Projet SK365: Tout, tout, tout, vous saurez tout sur Stephen King

Bonjour tout le monde et bienvenue à ce nouveau billet du Défi SK365. Je vous écris en direct de Castle Rock, la ville la plus animée du Maine! Vous dire, chers Fidèles Lecteurs, les péripéties que nous avons vécues, Mélissa et moi, depuis notre dernière rencontre! Déjà que l’expédition au supermarché fut un cauchemar digne de l’apocalypse, nous sommes en plus tombés sur un mariage qui a mal tourné. Heureusement, nous avons réussi à trouver un raccourci qui nous a fait gagner énormément de temps. Bref, tout ça pour vous dire que nous n’avons pas chômé au cours des semaines qui viennent de passer! D’ailleurs, je prendrais bien un peu de repos. Dommage qu’il n’y ait pas de plage à Castle Rock. J’aurais adoré sentir le contact du sable sur ma peau. Des dunes, à perte de vue…

skeleton_crew_mmp2_full_by_stephen_kingBrume est le troisième recueil de Stephen King, mais pour les nouvelles, il est plutôt son second. En effet, on se rappellera que Différentes saisons présentait quatre novellas. Mais peu importe ces considérations techniques, intéressons-nous plutôt à Brume et à ce qu’il nous propose. Personnellement, j’ai trouvé la qualité globale des nouvelles moins forte que dans Danse macabre. Il y a quelques pépites, mais il y a quand même plusieurs textes moins forts. Par exemple, « La révolte de Caïn », « Le Gala de noces »  ou encore « L’Image de la faucheuse » ressemblent à d’autres nouvelles ou novellas de King où le sujet est mieux maîtrisé.

Du côté des textes qui valent le détour, notons d’abord la nouvelle éponyme, « Brume », qui met en scène un véritable microcosme de la société, à l’intérieur d’un supermarché, plongé dans une situation intenable. On y retrouve le talent de King pour esquisser en quelques lignes des personnages vivants. De plus, il met en place certains éléments qui reviendront dans des œuvres plus récentes, ne serait-ce que la dimension d’où proviennent les créatures qui évoluent dans la brume. Ce n’est que dans Roadmaster, publié en 2002, que nous en saurons davantage, soit 17 ans après « Brume »! Dans « L’Excursion », King prouve que l’horreur peut très bien s’adapter à d’autres genres, particulièrement la science-fiction. J’ai adoré cette nouvelle lors de ma première lecture, et ma relecture ne m’a pas déçu!

« Le Radeau » remporte la palme de la meilleure nouvelle du recueil, et je serais prêt à affirmer qu’il s’agit de l’une des meilleures nouvelles de King à vie. Une maîtrise des descriptions de personnages, un « monstre » dont on ne sait absolument rien, des morts sanglantes et graphiques, mais surtout, un sentiment d’inéluctabilité qu’on ne retrouve que très rarement chez King, qui privilégie habituellement les fins ouvertes ou encore les finales explosives. Bref, à elle seule « Le Radeau » justifie l’achat du recueil. Je m’en voudrais d’oublier « L’homme qui refusait de serrer les mains ». Bien qu’elle soit de qualité moyenne, il y a tout de même deux points qui sont dignes de mention. D’une part, on retourne au club où fut racontée l’histoire de « La méthode respiratoire » , novella qui fermait Différentes saisons et, d’autre part, King reprend presque à l’identique le thème de la malédiction qu’il avait utilisé dans La peau sur les os. Ironiquement, on pourrait affirmer qu’à la base, le roman devait être signé par Bachman, ce qui aurait donné à King la possibilité de demeurer original dans ce ressort dramatique.

Pour finir, « Le goût de vivre », « Mémé » et « La ballade de la balle élastique»  sont toutes trois dignes de mention. Non seulement elles permettent à King de sortir de sa zone de confort, mais elles sont toutes d’une efficacité redoutable..

Il est déjà temps pour moi de vous laisser, puisque je dois me rendre à Derry, dans le Maine. En effet, un certain Mike Hanlon, bibliothécaire municipal, m’a écrit, après avoir lu certains de mes billets sur le site de Clair/Obscur. Selon lui, il se passe des choses terribles à Derry et il semble convaincu que je pourrais l’aider à en venir à bout. En attendant notre prochaine rencontre, Fidèles Lecteurs, ne faites pas confiance aux clowns, particulièrement ceux qui vous offriraient des ballons. Suivez mon conseil et fuyez!

