Peur dépôt : verdict!

               Par un bel après-midi du mois d’août, je suis allé expérimenter, avec trois amis, « Peur Dépôt », le parcours sensoriel endossé par Patrick Sénécal et qui, pour sa deuxième année d’activité, a déménagé dans le Vieux-Port de Montréal. En quittant la place Jacques-Cartier pour se diriger vers les promenades du quai, on commence déjà à apercevoir la tour du complexe, composé de plusieurs conteneurs industriels. Au milieu des badauds et des touristes, d’étranges et inquiétants personnages rôdent : ce sont les zombies, les animateurs attitrés de Peur Dépôt. Même s’ils s’amusent à terroriser les passants inattentifs, ils sont toujours partants pour une séance photo où des mains supplémentaires apparaissent sans avertissement sur votre épaule. Pendant que vous patientez en file, les haut-parleurs diffusent une musique de Noël étrangement décalée, entrecoupée d’avertissements plus ou moins rigolos (selon votre sens de l’humour !). Lorsque vient votre tour, un « charmant » zombie vous indique les consignes d’usage : ne pas forcer les portes qui ne s’ouvrent pas, rester grouper, et il termine en souhaitant vous revoir vivant à la sortie…

            L’accès à la première pièce fait penser à un sas de sous-marin, ce qui installe déjà un fort sentiment de claustrophobie. D’autant plus que, durant quelques minutes, les visiteurs sont plongés dans le noir, pendant qu’un message enregistré vous explique que la nyctophobie (la peur du noir), n’est pas la peur de la noirceur elle-même, mais plutôt par l’ignorance de ce qui peut se trouver dans l’obscurité, ainsi qu’une peur des dangers réels, ou imaginaires, qui peuvent s’y cacher. Et c’est après ce préambule que débute véritablement ce parcours immersif d’une durée de 10 à 15 minutes, selon votre vitesse de progression.

            Évidemment, je ne vais pas vous révéler le contenu du parcours, afin de ne pas gâcher votre plaisir ! Disons simplement que le concept explore de manière intéressante et fort efficace les différentes peurs, ainsi que certains clichés des films d’horreur. Comme nous étions quatre, nous avons pu alterner les positions de tête et de queue régulièrement, question que tout le monde puisse se sentir (minimalement !) en sécurité durant le parcours.

            Plusieurs d’entre vous doivent maintenant se poser LA question : « C’est bien beau tout ça, mais est-ce que ça fait VRAIMENT peur ? » Malheureusement pour vous, il n’y a pas de réponse absolue. Au moment d’écrire ces lignes, le compteur de poules mouillées du site comptabilise 1403 personnes ayant abandonné avant la fin du parcours depuis le début de l’été. À l’inverse, certains commentaires lus sur la page Facebook de Peur Dépôt insistent pour dire à quel point ça ne fait pas peur. Ici, tout est une question de point de vue. Votre humble serviteur ainsi que ses trois acolytes ont sursauté à de nombreuses reprises, hurlé un peu trop souvent et ont eu la chienne de leur vie au moment de prendre la photo finale ! Mais là encore, tout dépend de votre caractère, de vos attentes et de plusieurs facteurs indépendants des concepteurs de Peur Dépôt. Disons simplement que le tout repose beaucoup sur des « scare jumps » (des sauts de peur, dirons-nous), causés par l’arrivée impromptue d’un zombie dans votre dos, ou tout simplement par un élément du décor qui n’est pas du tout ce à quoi vous vous attendiez ! Donc, si vous êtes zen et du genre impossible à faire sursauter, disons que les chances sont plus grandes pour que vous ne soyez pas trop affecté.

            Par souci de transparence, je tiens à mentionner que j’ai gagné les quatre billets utilisés lors d’un concours sur la page Facebook de Peur Dépôt. Mais à la sortie du parcours, mes acolytes et moi avons convenu que nous aurions accepté de payer le plein prix pour cette expérience et ce, sans rechigner. Surtout que notre photo de groupe valait vraiment le détour !

            Bref, ce fut une expérience intense (je n’ai jamais eu une montée d’adrénaline aussi forte de ma vie) et effrayante, et c’est avec plaisir que je me prêterais à l’expérience une nouvelle fois l’an prochain, ne serait-ce que pour constater les changements et améliorations apportés entre temps.

            Mentionnons également que le parcours a été largement modifié depuis l’an dernier, même si certains éléments ont été conservés. De plus, le temps d’attente a été fortement réduit, puisque Peur Dépôt a simplement ajouté un deuxième parcours identique en cas de file d’attente trop longue. Et même si vous êtes en ligne, vous pouvez essayer les arcades qui vous permettent d’actionner certains effets spéciaux à l’intérieur du parcours (avec des caméras qui vous permettent de voir les réactions de vos victimes) ou encore tenter votre chance (et la santé de votre couple !) avec la Poupée Vaudou. Il est à noter que ces deux activités sont payantes.

Pour plus d’informations, vous pouvez visiter la page officielle de Peur Dépôt : http://www.peurdepot.com/

ou encore leur page Facebook :

https://www.facebook.com/peurdepot?fref=ts

Aurez-vous le courage de tenter l’expérience ?

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Pierre-Alexandre Bonin

About Pierre-Alexandre Bonin

Pierre-Alexandre est tombé dans les littératures de genre au primaire, en lisant Ange ou démon?, l’un des nombreux titres de la collection «Frisson», et depuis, il n’a cessé d’élargir ses horizons. Après une maîtrise en littérature québécoise, il a récemment terminé une thèse de doctorat sur Stephen King et prépare un projet de postdoctorat sur l’histoire des littératures de genre au Québec.

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