Retour sur la Grande soirée horreur Spasm 2017

Supposons qu’assister au festival Spasm vous intéresse et que vous ne pouvez assister qu’à une seule soirée de projection, La Grande Soirée Horreur est celle que vous devez choisir. Depuis sa création, cette soirée de projection  ne manque pas de divertir les fans d’horreur qui remplissent à pleine capacité le Club Soda pour avoir leur dose de films aussi divertissants que sanglants.  L’édition de cette année est loin d’avoir fait exception à cette règle. Voici un retour sur les courts-métrages que nous avons pu nous mettre sous la dent.

deamonrunner spasm 2017Notre party sanglant débute sur les chapeaux de roues avec Daemonrunner des Roach-Turner Brothers. Munies de leur équipement de combat supra-technologique, deux chasseuses de démons font irruption dans un salon où une puissante entité a pris possession du corps d’une jeune femme. Après avoir été capturé, ce démon est sur le point de faire connaissance avec une toute nouvelle forme d’exorcisme mise au point par les deux chasseuses. Pas besoin d’eau bénite et de crucifix, elles ont bien mieux à offrir.  Ce film survitaminé et foutrement dynamique mise sur des effets visuels impressionnants, une conception sonore sur les stéroïdes et deux jeunes réalisateurs au potentiel infini. Daemonrunner possède tout ce qu’il faut pour combler les amateurs de films de genre et rendre jaloux bien des réalisateurs établis.

overtime court-métrage spasm 2017Dans Overtime de Craig D. Foster, Ralph s’apprête à rentrer chez lui à la fin de sa journée de travail. Les plans de sa soirée sont brusquement retardés par des collègues qui font tout en leur pouvoir pour l’empêcher de quitter le bureau. La panique s’empare de Ralph lorsqu’il constate que la tombée de la nuit est proche et que son corps commence à afficher les premiers signes de sa transformation en loup-garou. Réussira-t-il à rentrer chez lui à temps avant que sa métamorphose soit complétée? Cette comédie honnête nous fait rapidement regretter  de ne pas pouvoir, nous aussi, se transformer en une créature lycanthropique pour régler le compte de quelques collègues de travail qui mériteraient un congé aussi permanent que funeste.

Le loup de Carl Tremblay s’ouvre sur un jeune couple en crise qui  s’offre un séjour dans un chalet pour tenter de se réconcilier. En plein milieu de la nuit, des intrus masqués entrent par effraction dans le chalet pour s’en prendre aux deux amoureux. Quel  est le sort funeste que ces intrus et l’inquiétant propriétaire du chalet leur réservent? Pour ceux qui se demanderaient où se cache Mario St-Amant ces derniers temps, il est ici. Sa performance naturelle et inquiétante le fait briller dans toutes les scènes où il apparait, y compris la finale sanglante à souhait. Pour les fans de You’re next d’Adam Wingard, ouvrez les yeux pour une référence que vous reconnaitrez facilement.

lady in red court-métrage spasm 2017Dans Lady in red d’Edgar Nito, un ascenseur est occupé par un jeune homme qui est rejoint par une séduisante femme vêtue d’une robe rouge. Alors que la cabine gravit les étages, la plantureuse inconnue amorce un jeu de séduction dirigé vers l’autre occupant. Dès que le jeune homme succombe aux charmes dont il fait l’objet, la belle inconnue lui révèle sa terrifiante vraie nature. Ce petit quickie s’inspire fortement de la scène de la vieille dame en putréfaction dans The Shining, dans laquelle on aurait ajouté plusieurs jump scares aussi répétitifs qu’inefficaces.

Banshee d’Adam O’Brian débute alors que, sur le point de se mettre au lit, une fillette explique à sa grande sœur qu’elle croit qu’une présence hostile se cache dans son placard depuis quelques jours. Sceptique et impatiente, la grande sœur banalise l’avertissement de la petite et quitte la chambre en fermant la lumière.  Au cœur de la noirceur de la chambre, la porte du placard s’ouvre et la présence menaçante vient enfin à la rencontre de sa jeune proie. ATTENTION : Les prochains films de ce réalisateur québécois sont à surveiller de très près. Sa façon de faire tranquillement s’insinuer le suspense et l’effroi rappelle ce que fait James Wan lorsqu’il est à son meilleur. Les mouvements de caméra subtils et immersifs rehaussent la direction photo tout aussi maitrisée qu’angoissante. Un seul visionnement de Banshee est loin d’être suffisant pour y remarquer ses nombreuses qualités.

natsuko court-métrage spasm 2017Dans Natsuko d’Alexandre Lusignan, une valeureuse guerrière armée d’un katana se rend au cœur de la forêt pour y combattre une horde de loups-garous assoiffés de sang. Un très beau brin d’animation méritant d’être vu par le plus de gens possible.

