Les Affamés: une faim rassasiée

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Depuis des décennies, les fervents amateurs d’horreur du Québec se plaignent du manque de films de genres dans notre cinématographie. Ce vendredi, leurs plaintes trouveront un apaisement certain avec l’arrivée en salle de Les Affamés, le premier long-métrage québécois racontant une histoire de zombies digne de ce nom. J’ai été envoyé passer ce film à travers le filtre de Clair/Obscur afin de vérifier si l’attente en a valu la peine.

Le récit débute à la suite d’une prolifération inexpliquée de zombies dans toutes les régions du Québec. Pendant le premier acte, nous faisons connaissance avec un groupe hétéroclite de gens qui sillonne la campagne à la recherche d’un refuge. Dans l’atteinte de ce but, le groupe doit quotidiennement résister aux hordes de morts-vivants, tout en étant témoins de mystérieux comportements jamais vus auparavant chez des zombies.

Pour sa deuxième incursion dans le film de genre, le scénariste/réalisateur Robin Aubert  a gardé les choses simples dans son scénario. Il a mis l’accent sur ce que le public veut voir : des zombies et des gens qui luttent pour survivre. Il a su éviter de tomber dans le piège d’y inclure des sous-intrigues inutiles et de donner une explication sur l’origine de l’infestation de morts-vivants. Cette simplicité de la trame narrative fait en sorte que pendant une grande portion du film, on ne sait pas ce qui va arriver d’une scène à l’autre. On se demande constamment si la scène suivante sera paisible ou pleine de suspense et d’horreur. Cette imprévisibilité se transporte jusque dans la dernière minute du film tout en étant la bienvenue dans ce sous-genre du cinéma d’horreur.

Côté personnages, Les Affamés n’en manque pas. Nos protagonistes sont un groupe de huit survivants composés d’hommes et de femmes de tous âges. Ceux-ci sont campés avec aplomb par une distribution regroupant, entres autres, Marc-André Grondin, Monia Chokri et Micheline Lanctôt. Ils rendent attachants des personnages qu’il n’est pas nécessaire de surdévelopper. Ici, deux ou trois lignes de dialogues sont suffisantes pour nous faire comprendre qui est chacun d’eux. De nombreuses touches humoristiques efficaces et bien placées contribuent à notre attachement envers eux.  Malgré cette économie de temps accordé au développement des  protagonistes, certains sont de trop et n’apportent pas une contribution importante au groupe, outre que de servir de festin à nos zombies.  Les enlever du scénario n’aurait pas nui au résultat final.

De leur côté, les zombies  ne donnent pas leur place. Ils sont menaçants, imprévisibles et voraces à souhait. Comme conceptualisés dans les films de George Romero, eux aussi adoptent des comportements rappelant les habitudes qu’ils avaient en société de leur vivant, mais avec une variation originale. Chapeau à l’équipe des effets spéciaux pour avoir donné vie à ces créatures par des maquillages horrifiants et des effets gores n’ayant rien à envier aux meilleurs du genre.

Au niveau de la réalisation, Aubert reste fidèle au style qu’il a développé dans ses précédents opus. Entre les scènes de suspense et d’action dans lesquelles il se montre à l’aise, il inclut des scènes aux plans statiques et contemplatifs servant à faire reprendre leur souffle aux spectateurs. Pendant sa durée bien rythmée de 96 minutes, Les Affamés compte aussi sur une conception sonore à glacer le sang lorsque l’épouvante prend le contrôle du film.

J’ai été heureux de voir qu’Aubert n’a pas réalisé un simple clone des films de zombies offerts par tous les autres pays. Les Affamés est clairement fait dans le moule du cinéma québécois dans ses thèmes et dans sa mise en scène. Après avoir attendu pendant longtemps l’existence de notre premier film de zombies, au tour des fans d’horreur de faire l’effort de se rendre au cinéma pour voir le résultat final. Tout comme moi, vous constaterez que Micheline Lanctôt, armée d’un fusil à pompe, est la chose la plus sexy que vous verrez de votre vie.

Sébastien Bourget

About Sébastien Bourget

Scénariste, réalisateur, critique de films, concepteur de jeux vidéo et nouvellement podcaster, Sébastien est un passionné du Septième art et d’absolument tous ses genres. Toujours à la recherche de nouveaux terrains de jeu pour exprimer sa créativité et créer des histoires, il s’aventure également dans la l’écriture de nouvelles littéraires et la création de jeux vidéo.

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