et Odetta/Detta/Susannah (impossible d’en dire davantage sans dévoiler un large pan de l’intrigue!) Holmes sont deux personnages complexes, qui marqueront malgré eux la quête de Roland. Ils sont forcés de dépasser leurs propres limites, sous peine d’être abandonnés par le pistolero, sans égard aux conséquences funestes d’un tel geste, pour lui comme pour eux. King parvient à les doter d’une personnalité faite de nuances, où leur part d’ombre est mise de l’avant pour mieux faire ressortir leurs qualités. Bref, l’écriture est beaucoup plus maîtrisée que dans Le Pistolero et l’intrigue y est menée tambour battant. Sans vouloir révéler quoi que ce soit, le prochain tome sera exigeant, tant pour Roland que pour ses deux compagnons, et ils devront démontrer qu’ils n’ont pas oublié le visage de leurs pères, s’ils veulent poursuivre leur route vers la Tour Sombre…

Ouf! Quel soulagement! Je ne sais pas exactement comment j’y suis arrivé, mais j’ai réussi à retourner dans notre monde, et je crois être à la bonne époque! Je peux maintenant me lancer à la recherche de Mélissa. J’aimerais bien la retrouver, question qu’on puisse célébrer comme il se doit la parution prochaine de notre 25e billet. Ça va être fou, c’est moi qui vous le dis! Sur ce, je vous laisse, Fidèles Lecteurs, mais ne vous en faites pas, il faudrait m’attacher dans mon lit ou m’amputer un pied pour m’empêcher de vous revenir bientôt!

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Pierre-Alexandre Bonin

About Pierre-Alexandre Bonin

Pierre-Alexandre est tombé dans les littératures de genre au primaire, en lisant Ange ou démon?, l’un des nombreux titres de la collection «Frisson», et depuis, il n’a cessé d’élargir ses horizons. Après une maîtrise en littérature québécoise, il a récemment terminé une thèse de doctorat sur Stephen King et prépare un projet de postdoctorat sur l’histoire des littératures de genre au Québec.

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