Retour à Peur Dépôt – Édition Virus

Peur-Depot virus

            Il y a presque un an, jour pour jour, je faisais l’expérience Peur Dépôt pour la première fois. Et cette année, j’y suis retourné afin d’expérimenter pour vous l’édition Virus, nouveauté pour 2015. Petit rappel pour ceux qui ignoreraient ce qu’est Peur Dépôt : il s’agit d’un parcours sensoriel, qui dure une quinzaine de minutes, dans lequel les participants se déplacent à travers différentes salles et où ils seront confrontés à divers types de peurs : noirceur, espaces clos, etc.

Écrapout_podsV1-175x175Cette année, nous étions cinq courageux à tenter l’expérience. Encore une fois, la première chose qu’on voit en quittant la place Jacques-Cartier, c’est l’immense tour du complexe qui surplombe de manière lugubre les quais du Vieux-Port. Les zombies sont au rendez-vous, toujours prêts à surprendre le passant inattentif, ou encore pour une séance photo… électrisante! Trois d’entre nous avions déjà expérimenté le parcours Peur Dépôt l’an dernier, nous étions donc fébriles à l’idée de découvrir les nouveautés de « Virus ». Il s’agit d’un jeu où les participants doivent unir leurs efforts afin de contrer le virus qui s’est infiltré dans le parcours. Pour y arriver, les joueurs doivent se servir de bracelets utilisant la technologie RFID (Radio Frequency Identification) afin de compléter différents panneaux lumineux, où des pastilles s’illuminent de couleurs attribuées aux joueurs avant d’entamer le parcours. Une sorte de jeu de « Simon » croisé avec le jeu de « Twister », puisque, selon les niveaux de difficulté (il y en a 3), les joueurs auront à se déplacer rapidement et à se contorsionner au maximum, afin de placer ses mains sur les deux pastilles de sa couleur, pour venir à bout du virus. Toutefois, ce dernier ne se laisse pas faire, et il dispose de divers moyens pour briser la concentration des joueurs.

            Comme ce fut le cas dans mon texte de l’an dernier, pas question de vous dévoiler le contenu du parcours! À vous d’en découvrir toutes les particularités, si vous l’osez! Ce qui ne m’empêche pas de vous parler de notre expérience, qui fut malheureusement mitigée. Commençons tout de suite par les points négatifs et les désagréments, avant de terminer par les aspects positifs, question de ne pas donner l’impression que notre aventure fut désastreuse (ce qu’elle ne fut pas). La première déception provient de la récupération et de la réutilisation de la grande majorité des éléments de l’édition précédente. Donc, si vous avez fait le parcours l’an dernier, vous aurez très peu de nouveautés à vous mettre sous la dent. Il y a toujours autant de « jump scares », et ils sont toujours aussi efficaces, mais disons qu’on aurait aimé un parcours vraiment mis à jour.

            La faiblesse principale de l’édition 2015 est malheureusement l’ajout de la portion « Virus », dans toutes ses composantes. La thématique semble plaquée sur le parcours sensoriel, puisque rien dans la présentation globale de l’attraction ne vient rappeler la présence d’un virus. Les zombies portent le même « uniforme » que l’an dernier, les avertissements qui émergent des hauts-parleurs sont identiques à ceux de l’édition 2014, et puisque la majorité des pièces ont été reprises de la version précédente, on ne retrouve aucun élément de décors qui puisse suggérer le virus.

Niveaux Le seul ajout conséquent est les fameux panneaux lumineux qui constituent le jeu interactif. Si au niveau 1 les deux pastilles de la même couleur apparaissent toujours l’une à côté de l’autre, et sensiblement toujours dans la même zone, le niveau 3 augmente la distance entre les deux pastilles ainsi que la répartition de leur apparition. Et… c’est tout! Voilà tout ce qui distingue le niveau de difficulté le plus facile du plus difficile. Oh, il y a quelques interactions de plus de la part des zombies au cours du parcours, mais rien pour faire ressentir un véritable changement de difficulté. De plus, le jeu lui-même ne fait ressentir aucune angoisse, les joueurs ne sentent pas que le temps est compté, et l’intérêt de réussir chaque « tableau » est donc bien mince. Ajoutons à cela que l’effet de surprise mis en place lors du premier passage disparaît à peu près complètement lors du second (et encore, nous n’avons pas fait le deuxième niveau de difficulté)*, ce qui rend l’expérience beaucoup moins intéressante.

            Le dernier irritant se trouve, ironiquement, au tout début du jeu. Les joueurs sont coincés dans une position relativement inconfortable, et doivent écouter un long message enregistré en français ET en anglais. Disons que ce n’est pas la meilleure manière de mettre les participants dans l’ambiance d’un parcours axé sur la peur! N’aurait-il pas été possible de faire jouer uniquement la version qui correspond à la langue des joueurs? Et plutôt qu’un simple message enregistré, toute l’équipe était d’accord pour dire qu’une simple mise en scène rappelant la thématique du virus aurait été, de loin, préférable.

            À ce stade-ci, vous vous demandez sûrement s’il y a des points positifs dans l’édition 2015 de Peur Dépôt? Ne vous en faites pas, la réponse est oui! Tout d’abord, saluons les animateurs-zombies, qui parcourent les alentours du site, en plus d’interagir avec les participants avant leur entrée dans le parcours. Pour peu qu’on accepte de se prendre au jeu, c’est un véritable bonheur que de discuter avec ces sympathiques zombies. De plus, nous avons quand même eu du plaisir à échanger nos places dans la file, tout au long du parcours, et à entendre l’un(e) de nos malheureux(se) coéquipier(e)s se faire surprendre au détour d’un couloir. C’est une expérience qui se vit mieux en équipe, non seulement pour essayer de diminuer l’angoisse, mais aussi pour tenter, dans la mesure du possible, de s’entraider contre le virus!

            Le bilan de cette année est donc mitigé, en grande partie à cause du choix de l’équipe créative d’avoir récupéré plusieurs éléments présents dans l’édition précédente sans avoir, en contrepartie, véritablement bonifié l’aspect « jeu interactif », par des costumes, des éléments de décor et une mise en scène adaptée. Malgré tout, vous pouvez compter sur moi pour y retourner l’an prochain, afin de constater, au péril de ma santé mentale, ce que l’équipe de Peur Dépôt aura concocté pour nous faire hurler… de terreur!

Merci à l’équipe de Peur Dépôt pour les billets.

* ATTENTION! Pour les besoins de la critique, nous avons pu passer immédiatement du niveau 1 au niveau 3. Mais tous les participants DOIVENT d’abord faire le niveau 2 pour ENSUITE passer au niveau 3. Il N’EST PAS POSSIBLE de passer par-dessus le niveau 2.

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Pierre-Alexandre Bonin

About Pierre-Alexandre Bonin

Pierre-Alexandre est tombé dans les littératures de genre au primaire, en lisant Ange ou démon?, l’un des nombreux titres de la collection «Frisson», et depuis, il n’a cessé d’élargir ses horizons. Après une maîtrise en littérature québécoise, il a récemment terminé une thèse de doctorat sur Stephen King et prépare un projet de postdoctorat sur l’histoire des littératures de genre au Québec.

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