Projet SK365: Chez Stephen King on trouve de tout, même un ami!

Bonjour tout le monde et bienvenue à ce nouveau billet dans le cadre du Projet SK365, où je me suis donné comme défi de relire l’entièreté de l’œuvre de Stephen King en 365 jours ! Pour cette nouvelle présentation, je vous écris confortablement installé dans la bibliothèque municipale de Bangor, dans le Maine. Et je vous rassure tout de suite, j’ai retrouvé Mélissa et elle se porte bien. Bon, elle m’assure qu’elle n’a jamais rien dit à propos d’une « danse macabre », mais comme je suis simplement content de l’avoir retrouvée, je ne poserai pas trop de questions. Trêve de bavardage, on a tant de choses à se dire !

Couverture de Danse macabre chez J'ai lu

Couverture de Danse macabre chez J’ai lu

Danse macabre (à ne pas confondre avec l’essai sur l’horreur qui lui, est traduit en français sous le titre Anatomie de l’horreur) est le premier recueil de nouvelles publié par King. Disons le tout de suite, la toute première fois que je l’ai lu, j’ai été très, hum… hum… impressionné par la couverture de l’édition française chez J’ai lu. Cette couverture semblait nous promettre le genre de chose que mon esprit enfiévré d’adolescent se mourrait de découvrir ! Mais au final, cette promesse n’a heureusement jamais été tenue (dans le cas contraire, on se serait plutôt rapproché d’Edgar Rice Burrough, et personne ne veut vraiment ça !). Et cela ne m’a jamais empêché de me replonger avec délice dans ce recueil, comme dans tous les autres de King d’ailleurs. Pour moi, un recueil de nouvelles de Stephen King est une merveilleuse porte d’entrée dans son univers et constitue le meilleur moyen pour le lecteur amateur de savoir s’il va aimer King ou non.

Danse macabre peut se concevoir comme un catalogue Sears. Oui, oui ! Vous cherchez une nouvelle intimiste qui démontre le talent réaliste de King ? Lisez « Le dernier barreau de l’échelle ». Vous vous intéressez davantage à de l’horreur qui se rapproche de Lovecraft ? Passez par « Celui qui garde le ver », vous ne serez pas déçus ! Vous recherchez plutôt de l’horreur qui fait irruption dans le quotidien ? Dans ce cas, « Matière grise » est ce qu’il vous faut ! Bref, on trouve de tout pour tout le monde dans ce recueil !

L'édition consultée par Pierre-Alexandre lors de sa relecture.

L’édition consultée par Pierre-Alexandre lors de sa relecture.

De mon côté, je vous propose un bref survol des nouvelles qui m’ont particulièrement marqué. Dans « Comme une passerelle », on assiste pour la première fois à une hybridation réussie entre science-fiction et horreur de la part de King. Il reviendra à cette forme hybride dans d’autres nouvelles, mais pour une première incursion, elle est extrêmement efficace. Frissons garantis ! J’ai encore souvenir des nuits d’angoisses causées par ma toute première lecture de « La presseuse » et c’est avec un peu d’appréhension que j’ai relu cette histoire de possession étrange. Est-ce que j’allais retrouver le même état d’esprit plusieurs années plus tard ? Eh bien, je vous confirme que oui ! Depuis plusieurs jours, je me retourne avec un air apeuré dès que j’entends un bruit qui semble de nature mécanique… À lire à vos risques et périls ! « Le croque-mitaine » est une nouvelle qui vient me chercher directement dans mon cerveau reptilien, et qui se branche sur mes peurs en tant que père pour causer une frousse de tous les diables. Je vous avertis, vous n’en sortirez pas indemne ! Quant à « La Pastorale », c’est tout simplement une nouvelle bien écrite et efficace, qui repose sur un minimum d’effets pour un maximum de réaction. Et je l’adore aussi à cause d’un certain scandale cinématographique qui me fait toujours autant rire. En terminant, deux mentions spéciales ! La première va à « Poids lourds », pour avoir mis en scène de manière brillante le culte du diesel propre à l’Amérique du Nord (et aussi pour nous avoir donné le très satisfaisant Maximum Overdrive, avec Emilio Estevez dans le rôle-titre, et réalisé par le King lui-même !) Et la deuxième mention est accordée à « Un dernier pour la route », parce qu’elle nous permet de revenir rôder près d’un village que nous connaissons bien, et dont certains habitants plus tenaces continuent de se manifester…

Malheureusement, il est déjà temps pour moi de vous laisser. Je vais tenter de trouver une chambre d’hôtel où me reposer, je sens que j’ai attrapé une vilaine grippe et je ne voudrais surtout pas contaminer Mélissa et encore moins être retardé dans mes lectures. En attendant notre prochaine rencontre, profitez bien de vos lectures, mais méfiez-vous, on ne sait jamais quand l’horreur vous tombera dessus !

