Dans l’ombre, recueil de nouvelles d’horreur

Dans l'ombre elenya

dans-l-ombre-elenya editionsLa recherche de nouveautés littéraires a bien changé. Autrefois, nous devions parcourir les allées des libraires les plus téméraires, ceux qui prenaient le risque de commander des ouvrages de maisons d’édition peu connues. Aujourd’hui, grâce à internet, des mondes méconnus et obscurs s’ouvrent à nous. Il ne reste qu’à prendre son courage et cliquer. Parfois, de mauvaises surprises nous attendent; d’autres fois, de formidables découvertes nous transportent dans certains recoins de l’imaginaire que l’on ne pensait pas explorer. C’est le cas du recueil littéraire collectif Dans l’ombre, publié chez Elenya éditions.

Comme dans tous les recueils, les textes ne sont pas tous de valeurs égales. Pourtant, la plupart sont dignes de mention. Par exemple, l’auteur Oscaryne nous offre Un chant dans la lagune à l’ambiance vibrante. Les descriptions aussi précises que fluides donnent un accent de réalité au texte. L’auteure fait renaître certaines peurs profondes qu’on l’on aurait préféré oublier. On y suit les mésaventures de la délicate Zanetta, pour qui le destin n’a d’égal qu’un bourreau sans vergogne. Issue d’un milieu misérable, il n’en faut pas plus que quelques rumeurs bien étoffées stimulent son goût de l’aventure. C’est ainsi que la fatalité se referme sur elle.

Après s’être laissé bercer par Oscaryne, Davy Artero nous entraîne dans l’univers de Créatures. Après une longue introduction sur les esprits diaboliques clichés, l’auteur transforme la trame narrative en nous guidant pas à pas vers un point de vue différent. En dire plus vous gâcherait le plaisir.

Vient ensuite Le portraitiste de John Steelwood, qui manie l’intrigue avec autant de délicatesse qu’une dentellière. Il sème avec soins les indices au cours du récit d’un peintre à la vie modeste du début dix-neuvième siècle. Rêvant de vivre de son art, il se retrouve dans un imbroglio qui modifiera le déroulement de ses plans de carrière. Lors d’une première lecture, on se laisse volontairement amener sur la trame littéraire tandis que l’auteur nous présente les faits. Par contre, il nous tient si bien en haleine que lorsqu’on arrive à la chute, qui est très abrupte on se serait attendu à un autre chapitre. Puis vient la seconde lecture, où l’on tente de retracer les ficelles qu’il a implantées dans le texte. Bref, une nouvelle à lire et relire.

En terminant, si nous passons sous silence les quelques textes où la faiblesse des dialogues alourdit le contenu, le recueil collectif «Dans l’ombre» d’Elenya éditions vaut le coup d’œil. De plus, son contenu a le potentiel de plaire à un public autant adolescent qu’adulte. Naturellement, il faut accorder à cette nouvelle maison d’édition le temps de se mettre au point. L’expérience nous le dira, mais ce sera assurément un plaisir de voir cette équipe éditoriale évoluer.

Martine Vignola

About Martine Vignola

D’origine étrange, personne ne connaît sa véritable identité. Est-elle musicienne, écrivaine, éditrice en chef du webzine La HordeGeek, critique littéraire, chef cuisinière ou agent double?

2 Comments

  1. Bonjour,
    J’ai découvert votre chronique grâce à un ami Canadien. Merci beaucoup. C’est un beau cadeau pour mon anniversaire (aujourd’hui)
    Bonne journée et au plaisir de vous lire
    Amitiés
    John S.

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