Projet SK365: La plus belle pour aller danser

Bienvenue à ce tout premier billet du Projet SK365 ! Dans le cadre de mon défi, je dois lire l’entièreté des œuvres de Stephen King, et mon premier arrêt a été à Chamberlain, dans le Maine, une petite municipalité sans histoire, jusqu’à ce soir fatidique de 1974. Vous l’aurez deviné (ou pas !) je vous parle ici du tout premier roman publié par King, Carrie.

 »Carrie. » Doubleday & Co., Inc.: Garden City, NY: 1974. Première édition et première impression.

 

Ma première impression, au fil de ma lecture, fut que ce roman est encore totalement d’actualité dans son traitement du harcèlement et de l’intimidation à l’école. Je frissonne encore de dégoût devant le traitement réservé à Carrie durant toutes ces années. La deuxième chose que j’ai remarqué, c’est à quel point ce premier roman contient plusieurs éléments qu’on retrouve régulièrement dans l’œuvre de King, mais à différentes périodes de sa carrière. Les pouvoirs psi sont un thème qu’on verra dans plusieurs romans des années 1970-1980. La question de la religion sous-tend l’œuvre de King jusque dans les années 1990 environ. L’échec parental et ses conséquences sur les enfants reviennent dans une série de roman des années 1980-1990. Celle-ci constitue également une sorte de cycle sur l’enfance. Je ne m’étends pas davantage là-dessus, j’aurai l’occasion d’y revenir au fil de mes lectures.

La différence majeure entre Carrie et le reste de l’œuvre de King se situe, à mon sens, dans l’effort qu’il met à rendre toute l’intrigue crédible et à l’ancrer dans la réalité. C’est la seule fois dans toute son œuvre où King reprend en quelque sorte la structure de Dracula, où on retrouve différents extraits de correspondances, d’enregistrements et de coupures de journaux, qui forment la trame narrative. Dans Carrie, c’est la trame narrative qui est elle-même entrecoupée de nombreux documents « officiels ». Tout d’abord, il y a des extraits du rapport de la Commission White sur les événements survenus dans le roman. King inclut des citations d’articles ou d’essais scientifiques sur le phénomène général de la télékinésie et des études sur le sujet, ou sur le cas de Carrie en particulier. On retrouve aussi la transcription de graffitis inscrits sur du matériel scolaire appartenant aux diverses écoles fréquentées par Carrie. L’une des entrées les plus intéressante, tirée d’un dictionnaire d’argot, explique comment Carrie et ses dons télékinétiques, sa mort et les événements qui y ont mené sont maintenant intégrés dans la culture populaire. Bref, King propose, avec Carrie, un roman « fantastique », dans le sens classique du terme. Et tout ça dans un premier roman !

Côté plaisir de lecture, j’ai dévoré ce roman que j’avais déjà lu et relu, mais dont certains détails s’étaient effacés de ma mémoire. Et pour une rare fois, King parvient à inspirer la sympathie, mais surtout la pitié pour le « monstre » qu’il met en scène. On ne peut que pleurer sur le sort de Carrie White, tout en soupirant de soulagement à l’idée que nous n’avons d’aucune manière prit part aux tragiques événements.

Il est déjà temps pour moi de vous laisser, puisque je dois me rendre à Jerusalem’s Lot, une petite ville pittoresque du Maine, d’où d’étranges rumeurs émanent à propos des occupants de Marsten House, un manoir avec une triste réputation. Mais ne vous en faites pas, nous nous reverrons ! Enfin, j’espère…

20120918173431!Annie_WilkesLe commentaire de Mélissa Boudreault, la fan no 1 :

Ce qui est fascinant avec Carrie, c’est l’efficacité avec laquelle cette première œuvre de King est devenue un élément de la culture populaire. Même ceux qui n’ont pas lu le roman connaissent Carrie, ses dons de télékinésie et ce qui lui est arrivé au bal. Le film de Brian De Palma n’est évidemment pas étranger à ce phénomène. Cette reconnaissance massive du public se vérifie dans les nombreuses parodies, allusions, reprises et références présentes dans toutes sortes d’œuvres de la culture populaire. En ce qui me concerne, à chaque fois que je vois une scène de bal de finissants, j’attends et je guette le moment fatidique où le seau rempli de sang de cochon va inonder la reine du bal.

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Pierre-Alexandre Bonin

About Pierre-Alexandre Bonin

Pierre-Alexandre est tombé dans les littératures de genre au primaire, en lisant Ange ou démon?, l’un des nombreux titres de la collection «Frisson», et depuis, il n’a cessé d’élargir ses horizons. Après une maîtrise en littérature québécoise, il a récemment terminé une thèse de doctorat sur Stephen King et prépare un projet de postdoctorat sur l’histoire des littératures de genre au Québec.

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