Krampus: le diable de Noël.

Krampus

Dans le folklore germanique, et particulièrement dans les Alpes, Krampus est ce personnage sinistre aux allures de démon qui accompagne Saint-Nicolas lors de sa ronde le 6 décembre. Avec ses longues cornes, sa langue pendante et son corps couvert de poils, son nom vient du haut-allemand Krampe, qui signifie « griffes ». Alors que Saint-Nicolas récompense les enfants gentils en distribuant des cadeaux, Krampus les punit. Sauf qu’il ne fait pas que leur remettre du charbon: il les fouette avec des chaînes ou une cravache avant de les enfourner dans son panier, pour les ramener dans son antre. Krampus ne fait pas les choses à moitié!

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Crédit photo: Monte Beauchamp

Les origines de la créature sont imprécises, mais de nombreux folkloristes s’entendent pour dire qu’il serait un héritage du paganisme pré-chrétien de la culture alpine. Son apparence se rattache beaucoup à celle du Dieu cornu, soit le partenaire de la Déesse mère dans les religions paganes duothéistes. Les cornes ont effectivement un symbole phallique. Les chaînes, pour leur part, pourraient être un ajout de l’iconographie chrétienne. Selon le site krampus.com, certaines communautés européennes  célébraient déjà le solstice d’hiver il y a des dizaines de milliers d’années en se déguisant en créatures sauvages et en monstres anthropomorhiques pour faire la fête en allant de maison en maison- une tradition qui, chez nous, se rapproche plus de l’Halloween que de Noël!

Krampus Noel

Crédit photo: Sean Gallup

 La veille de la Saint-Nicolas, on célèbre Krampusnacht en Autriche, en Italie du Nord et dans quelques régions d’Europe de l’Est.  Les rues prennent des allures de carnaval dans lesquelles les participants costumés, surtout des hommes, participent à la Krampuslauf, un défilé…pour lequel ils sont souvent saouls. Traditionnellement, les participants ont pour mission d’effrayer les femmes et les enfants. L’évènement est de plus en plus populaire. Em 2014, par exemple, il y en a eu dans plusieurs villes des États-Unis comme Philadelphie, Washington et San Francisco. Au Canada, le diable de Noël se fait timide: on se croise les doigts en espérant le voir hanter nos rues dans les années à venir…

Bien sûr, il n’y a pas que Krampus pour punir les enfants. Vous connaissez sans doute vaguement le Père Fouettard, ce personnage sinistre aux allures de vagabond qui assiste Saint-Nicolas dans sa ronde pour distribuer des coups de martinets aux plus tannants (rassurez-vous, pour faire plus politically correct, le Père Fouettard distribue plutôt du charbon ou des betteraves de nos jours!). On retrouve des personnages semblables à l’extérieur du continent européen, en des lieux où Noël n’est traditionnellement pas fêté. Au nord du Japon, par exemple, lors des célébrations du nouvel an, les nahamages, des démons à tête immense, visitent les maisons pour menacer les enfants de les amener avec eux s’ils ne sont pas sages.

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Crédit photo: Monte Beauchamp

Les Européens échangent depuis le dix-neuvième siècle des cartes nommées Krampuskarten, qui représentent des Krampus terrifiants et portent souvent l’inscription « Grüß Vom Krampus« , ou « Bons souhaits de Krampus ». Plusieurs de ces cartes ont toutefois un contenu lubrique difficile à ignorer: on le voit souvent séduire des jeunes femmes, ou encore les entrainer de force avec lui. Curieusement, la popularité du personnage a beaucoup augmenté au cours des dernières années. Dans un épisode de la série télévisée Supernatural, les frères Winchester le soupçonne même de quelques méfaits!  Un ouvrage de Monte Beauchamp paru en 2010 réunit notamment 180 cartes postales qui datent toutes d’avant la Première Guerre Mondiale. Il y aussi plus de produits dérivés du démon de Noël que jamais. Que diriez-vous d’une flasque, d’une poupée ou d’un savon? On risque de voir encore plus de Krampus dans les années à suivre…

KrampusToute l’équipe de Clair/Obscur vous souhaite de joyeuses Fêtes!

 

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About Elise Henripin

Boulimique de littérature et de cinéma d’horreur, Élise a collaboré à plusieurs blogues et projets consacrés à cet univers, dont Sinistre Magazine et Strange-Movies. Depuis 2014, elle est également chroniqueuse littéraire à l'émission L'étrange programme, un magazine culturel diffusé sur les ondes de TCF - La télévision communautaire de Montréal. Auteure d’un roman intitulé Soif publié en 2011, elle espère renouveler l’expérience de publication d’ici quelques années. Suivez-la sur Twitter et Instagram @ehenripin.

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