5 podcasts en attendant le printemps

Il semblerait que notre marmotte se soit mis le doigt dans l’œil jusqu’au coude. Facile de se décourager quand, malgré l’approche du 21 mars, ta fenêtre est un jardin de givre et ta cour une reproduction miniature du Village Vacances Valcartier. En attendant les beaux jours, rien de mieux que s’encabaner avec une grosse doudou, un feu de foyer et un robuste porto.

Il vente trop pour aller à la bibliothèque et vous avez fait le tour de Netflix? Téléchargez quelques épisodes des baladodiffusions suggérées ici pour faire passer le temps. Vous ne frissonnerez pas que de froid.

En 2010, NoSleep était un forum sur Reddit où les participants partageaient leurs récits originaux et terrifiants, basés sur des expériences vécues ou pas. Le projet a connu une telle popularité qu’un an plus tard, les meilleures histoires étaient enregistrées et présentées lors d’épisodes diffusés aux deux semaines. L’hôte, David Cummings, prête sa voix d’outre-tombe au podcast, en introduisant avec humour chaque récit dont la narration et les dialogues sont pris en charge par des acteurs, ambiance musicale à l’appui. À ce jour, on compte pas moins de huit saisons. Une part de chaque épisode est disponible gratuitement mais, pour les écouter dans leur entièreté, il faut s’abonner : une passe saisonnière vaut 19,99 $.

J’aime moins la qualité pas toujours uniforme des récits présentés, qui s’explique sans doute par le travail immense de sélection, de montage et de mise en scène des épisodes, qui sont presque publiés à la chaîne. Le jeu de certains acteurs est parfois forcé – notons d’ailleurs que les voix d’enfants sont généralement prises en charge par des adultes, ce qui peut donner un résultat peu convaincant et même, parfois, ridicule.

Retrouvez The NoSleep Podcast sur Internet et iTunes.

Attention, âmes sensibles s’abstenir : il est fort possible que vous interrompiez l’écoute de l’un ou l’autres des épisodes de Sword and Scale, incapable d’en supporter davantage. Natif de la Floride, Mike Boudet parcoure les nouvelles et faits divers d’hier et d’aujourd’hui pour présenter d’atroces faits vécus à chaque épisode d’environ 1 h 30. Le slogan de l’émission est équivoque : parfois, les pires monstres sont réels. Pédophilie, matricide, corruption, meurtre en série, tuerie en masse : il n’y a pas d’évènement assez horrible pour que le présentateur s’abstienne d’en parler. Le contenu est souvent soutenu par des enregistrements d’appels 911, des entrevues avec des experts et des extraits d’interrogatoire ou d’archives télévisées à faire frissonner. Gardez le doigt pas trop loin du bouton pause.

J’aime moins le fait que, malgré son ton souvent respectueux, l’animateur entretient parfois certains préjugés incorrects et nuisibles, notamment par rapport à la maladie mentale et, plus particulièrement, la schizophrénie, dont on pourrait croire que chaque victime est aux prises avec des voix qui lui ordonnent de tuer tout ce qui bouge. Certains épisodes pourraient aussi bénéficier d’un avertissement lorsque le contenu devient trop graphique, surtout lorsque des enfants sont impliqués.

Retrouvez Sword and Scale sur Internet, Souncloud et iTunes.

Lore est un mot difficile à traduire. Si les dictionnaires privilégient coutumes et traditions, le terme croyances locales me parait plus juste. Dans de courts épisodes d’au plus trente minutes, deux fois par mois, l’auteur, animateur et producteur Aaron Mahnke puise dans le folklore et les légendes urbaines pour présenter de nouvelles histoires supposément vraies, tous pays et époques confondus. Crimes rituels de la société secrète Brujeria au Chili, un homme qui assassine sa femme sous prétexte qu’elle est un changeling, meurtre inexpliqué d’une famille allemande en 1922…Pour un auteur d’horreur, ces histoires sont de véritables carburants. La qualité de la recherche est impeccable et, moyennant une contribution de 1 à 5 $ par mois, Mahnke vous fera parvenir la retranscription PDF des épisodes, références et photographies à l’appui, histoire de s’enfoncer encore plus dans le cauchemar.

J’aime moins les passages publicitaires trop longs, où l’auteur présente ses commanditaires, et sa voix parfois faible, qui ne retient pas toujours l’attention.

Retrouvez Lore sur iTunes, Internet et Google Play.

Les Canadiennes Alexandra West (auteure de Films of New French Extremity: Visceral Horror and National Identity) et Andrea Subissati (éditrice en chef de Rue Morgue) choisissent à chaque mois un ou deux films sur lesquels elles offrent une analyse détaillée. Toutes deux détentrices d’une maîtrise, l’une en arts dramatiques et l’autre en sociologie, les deux amies décortiquent nos films d’horreur préférés avec une perspective académique et souvent féministe. Jusqu’à présent, les 47 épisodes du syllabus se sont penchés sur des titres comme The Descent, Battle Royale, Black Christmas, Fright Night, Sleepaway Camp et beaucoup, beaucoup d’autres.

J’aime moins le montage serré, qui laisse peu de place à l’improvisation et donne parfois aux épisodes l’impression d’être trop scriptés.

Retrouvez The Faculty of Horror sur Internet et iTunes.

Envie de quelque chose de plus léger? Bloody Good Horror, un site américain rempli de critiques et de nouvelles, réalise également un excellent podcast qui réunit une poignée d’amis qui partagent deux amours : le premier pour le cinéma d’horreur, et le deuxième pour la bonne bière. C’est sur un ton léger, humoristique et complice qu’ils se penchent à chaque semaine sur un film ou une série télévisée pour partager leurs impressions – ce qui mène parfois à quelques obstinations. Si vos amis ignorent qui est Sadako et lèvent le nez sur les histoires de fou à la tronçonneuse, et que vous vous sentez un peu seuls avec vos Blu-Ray, décapsulez une bière de microbrasserie et écrasez-vous dans le sofa pour avoir l’illusion d’être one of the boys. Avis aux grands lecteurs : le site et podcast présente également un club de lecture que tous peuvent joindre sur Goodreads.

J’aime moins le fait qu’en raison de la dynamique du groupe, certains interlocuteurs prennent parfois plus de place que d’autres. Quelques participants peuvent s’emporter et dominer la discussion, de sorte qu’ils n’ont pas tous le même temps de parole. C’est ce que je reproche notamment aux épisodes auxquels participe CC, seule collaboratrice féminine, qui peine à se faire entendre.

Retrouvez Bloody Good Horror sur Internet, iTunes et Player FM.


Vous trouvez qu’il en manque beaucoup? Vous avez raison. Même si j’ai volontairement limité mon choix à cinq suggestions, mes excursions des derniers mois en sol iTunes et Soundcloud ne m’ont mené à aucune émission francophone thématique ayant capté mon attention – sauf la nôtre, bien sûr (wink, wink). Ai-je manqué quelque chose? N’hésitez pas à partager vos coups de cœur dans les commentaires.

About Elise Henripin

Boulimique de littérature et de cinéma d’horreur, Élise a collaboré à plusieurs blogues et projets consacrés à cet univers, dont Sinistre Magazine et Strange-Movies. Depuis 2014, elle est également chroniqueuse littéraire à l'émission L'étrange programme, un magazine culturel diffusé sur les ondes de TCF - La télévision communautaire de Montréal. Auteure d’un roman intitulé Soif publié en 2011, elle espère renouveler l’expérience de publication d’ici quelques années. Suivez-la sur Twitter et Instagram @ehenripin.

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