Les poupées hantées

Child’s Play, May, Poltergeist, Pinocchio’s Revenge, Dolly Dearest, Demonic Toys, Dead Silence…Le cinéma d’horreur a bien compris la peur viscérale que peut inspirer les poupées! Pour célébrer le retour d’Annabelle sur nos écrans (et vous donner encore plus de raisons d’avoir peur!), voici une collection d’histoires de vraies poupées hantées. Qu’on y croit ou non, ça fout un peu la chienne, non?

La prochaine fois que vous magasinez à l’Armée du salut, ne faites pas seulement attention aux punaises de lit : méfiez-vous des fantômes, aussi!

Annabelle, la poupée démoniaque des Warren.

Crédit photo: Faded Industry

En voyant Annabelle à l’écran, on se demande bien qui pourrait vouloir ramener une poupée aussi terrifiante chez soi. En réalité, Annabelle est une simple poupée de chiffon, reconceptualisée pour les besoins des films. Reçue en cadeau par Donna, sa colocataire et elle s’aperçoivent rapidement que la poupée se déplace d’elle-même, la retrouvant même parfois assise sur une chaise ou le sofa. Pire, elles retrouvent dispersées dans l’appartement des feuilles sur lesquelles une main enfantine a gribouillé HELP ME ou HELP LOU. Après avoir trouvé des traces de sang sur la poupée, elles appellent (enfin!) une médium, qui leur apprend que la poupée est possédée par l’esprit d’une petite fille en manque d’amour et de compagnons de jeu. Angie et Donna la prennent sous leur aile, la traitant comme une enfant. Grosse erreur.

Lou, un ami des filles qui n’avait jamais fait confiance à la poupée (qui le blâmerait?), commence à faire des cauchemars récurrents. Une nuit, il se réveille pour la trouver au pied du lit. Comme il est paralysé, Annabelle rampe sur ses jambes, s’assoit sur sa poitrine et l’étrangle jusqu’à ce qu’il s’évanouisse. Une autre fois, alors qu’il observe la poupée, il subit une attaque violente et inattendue. Avant même d’avoir eu le temps de comprendre ce qui se passait, le garçon se retrouve avec sept marques de griffe sanguinolentes sur la poitrine.

Certaines de ne plus avoir envie de jouer à la poupée, les filles contactent Ed et Lorraine Warren, fondateurs de la New England Society for Psychic Reasearch. Lui démonologue et elle médium, le couple ne met pas de temps à rejeter l’hypothèse de l’esprit d’une petite fille, alléguant qu’il s’agit plutôt d’un démon. Attaché au corps matériel du jouet, l’entité aurait joué sur les cordes sensibles des étudiantes pour s’attirer leur confiance, sans doute dans l’intention de posséder l’une d’elles!

Après un exorcisme visant à purger l’appartement, les Warren ramènent la poupée avec eux, frôlant un accident de voiture de près. Depuis exposée au Warren Occult Museum, au Connecticut, on raconte que la poupée est toujours possédée. Tenue responsable pour la mort d’un visiteur, décédé dans un accident de moto après avoir quitté le musée, Annabelle continue d’emballer l’imagination.

Robert, la poupée hantée de Key West

Crédit photo: Robert the Doll

Crédit photo: Robert the Doll

En 1906, un petit garçon de Key West reçoit en cadeau une poupée faite à la main par une servante et lui donne très originalement le même prénom que le sien (Robert Eugene Otto ayant plus tard connu une carrière de peintre et d’auteur, on peut présumer que l’inspiration lui est venue plus tard!). L’histoire veut que la servante, mécontente du traitement de la famille, ait recouru au vaudou pour inviter des esprits maléfiques à posséder le jouet.