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Le commentaire de la fan no 1

20120918173431!Annie_WilkesComme je l’ai déjà mentionné dans mon billet sur Danse Macabre, je suis une grande fan des recueils de nouvelles de Stephen King. C’est toujours un réel plaisir de découvrir les petits bijoux qui s’y trouvent. Je me propose, une fois encore, de vous donner des indications et des impressions de lecture sur certaines nouvelles contenues dans Brume, question d’attiser votre curiosité.

« En ce lieu, des tigres » : Une nouvelle pour tous ceux qui ont déjà voulu voir leur professeur être dévoré par une bête féroce ou qui espèrent trouver un jour un dévoreur d’hommes dans leur salle de bain.

« Le singe » : Des enfants trouvent une figurine de singe défraîchie (peut-être l’objet le plus creepy que King a jamais imaginé) dans un grenier. À chaque fois qu’il frappe ses cymbales, un accident fatal se produit. Se débarrasser de lui ne sera pas chose aisée. Attendez-vous à une sensation de malaise tout au long de la lecture.

« L’excursion » : Fascinante petite histoire de science-fiction où le voyage par téléportation est devenu chose courante. Toutefois, pour être téléporté sans risque, il faut être endormi. Qu’est-ce qui va arriver au petit garçon trop curieux qui décide de rester réveillé ?

« Le radeau » : La première fois que j’ai lu cette nouvelle, c’était pour un de mes cours à l’université et je ne savais pas qui en était l’auteur. Sa lecture m’a fait tout un effet. J’ai trouvé l’histoire de ces quatre jeunes, prisonniers au milieu d’un lac et traqués par une étrange flaque noire qui les attaque puis les broie l’un après l’autre, tout simplement horrifiante. Tout m’a plu dans cette nouvelle : l’impuissance des adolescents, l’isolement dans un endroit où il y avait plein de gens quelques semaines auparavant, la banalité et la beauté du paysage théâtre du drame, la nature inconnue de l’entité monstrueuse et l’attraction qu’elle exerce sur ceux qu’elle veut capturer. Lorsque j’ai découvert que c’était une œuvre de King, ç’a été comme la confirmation que j’aimais vraiment ce que cet auteur écrivait.

« Machine divine à traitement de texte » : « Ce serait peut-être amusant si [un] type écrivait une phrase, et puis, quand il appuierait sur EFFACER, le sujet de la phrase serait effacé du monde. » Cette nouvelle s’inscrit parfaitement dans la tradition des récits à la Twilight Zone.

« L’homme qui refusait de serrer les mains » : On y rencontre un homme victime d’une terrible malédiction qui l’empêche de toucher les gens autour de lui sans risquer de provoquer leur mort.

« Le goût de vivre »: Ce récit m’a hanté durant plusieurs jours. C’est l’histoire peu banale d’un chirurgien, trafiquant d’héroïne, qui se retrouve prisonnier d’une île déserte. La lecture de cette nouvelle m’a fait découvrir que si je trouvais l’idée du cannibalisme révoltante et horrifiante, elle l’est encore plus lorsqu’on est poussé à se dévorer soi-même pour pouvoir survivre. Une nouvelle d’horreur pure.

« Le camion d’oncle Otto » : L’histoire tourne autour d’un vieux camion abandonné dans un champ qui devient l’instrument de vengeance de son ancien propriétaire. C’est ce que prétend du moins Otto Schenk : « Y veut ma peau, voilà pourquoi… Y m’a dans la tête, ouais, c’est ça qu’il a. Un d’ces jours y va débouler ici, et ça s’ra la fin. Y m’écras’ra comme Mac, et ça s’ra la fin. » Juste un commentaire : j’adore les récits de King qui mettent en scène des objets mécaniques et des voitures maléfiques.

« Livraisons matinales (laitier n°1) » : Cette nouvelle met sérieusement notre sentiment de sécurité en danger et exacerbe nos tendances paranoïaques.

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Pierre-Alexandre Bonin

About Pierre-Alexandre Bonin

Pierre-Alexandre est tombé dans les littératures de genre au primaire, en lisant Ange ou démon?, l’un des nombreux titres de la collection «Frisson», et depuis, il n’a cessé d’élargir ses horizons. Après une maîtrise en littérature québécoise, il a récemment terminé une thèse de doctorat sur Stephen King et prépare un projet de postdoctorat sur l’histoire des littératures de genre au Québec.

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