Monopoly? Quelle horreur!

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Le  jour où j’ai été terrifié par un jeu de société – 1e partie

Bienvenue dans le premier segment d’une série de trois où vous aurez la chance de vous familiariser avec une nouvelle génération de jeux de société et qui, je l’espère, vous convaincra de donner une chance à ces jeux encore méconnus du grand public, mais à la popularité en pleine effervescence.

La situation suivante vous est probablement déjà arrivée : vous vous rendez chez un ami ou un parent par une belle soirée d’été pour relaxer et rattraper le temps perdu avec ces êtres chers. Vous vous installez confortablement au salon, un verre de boisson à la main et entamez la discussion sur tout et sur rien. Au bout d’un moment, votre hôte vous sort une phrase que vous avez déjà entendue il y a bien longtemps : « Hey! Ça vous tente-tu de jouer à un jeu de société? »

À ce moment, tout s’arrête. Votre cerveau effectue un voyage dans le temps pour vous remémorer ces moments où, à 11 ans, vous jouiez avec votre grand frère à Monopoly. C’était toujours amusant au départ, mais après trois longues heures de lançage de dés, d’achat, de vente, de demande de crédit et de supplication, votre grand frère vous prenait votre dernier billet de banque, vous regardait droit dans les yeux et vous disais à la façon  d’une torture interminable : « J’ai gagné ». Avec la certitude qu’il avait triché pour arriver à ses fins, un excès de rage bouillant en vous ne pouvait s’extérioriser que de cette façon :

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Après ce flash-back d’une fraction de seconde qui vous a paru une éternité, vous déclinez poliment l’offre de votre hôte en vous disant qu’il vaut mieux conserver l’amitié  des gens qui vous entourent que de retourner dans l’horrifiant monde des jeux de société de votre enfance. Ces jeux qui étaient trop souvent longs, monotones, remplis de hasard et qui se terminaient toujours avec de la haine et de la rancœur. De toute façon, qui, aujourd’hui, jouent encore à des jeux de société?  Les jeux vidéo n’ont-ils pas, après tout, éclipsé ces vieux jeux ennuyeux autant chez les jeunes que chez les adultes?

C’est un fait, en Amérique du Nord, l’industrie du jeu vidéo s’est installée dans la quasi-totalité des familles et la phrase « passe-moi les dés » est devenue « passe-moi la manette ». Ceci dit, le jeu de société n’est pas mort. En fait, cette industrie s’est développée et a refleuri partout dans le monde. En Europe et en Asie, des auteurs obscurs ont inventé des concepts et développé des jeux ou le hasard laissait tranquillement la place à la stratégie et où la rage cédait à la coopération. Ici, le focus était mis sur une niche bien précise : le « nerd ».

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Depuis les années 70, le nerd avait comme principal passe-temps le jeu de rôle Donjon et Dragons. Vous savez, ce jeu ou on devait lancer des dés en faisant croire que vous étiez un puissant magicien ou un elfe charismatique? Ils étaient peu, mais formaient une  communauté forte. À eux seuls ils ont réussi à faire survivre une industrie sur le déclin. Heureusement pour eux, au début des années 90, un certain Richard Garfield eut l’idée de créer un jeu de cartes portable, facile à jouer et qui se terminait en 15 minutes. Un jeu parfait pour jouer sur l’heure du midi ou entre deux cours à l’école. Ainsi, Magic : The Gathering venait de naitre. Rapidement, ce jeu eut un succès retentissant et tous les nerds d’Amérique y jouaient, pire encore, ce jeu de cartes avait commencé à infecter les autres castes de la société scolaire!

En Europe, au même moment, Klaus Teuber et la compagnie Kosmos éditaient la première copie des Colons de Catane. En peu de temps, ce jeu est devenu un phénomène en Europe. Il remportait non seulement un succès en Europe, mais il fracassait les frontières pour se rendre partout dans le monde. Ce jeu, en duo avec Magic, venait de redonner vie aux jeux de société en Amérique.

La boîte de Pandore était ouverte. Les jeux dits « modernes » virent le jour pour s’emparer des tablettes des commerces de cartes qui eurent à s’adapter pour devenir des magasins de hobby. Les libraires sentant une connexion (véritable) entre le livre et le jeu de table les intégrèrent à leur inventaire. Comme les livres, le thème des jeux pouvait être adapté à tout. Rapidement, le fantastique et la science-fiction prirent une place de choix en Amérique, mais un thème resta un bon moment… ignoré? Boudé? Oublié? Je ne pourrais dire quel mot est le plus juste, mais le thème de l’horreur a été longuement absent des tables de jeu.

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Ce thème a eu un gain de vitalité depuis le début des années 2000 avec les adaptations des œuvres de H.P. Lovecraft, Bram Stoker, Edgar Allan Poe, Mary Shelley et j’en passe dans l’univers des jeux de société.  Cependant, aucun de ces grands auteurs n’ont eu l’impact que le raz de marée qui s’est déferlé partout dans notre société depuis 2010 : La vague irrésistible des zombies. Dans la foulée de la popularité immense de la série télé The Walking Dead, les éditeurs ont donné une place de choix aux zombies sur le marché.

Cette sélection constamment grandissante est malgré tout encore largement ignorée par le public. L’aura de Monopoly, Sorry! Et Clue domine encore les magasins à grande surface, la tablette de jeux des grands-parents et du chalet. Ceci dit, la croissance constante de ces jeux moderne a commencé à prendre sa place dans notre société.

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C’est sur ces bons mots que je vous recommande de garder l’esprit ouvert et l’œil attentif à cette nouvelle génération de jeux. Je vous reviens la semaine prochaine avec le second volet de ma série de trois : Le jour où j’ai été terrifié par un jeu de société. Alors, d’ici là, lorsque votre hôte vous demandera si vous voulez jouer à un jeu de société, demandez-lui de vous montrer ce qu’il a à offrir avant de dire non, vous pourriez être surpris!

Un article de Gab le Félon.

Gabriel «Gab le felon» Valiquette

About Gabriel «Gab le felon» Valiquette

Gabriel ‘’le félon’’ Valiquette, né en 1983, a été initié aux jeux de société à son plus jeune âge. Avec le temps, il est devenu un expert autodidacte en jeux de société, il en possède d’ailleurs une impressionnante collection qu'il agrandit régulièrement.

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