Laurie Pronovost: une artiste polymorphe du Dark art

Laurie Pronovost horreur art

Laurie Pronovost dessinait des créatures aux allures étranges, pendant que les autres enfants dessinaient des maisons et des soleils. Elle aimait surtout s’inspirer de ce que les autres avaient tendance à trouver répugnant. Comme les insectes, ou les poissons des abysses. Elle passait des heures à gribouiller dans ses cahiers, créant ainsi des multitudes de visages, tous plus inquiétants les uns que les autres. Entretien avec une artiste polyvalente, fascinée par l’univers de l’horreur et de l’étrange.

Laurie Pronovost s’intéresse d’abord au dessin, avant d’explorer l’art visuel sous de multiples formes. En effet, l’artiste est une véritable touche-à-tout dans son domaine; et elle peut parfois s’improviser couturière, coiffeuse, maquilleuse ou électricienne, lorsque le projet artistique dans lequel elle s’est lancée s’y prête.

Poisson des abysses Laurie Pronovost

Poisson des abysses, 2010

 

Une exploration de l’art à travers l’abstrait

Interrogée au sujet de son cheminement artistique, Laurie Pronovost nous explique qu’elle a d’abord commencé à peindre en réalisant des œuvres abstraites. Elle a fait sa première exposition très jeune, vers l’âge de dix-sept ans.  »C’était une série de peintures abstraites, à l’acrylique, rappelant l’univers, les galaxies et les planètes. Ça m’a permis de faire une bonne étude des couleurs, des textures et de me familiariser avec le médium. »

Ensuite, sa passion pour l’horreur et la fête de l’Halloween inspirent rapidement son œuvre.

«J’ai toujours eu un penchant pour ces personnages qui nous troublent …»

Elle se dirige donc vers l’art figuratif.

Laurie Pronovost art

 

Une habile surperposition des couleurs

 Lorsque j’ai demandé à Laurie Pronovost de nous parler de ses étapes de création, elle a tout de suite souligné l’importance des détails.  »Je commence par faire mon dessin et je ne néglige pas les détails, c’est tellement intense que parfois les gens me trouvent un peu folle de mettre de la peinture par-dessus. »

Au moment d’ajouter la couleur, l’artiste travaille toujours de façon à pouvoir peaufiner au maximum les détails de son œuvre.  »Je travaille avec l’acrylique, parce-que j’aime sa polyvalence. Je peux la diluer, de sorte que je ne perds jamais mes repères. Je superpose plusieurs couches de peinture, jusqu’à ce que la couleur me semble assez pigmentée; ce qui me permet de peaufiner les détails. »

Des créations 100% originales à venir…

Laurie Pronovost a réalisé de nombreuses reproductions, inspirées de ses films d’horreur préférés. Elle crée aussi des maquillages d’horreur, depuis plusieurs années. Ce cheminement l’emmène aujourd’hui à vouloir peindre ses toutes premières œuvres  originales.  » Je me sens maintenant plus à l’aise pour inventer mes prochains tableaux. C’est dans cette veine que je voudrais m’enligner dans le futur.  »

Laurie Pronovost Qu'est-il arrivé a baby jane

Qu’est -il arrivé à baby Jane? Acrylique, 2014

La grande mascarade de l’horreur

 À chaque année, Laurie Pronovost participe au Sageek, une convention et une célébration qui rend honneur à la culture geek au Saguenay, dans le cadre de la mascarade de cosplay. Car elle réalise aussi des maquillages d’effets spéciaux. Lors de l’édition 2017 du festival, elle a remporté tous les prix; et ce dans toutes les catégories confondues.

Sageek Laurie Pronovost

                                 Sageek, 2017

Le thermoplastique polymorphe: une matière aux possibilités multiples

 Quand elle crée ses personnages, l’artiste use de toutes les ressources imaginables afin de les perfectionner. C’est ainsi qu’elle a commencé à fabriquer ses propres dentiers, afin de parfaire toujours plus ses créations.  »J’ai fais beaucoup d’essais et d’erreurs, et ce avec différentes matières. Au niveau du maquillage, cela s’avère souvent très couteux. Le plastique polymorphe est plus abordable, et ça fait donc moins mal au cœur, lorsque l’on manque notre coup. Ce sont de minuscules billes de plastique que je fais fondre dans l’eau bouillante. La texture ressemble à celle d’un chewing-gum, que je viens appliquer sur les dents. Je peux ensuite façonner la matière à ma guise. Avec beaucoup d’ajustements, de patience et de temps à perdre…j’obtiens finalement un dentier! » 

Le Dark art : ou l’art de confronter le public à ses propres peurs

Laurie Pronovost a toujours eu un penchant pour l’horreur et pour l’étrange; j’ai donc voulu savoir ce qui l’allumait le plus, dans cet univers.  »Ce qui m’anime, quand je regarde un film, une peinture ou un maquillage; c’est que l’oeuvre puisse nous faire vivre un bref instant d’angoisse, nous confronter à nos propres peurs. »

Laurie Pronovost art 2

On peut suivre le travail de Laurie sur sa page Facebook 

Et la joindre par courriel au lory.artiste@gmail.com

Geneviève Sénécal

About Geneviève Sénécal

Geneviève Sénécal est une artiste autodidacte, vivant dans Lanaudière. Après avoir touché au théâtre, à la peinture et au film; elle devient étudiante en arts et lettres. Mais elle choisit d'interrompre ses études, pour se consacrer à l'écriture de romans noirs.

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