La petite fille qui aimait Stephen King: critique

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petite-fille-qui-aimait-stephen-kingCe livre était passé sous notre radar, mais mieux vaut tard que jamais! Blâmons le classement parfois étrange des romans québécois qui, s’ils ne correspondent pas clairement aux standards de la science-fiction ou encore d’un policier, finissent dans la vaste catégorie «littérature québécoise». En ce sens,  La Petite fille qui aimait Stephen King est un ovni qui a dû donner des maux de tête aux libraires. Disons simplement qu’il s’agit d’un thriller psychologique avec un fort penchant vers l’horreur.

Justement, l’auteur, Claudine Dumont, adore les romans d’horreur, en particulier ceux de Stephen King. Une passion qu’elle a donnée à Émilie, la petite sœur de Julie, les personnages autour desquels tourne l’intrigue. Étant une autiste de haut niveau, Émilie est différente et n’a pas les mêmes besoins que tous les autres enfants. Personne n’est meilleur que sa sœur pour la comprendre et gérer ses crises. Jusqu’à ce qu’Émilie tombe dans un trou noir pour en ressortir sous le choc, catatonique. Émilie se met alors à changer. Elle est toujours différente, mais différente autrement, d’une horrible façon.

Commence alors un cauchemar constant pour les deux sœurs : Émilie souffre de mauvais rêves et n’est plus capable de manger alors que Julie ressent la douleur de la séparation, la rupture de leur belle complicité. La grande sœur se donnera donc corps et âme  ̶ et cette expression peut être prise au pied de la lettre dans ce cas-ci  ̶ jusqu’à se mettre en danger, pour sauver sa petite sœur. En dire plus serais gâcher le plaisir, mais ajoutons simplement qu’il sera question d’automutilation, de terreur nocturne, d’insectes grouillants et de cannibalisme!

La relation fusionnelle qu’éprouvent les deux sœurs aux parents pas tout à fait présents constitue la pierre angulaire de ce récit. Il y a d’ailleurs très peu de protagonistes autour d’elles et ceux-ci sont très peu développés. Cela donne un effet de huit clos, car Julie et Émilie semblent enfermées seules dans leur propre enfer. Avec La Petite fille qui aimait Stephen King, Claudine Dumont met  à l’épreuve le lien d’amour qui unit les sœurs et démontre, en un crescendo bien calculé et efficace, qu’il peut aller au-delà de toute logique.

Amoureux de la tension littéraire, amateurs de frissons qui parcourent sournoisement le dos, laissez-vous donc aller dans la lecture de ce court roman à la finale surprenante. Écrit dans un style percutant, sans flaflas et autres fioritures de style inutiles, il se lit aisément «d’une seule traite»! De plus, vous pourrez vous amuser à dénicher les 13 clins d’œil aux romans de Stephen King que l’auteur a dissimulés un peu partout. Attention, seuls les experts sauront tous les repérer!

anne marie bouthillier

Anne-Marie Bouthillier

About Anne-Marie Bouthillier

Lectrice insatiable passionnée par l’écriture, détentrice d'un baccalauréat par cumul (création littéraire, français écrit et rédaction) et a forgé ses premières armes de rédactrice chez le magazine Québec Érotique et le site Canoë. Fan d’horreur et nourrissant une forte curiosité pour tout ce qui est bizarre, Anne-Marie a publié des nouvelles dans Horrifique, Souffle d’Éden et Clair/Obscur.

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