L’arrivée de la poupée vint avec son lot d’incidents. Lorsque des chambres furent retrouvées sens dessus dessous et ses jouets saccagés, le garçon accusa Robert. Les domestiques de la maison se mirent à chuchoter qu’on pouvait les entendre discuter ensemble dans sa chambre. Lorsque les parents, inquiets, confinèrent Robert au grenier, une tante mourut mystérieusement et la poupée et le garçon furent de nouveau réunis. Ils furent inséparables jusqu’au mariage de Robert Eugene, dont l’épouse n’avait pas envie de partager son lit avec une poupée bizarre, et on la blâme pas. La poupée de nouveau au grenier, des bruits de pas et de rires d’enfant résonnaient souvent dans la maison.
À la mort de Robert Eugene en 1974, sa femme loua la demeure. Les locataires eurent tous des histoires plus effrayantes les unes que les autres et la poupée trouva sa place au Fort East Martello Museum, où elle se trouve encore aujourd’hui, apparemment toujours hantée. Pour l’attendrir, les employés laissent des bonbons dans la vitrine où elle est exposée. On raconte que, si vous prenez sa photo sans le lui demander préalablement, il y a de bonnes chances que votre appareil se retrouve mystérieusement endommagé.

Robert a inspiré la poupée Chucky de la franchise Child’s Play.

Isla de las Muñecas

The Island of the Dolls photos

Crédit photo: Isla de las Muñecas

Pourquoi avoir une seule poupée hantée quand on peut en avoir des milliers? Au sud de la ville de Mexico se trouve une île difficilement accessible qu’on appelle La Isla de las Muñecas, ou île des poupées, où on les retrouve par centaines. Suspendues aux arbres, à la merci des éléments, entières, décapitées ou démembrées, elles forment un tableau aussi macabre que saisissant.

Il y a longtemps Don Julian Santana Barrera, le gardien de l’île, vit une poupée flotter sur l’eau. Croyant qu’elle appartenait à une fillette s’étant noyée quelques années plus tôt, il l’accrocha à un arbre en guise d’hommage. Lorsque l’esprit de la petite se fit entendre pour lui demander de lui trouver d’autres compagnons de jeu, Don Julian commença à collectionner les poupées et à en peupler l’île. Après 50 ans de travail, il fut retrouvé mort, supposément noyé au même endroit que la petite fille.

On raconte que les poupées bougent les yeux, les bras et les jambes, et qu’on peut même les entendre chuchoter entre elles. Que ce soit vrai ou non, les touristes entretiennent la légende en amenant chaque année de nouvelles poupées pour jouer avec l’esprit de la petite dans cet étrange mausolée.


 5180a4kyNLLSi les yeux vides des poupées nous paraissent naturellement effrayants, il existe une myriade de récits dans lesquels des esprits s’entichent de choses, même les plus ordinaires. Dans son dernier livre, Haunted Stuff : Demonic Dolls, Screaming Skulls and Other Creepy Collectibles, l’auteure et enquêtrice du paranormal Stacey Graham répertorie ces cas de crânes hurlants, de poupées qui marchent ou de bijoux qui tuent. En plus des plus célèbres, comme celles racontées ici, Graham rapporte aussi des histoires lui ayant été confiées. Et si vous êtes aux prises avec un service de thé qui lévite, elle vous donne aussi des conseils pour se débarrasser de l’esprit qui le possède! L’ouvrage publié par Llewellyn est disponible en anglais seulement sur Amazon et chez Chapters Indigo.

About Elise Henripin

Boulimique de littérature et de cinéma d’horreur, Élise a collaboré à plusieurs blogues et projets consacrés à cet univers, dont Sinistre Magazine et Strange-Movies. Depuis 2014, elle est également chroniqueuse littéraire à l'émission L'étrange programme, un magazine culturel diffusé sur les ondes de TCF - La télévision communautaire de Montréal. Auteure d’un roman intitulé Soif publié en 2011, elle espère renouveler l’expérience de publication d’ici quelques années. Suivez-la sur Twitter et Instagram @ehenripin.

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