Retour sur la soirée les Détraqués du Festival Spasm

Une tradition du mois d’octobre aussi incontournable que l’Halloween est la présentation d’une nouvelle édition du festival Spasm. Fêtant en grande pompe ses 16 ans d’existence et maintenant assez vieux pour apprendre à conduire, cet événement dédié aux films insolites présentait récemment son bloc baptisé Les détraqués. Voici un résumé des courts-métrages qui ont grandement divertis tous les amateurs de cinéma de genre présents au Théâtre Plaza pour y assister.

bonne mauvaise idée film court-métrageC’est le court-métrage Une bonne mauvaise idée de Manuel Lessard qui débute les festivités. Rob, un braqueur, court à toutes jambes vers sa cache pour avertir ses complices que les policiers sont en route pour les appréhender. À son arrivée, la panique de Rob est remplacée par la consternation en découvrant le party d’anniversaire que ses comparses lui ont préparé. Les festivités impromptues sont rapidement interrompues par l’irruption de deux policiers. C’est armes aux poings que les bons et les méchants s’apprêtent à débuter leur ultime affrontement. Le réalisateur nous propose un film aux aspects comédiquement absurdes avant de boucler les dernières minutes par une fusillade aux images ralenties qui rendraient heureux John Woo. L’ensemble manque un peu de profondeur au niveau de l’histoire et les dialogues s’avèrent davantage comme une mise en place des éléments pour préparer la fusillade finale dont on ne connaitra jamais l’issue.

On passe ensuite à Nos Dimanches de Sébastien Delporte. En apportant le déjeuner au lit à sa douce, un homme se remémore chacun des conseils donnés par son thérapeute pour être une personne attentive aux besoins des autres. Cependant, sa conjointe ne semble pas être dans les meilleures dispositions possibles pour apprécier les délicatesses qui lui sont dédiées. Ce film a tout pour être un excellent exemple d’une blague bien transposée à l’écran. La mise en place des éléments est parfaite en préparation du punch final aussi efficace que surprenant.

Renégat  de Stéphane Youssouf débute en pleine nuit, alors qu’un couple est poursuivi par des gangsters. La poursuite se termine dans le fond d’une ruelle sordide. Sous les yeux de sa copine, l’homme se fait tabasser pour le retard du paiement de sa dette. Lorsque les truands s’apprêtent à aussi abuser de la demoiselle, un vagabond, cherchant du feu pour allumer sa cigarette, fait irruption sur les lieux.  Voyant le couple en danger, ce sans-abri offre aux crapules une démonstration violente de ses aptitudes au combat qui remettra sans doute en question leur choix de carrière. Cette petite baston cinématographique se tire très bien d’affaire.  Tous les acteurs livrent des interprétations crédibles qui installent rapidement une tension intense. Lorsque les gants sont jetés,  la chorégraphie des combats est bien servie par une mise en scène claire et maitrisée.

spasm 3 36 court-métrageUne nuit orageuse et une salle de bain, voilà le décor que nous offre Jean-Philippe Ferré dans 3 :36. En faisant un dernier tour à la salle de bain avant d’aller au lit, une jeune femme est prise d’assaut par des visions cauchemardesques de l’accident de voiture dont elle a survécu de justesse. Est-ce que les spectres de ceux qu’elle a perdu lors de ce moment fatidique viennent la visiter pour la tourmenter ou pour l’aider à surmonter une fois pour toute ce douloureux souvenir? Au niveau technique, 3 :36 est d’une efficacité redoutable. Ça commence par la direction photo qui fait montre de quelques prouesses au rythme des visions de la protagoniste. Le montage est littéralement hallucinant lorsqu’il est temps d’inspirer l’angoisse chez les spectateurs. Ouvrez l’œil pour les nombreuses images subliminales  annonçant  la présence des fantômes dans certaines scènes. Voilà un excellent film ayant tout à fait sa place à Spasm.

ordalie spasmOrdalie de Sacha Babin, commence lorsqu’entre deux cafés matinaux, Karl, un homme d’affaire, entend sonner à sa porte. En ouvrant, il constate que c’est le tueur à gages qu’il a embauché qui vient finalement lui rendre visite. Pendant que l’assassin qu’il a commandé pour mettre fin à ses jours se prépare, l’homme d’affaire se met tout beau pour être présentable dans ses derniers moments. Lorsque tout est prêt pour le coup de gâchette final, l’assassin semble éprouver certains problèmes de confiance en lui. C’est à cet instant que Karl comprend tout le sens de l’expression ‘’On est jamais mieux servi que par soi-même.’’ Ordalie offre à ses spectateurs un moment bien sympathique en proposant une comédie allégeant le thème du suicide. Les acteurs campent à merveille leurs rôles et y brillent encore davantage lors des moments tragicomiques.  Un amuse-gueule léger et sympathique entre deux films intenses.

iron spyder spasmUn jeune homme chétif entre dans un bar où les stripteaseuses, l’alcool, les drogues et la testostérone des combats de lutte qui s’y déroulent sont légions. Dans ce capharnaüm, il enfile sa tenue de lutte et devient l’invincible Iron Spyder. Tout est en place pour son combat contre un puissant adversaire au cœur de cette arène pècheresse. Voilà le décor déglingué dans lequel nous invite Chris Mitchell et Yoav Lester dans Iron Spyder. Beaucoup d’aspects ont fait de ce film le favori de l’auteur de ces lignes. À commencer par la direction artistique et l’utilisation de tous les figurants et acteurs de soutien pour créer à la perfection un décor principal à l’ambiance trash à souhait. Ajouter à cela le dynamisme de la réalisation et du montage, cela donne au final un film qui vaut le déplacement pour les amateurs de descentes du coude du troisième câble.

mayday court-métrage spasmMayday de Sébastien Vanicek. Pendant un long vol de nuit en avion, plusieurs passagers agités troublent l’ordre, au grand désespoir des agents de bords. Leur exaspération fait place à la terreur lorsque les masques à oxygène tombent du plafond après que les pilotes aient perdu le contrôle de l’appareil. Pendant que les turbulences prennent d’assaut la cabine, certains passagers commencent à s’adonner à divers actes tous aussi répugnants que détraqués. Est-ce que c’est réellement en train de se produire ou est-ce un fantasme tordu qui se déroule dans la tête d’un passager dérangé? Mayday est parfaitement à sa place dans ce bloc de projection en ne se gênant pas pour choquer à l’aide d’un visage qui explose, d’attouchements douteux, de masturbation déplacée et de bien d’autres fluides. La réalisation éclatée de cette bibitte cinématographique rend le résultat final délirant, transgressif et inoubliable.

Sébastien Bourget

About Sébastien Bourget

Scénariste, réalisateur, critique de films, concepteur de jeux vidéo et nouvellement podcaster, Sébastien est un passionné du Septième art et d’absolument tous ses genres. Toujours à la recherche de nouveaux terrains de jeu pour exprimer sa créativité et créer des histoires, il s’aventure également dans la l’écriture de nouvelles littéraires et la création de jeux vidéo.

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