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Le commentaire de la fan numéro 1

J’ai toujours considéré Stephen King comme un auteurqui sait particulièrement bien raconter une histoire. C’est peut-être pour cela que j’aime autant ses nouvelles. Évidemment, comme dans tous recueils de nouvelles, le résultat est souvent inégal. Certaines histoires sont meilleures que d’autres, certaines nousaccrochent plus que les autres. Mais quand une nouvelle kingsienne est bonne, oh mon Dieu! qu’elle est bonne! Comme Pierre-Alexandre l’a mentionné, il y en a pour tous les goûts dans Danse macabre, et je me propose donc de vous donner des indications sur plusieurs d’entre elles pour vous aiguiller dans votre lecture.

1. Celui qui garde le ver : Première approche d’un sujet qui sera exploité plus en profondeur dans son roman Salem. Un genre de prequel à son histoire de vampires. L’avant-dernière nouvelle du recueil, Un dernier pour la route, est également une histoire liée à Salem.

2. Une sale grippe : Un moment dans la grande histoire du Fléau, les mésaventures de d’autres personnages aux prises avec une «sale grippe». On y retrouve cette impression de fin du monde/humanité qui sera développée dans Le Fléau.

3. Comme une passerelle : Poses-toi pas de question. Lis cette nouvelle.

4. La presseuse : King sait comment envelopper les objets d’une aura maléfique et rendre le tout crédible. Il faut le faire quand même ! Nous faire peur avec une machine à laver le linge. Juste bravo! (Il le fait également très bien avec les voitures, les jouets, les appareils photo, même les roches!)

5. Le croque-mitaine : Une de mes nouvelles préférées. Une bonne histoire de monstre qui se cache dans la garde-robe, de quoi réveiller nos vieilles peurs enfantines. Ce qui m’accroche particulièrement, c’est que même après plusieurs lectures, je ne sais toujours pas si le récit du père est réel ou imaginaire.

6. Matière grise : Si tu es un lecteur de Lovecraft… ou un gros buveur de bières, tu vas aimer cette histoire.

7. Petits soldats : Le récit de petits soldats jouets qui sont venus exercer une vengeance meurtrière. Comment des petits monstres dont on peut se débarrasser d’un bon coup de pied réussissent quand même à tuer des gens? Quand tu réussis à rendre ça crédible, tu mérites d’être publié.

8. Cours, Jimmy, cours : Jim Norman, un enseignant, voit ressurgir son passé lorsque de nouveaux étudiants se présentent dans sa classe. Ah oui, j’oubliais… Ces étudiants ont causé la mort de son grand frère Wayne lorsqu’il n’était qu’un gamin. Certains se souviendront peut-être de l’adaptation cinématographique qui n’était pas mal du tout.

9. Le printemps des baies : L’histoire d’un homme qui découvre sa propre folie en réalisant peu à peu qu’il est un meurtrier en série.

10. La corniche : C’est le récit d’une vengeance bien particulière qui offre une nouvelle raison de détester les pigeons.

11. Desintox, Inc. : Que j’aime cette nouvelle! Un homme fait affaire avec une entreprise qui lui assure que grâce à ses services, il arrêtera de fumer. Évidemment, l’entreprise utilise des moyens peu orthodoxes. «Desintox, Inc.», c’est l’illustration parfaite d’un individu plongé dans une situation à laquelle rien ne pouvait le préparer et dont il lui est impossible d’en sortir.

12. Les enfants du maïs : Si tu as aimé Sa Majesté des mouches de Golding, tu vas apprécier cette nouvelle. Ne laisse pas les mauvaises adaptations cinématographiques de la nouvelle t’en éloigner.

13. L’homme qui aimait les fleurs : … et le petit marteau caché dans sa poche.

Bonne lecture.

Pierre-Alexandre, je m’occuperai de toi si tu as attrapé une sale grippe. On dit que je suis une bonne infirmière… quand mes patients ne tentent pas de s’enfuir…

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Pierre-Alexandre Bonin

About Pierre-Alexandre Bonin

Pierre-Alexandre est tombé dans les littératures de genre au primaire, en lisant Ange ou démon?, l’un des nombreux titres de la collection «Frisson», et depuis, il n’a cessé d’élargir ses horizons. Après une maîtrise en littérature québécoise, il a récemment terminé une thèse de doctorat sur Stephen King et prépare un projet de postdoctorat sur l’histoire des littératures de genre au Québec.

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