Marc-André Huot: à la racine de l’Art

Marc-André Huot est un artiste à part entière dont la polyvalence est pour le moins remarquable : du dessin au montage photographique en passant par la peinture animalière jusqu’à la peinture fantasy et science-fiction, son œuvre est plus que diversifiée. En plus d’avoir un parcours de carrière impressionnant, son évolution est palpable et constante. Entretien avec un grand esprit créateur dont la curiosité et la soif de connaissance sont insatiables. 

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«Résistance»

Vu sa fascination grandissante pour les arbres, j’ai demandé à Marc-André Huot de s’identifier à un arbre et d’expliquer son choix. « Je serais un arbre sans nom, parce que c’est lui que je dessine », dit-il. « J’aime représenter le sentiment de l’arbre. J’aime bien les vieux arbres matures et tout tordus qui ont du vécu. Malgré toutes les intempéries, je serais un arbre dont les racines profondes s’accrochent à la vie. » Pour lui, l’arbre agit d’ailleurs comme miroir de l’homme : l’arbre, comme tête penchée, contemple ses racines et s’interroge sur leurs parcours labyrinthiques. « Il symbolise nos relations complexes avec notre intérieur (représenté par le côté caché des racines), cet endroit obscur et mystérieux détenant le potentiel de toutes possibilités. […] Ses feuilles et ses fruits finissent parfois par se détacher et parcourir le monde, mais l’arbre qui lui, demeure figé sur place, reste à sombrer dans ses réflexions. Une feuille termine quelquefois dans les contours laissés par les méandres aux pieds d’un arbre voisin. L’arbre fléchit à nouveau, voit ses propres fruits et découvre enfin son schéma interne qui jusque-là, renfermait l’improbable solution, la clé de l’indéchiffrable algorithme. »

Un vaste parcours : d’un arbre à l’autre, d’une forêt à l’autre

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«Le Dernier repas»

Les œuvres de Marc-André Huot ont voyagé jusqu’en Europe, ce qui fut pour lui l’occasion idéale de voyager et d’exposer simultanément : « J’ai pu exposer au Caroussel du Louvre à Paris ainsi que l’année suivante, à la Maison Magritte, là où le célèbre peintre belge a grandit. Ce sont des moments qui nous marquent en tant qu’artiste. » C’était avant la naissance de son fils Aleph, maintenant âgé de cinq ans, mais Marc-André a bien hâte de pouvoir voyager de nouveau avec lui.

Dire que cet artiste a un vaste parcours implique aussi la variété de ses techniques et pratiques artistiques. En effet, il a exploré bon nombre de médiums plastiques divers, qu’il s’agisse de dessin, de peinture, de photo ou de médias numériques. « J’ai besoin d’être stimulé mentalement. Je prends toujours plein de notes de sujets différents qui finissent toujours par réapparaître à des moments opportuns. Je suis toujours en train de générer de nouvelles idées et bien souvent, cela peut passer par différentes approches. » C’est d’ailleurs durant son enfance qu’il commença à dessiner. Durant ses années scolaires, il put perfectionner sa technique en dessinant pendant ses cours, bien qu’il ne poursuivit pas d’études dans le domaine après le secondaire étant donné que les cours en graphisme étaient contingentés. Il se consacra ensuite à des projets musicaux et s’inscrivit, en 2000, à des cours en illustration professionnelle au collège Salette, où il fit la rencontre d’une gérante d’artistes qui l’introduisit à ses premiers symposiums. Il connut par la suite des gens qui l’aidèrent à parfaire sa peinture animalière, mais décida par la suite de s’éloigner de ce style : « J’ai décidé de me détacher du côté animalier, mais en gardant avec moi la nature qui l’entoure et de développer mon style de façon plus autodidacte. J’ai toujours cherché à approfondir mes connaissances artistiques et tout ce qui gravite autour. »

Les fruits de l’imaginaire : Hellien, ses personnages hybrides et la science-fiction

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«Fetish-Fish»

« Hellien » est le pseudonyme de Marc-André, utilisé notamment pour signer une série de personnages hybrides humains-zombies il y a quelques années. « Hellien, c’est l’extraterrestre de l’enfer. L’enfer pour moi c’est d’être enfermé et donc s’il y a un étranger qui vit en moi, c’est lui. C’est apprendre à se connaître soi-même en quelque sorte. » Ce pseudonyme dont il fit la conception provient de loin : « Quand j’étais jeune, mes amis jouaient à des jeux de rôle, surtout « Werewolf the Apocalypse ». J’avais du mal à m’immerger complètement dans le jeu, car à chacun des scénarios, je me mettais à dessiner et du coup, j’en perdais le fil de l’histoire. C’est la même chose qui m’arrive souvent en regardant des films d’ailleurs. Je dessinais également les personnages de mes amis et à cette époque je trippais sur les extraterrestres. C’est comme ça que Hellien est né. »

Au sujet des origines de son attrait pour les styles science-fiction, fantasy et dark, Marc-André affirme qu’étant jeune, il était de nature timide et réservée, ce qui l’amenait à créer seul plutôt que d’interagir avec les autres enfants. Cette nature timide fit qu’il eut quelques amis proches avec lesquels il préférait échanger un à un afin de favoriser les conversations profondes, au sens philosophique. « C’est dans ces échanges philosophiques et labyrinthiques, empruntant parfois des couloirs obscurs et tournant sans cesse dans les énigmatiques parcours cérébraux que je n’ai eus d’autres choix que de libérer mes tourments intérieurs », confie-t-il.

De cet attrait pour ces styles de création est provenue une série de personnages hybrides humains-zombies ou chacun d’eux est représenté dans un contexte familier issu du quotidien. « On dit souvent que les morts-vivants continuent de faire à perpétuité la dernière action qu’ils étaient en train de faire avant de mourir, précise Marc-André. Donc, mes personnages faisaient plutôt des choses banales comme manger du pâté chinois ou se mettre des gouttes dans les yeux par exemple. C’était le côté plus humoristique et surréaliste de ma personnalité. »

La nature poursuit son cours : projets en cours et à venir

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«Tri-Axes»

Présentement, Marc-André Huot travaille sur une série de dessins sur les arbres en y incorporant des éléments géométriques. « Cet aspect est en rapport avec l’unité, dit-il. De ces dessins, des peintures suivront. J’approfondis également mes connaissances sur les arbres et l’architecture de ceux-ci. » Il projette également d’écrire un livre sur ses démarches artistiques de représentation des arbres. « Je veux écrire sur le raisonnement sous-jacent, sur ces multiples questions auxquelles l’artiste doit souvent faire face et pour lesquelles il ne semble pas y avoir de réponse. » Ainsi, chaque fois qu’il dessine ou qu’il peint, il note tout ce qu’il vient à penser au moment de la création. Ces pensées lui serviront de base à l’écriture de son livre.

Pour en savoir plus sur Marc-André Huot et son art, on peut visiter son site Internet à l’adresse www.mahuot.com/. On peut aussi le suivre sur Facebook à l’adresse (http://facebook.com/huotart).

Émilie Leger

About Émilie Leger

Émilie Léger est une artiste diplômée de design graphique vivant près de Montréal. Même si l’art numérique et l’écriture sont ses principaux moyens d’expression, elle priorise l’effet, la texture et l’émotion plutôt que le médium lui-même.

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