night of the slashers court-métrage spasm 2017L’un des courts-métrages le plus apprécié de la soirée fut Night of the slasher de Shant Hamassian. Seule dans une grande maison, une adolescente adopte délibérément tous les comportements typiques (alcool, drogue, sexe)  d’une victime d’un tueur dans un film de slasher. Son but est d’invoquer le tueur masqué avec qui elle a un compte à régler. Difficile de ne pas s’amuser en visionnant ce film méta à souhait. Les conventions classiques des films de slashers sont ici retournées contre elles-mêmes de manières aussi hilarantes que bien pensées. Chapeau à l’audace du réalisateur pour nous montrer sous forme de plan-séquence la confrontation entre cette final girl peut commune et un tueur au visage caché par un masque de M. Spock. Que le meilleur l’emporte.

Cauchemar capitonné de Jean-Claude Leblanc raconte l’histoire d’un homme qui ramène chez lui une vieille chaise qu’on lui a donnée. Il ne tarde pas à découvrir que le meuble déchaine une terrifiante hantise sur tous ceux qui ont le malheur de s’y assoir. Peu de fans d’épouvante donneraient cher d’une histoire de chaise hantée. L’équipe derrière ce film nous qu’il est possible d’en faire un résultat crédible et très effrayant. Les éléments classiques d’une bonne histoire de hantise sont mélangés, avec doigté et intelligence, à un montage image inventif et à quelques effets visuels surprenants. On a déjà hâte de voir leur prochain film qui mettra en vedette un hamac maudit.

C’est ensuite Polaroid  de Lars Klevberg qui prend la relève. Deux adolescentes découvrent  un vieil appareil photo dans les affaires de la mère décédée de l’une d’elles. Alors qu’elles prennent des clichés pour voir s’il est encore fonctionnel, les deux filles sont loin de se douter qu’elles viennent de libérer la présence surnaturelle qui se cachait dans l’appareil photo. Maintenant en liberté, cette force obscure décide de faire joujou avec celles qui l’on libérée. Bien interprété, beau à regarder et capable de faire peur à ses spectateurs, Polaroid fait un tabac partout où il passe. Si vous ne pouvez pas mettre la main sur ce film, vous pourrez toujours vous rabattre sur l’adaptation en long-métrage dont la sortie est prévue en salle en 2018.

buzzcut court-métrageDans Buzzcut des réalisateurs Michael Marrero & Jon Rhoads, Jane est privée de sexe par sa copine tant qu’elle ne passe pas chez le coiffeur pour changer son horrible coupe de cheveux. Alors qu’elle est en route vers le salon de coiffure, la fin des temps décide de se produire au même instant. Déterminée à trouver un coiffeur disponible au cœur de l’apocalypse, Jane ne recule devant aucune bataille sanglante pour finalement obtenir la baise matinale dont elle a besoin. Trash, sanglant et foutrement absurde, on prendrait beaucoup d’autres comédies romantiques de la sorte.

Death metal de Chris McInroy nous montre un métalleux, dont tout le monde se contrefout éperdument, faisant l’acquisition d’une guitare électrique supposément fabriquée par Satan lui-même. Cette nouvelle acquisition aux réelles propriétés démoniaques sera littéralement l’instrument de la vengeance gore à souhait du métalleux. Après sa réalisation de l’hilarant Bad guy number 2, McInroy nous revient avec une comédie aussi espiègle que divertissante. On y remarque beaucoup de similitudes au niveau des effets spéciaux avec ceux des récents courts-métrages du groupe RKSS. Un plaisir coupable dont il ne faut pas se priver.

Le second film des frères Roach-Turner arrive pour clôturer la soirée avec Wyrmwood : Chronicles of the dead. Prisonnière d’un laboratoire sous-terrain d’expérimentations sur les morts-vivants, une jeune femme parvient à se libérer de ses entraves. Son chemin vers la surface est loin d’être de tous repos, alors qu’elle doit affronter des gardiens armés, des scientifiques stéroïdés  et des zombies affamés. Heureusement que la jeune femme possède des aptitudes de combats hors pair.  Ces deux frangins australiens reviennent à la charge avec tous les ingrédients qui font la force du film qui a ouvert la soirée. Ils ajoutent dans celui-ci des chorégraphies de combats au corps à corps aussi brutales qui bien mises en scène. Qui faut-il soudoyer pour enfin leur donner leur premier long-métrage?! Une chose est certaine, ces deux gars-là ne passeront pas inaperçus encore très longtemps.

Sébastien Bourget

About Sébastien Bourget

Scénariste, réalisateur, critique de films, concepteur de jeux vidéo et nouvellement podcaster, Sébastien est un passionné du Septième art et d’absolument tous ses genres. Toujours à la recherche de nouveaux terrains de jeu pour exprimer sa créativité et créer des histoires, il s’aventure également dans la l’écriture de nouvelles littéraires et la création de jeux vidéo.

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