Julie Salkowski: quand l’art part de soi

Julie Salkowski artiste québécoise québec

Artiste peintre de talent, Julie Salkowski propose une approche personnelle de la création. Par leur finesse et leur grande portée symbolique, ses œuvres touchent la sensibilité du spectateur. La peintre y dévoile son intériorité derrière une iconographie riche de sens et diversifiée. Portrait d’une artiste à la démarche authentique et très inspirante.

creepypasta julie salkowski

« Creepypasta », 8″ X 8″, acrylique sur toile, 2016

L’apport de l’art graphique à la peinture

julie salkowski my burning heart

« My burning heart », 11″ X 14″, acrylique sur toile, 2017

Pour commencer, après un diplôme collégial en arts, Julie Salkowski a entrepris une technique en graphisme. Les compétences qu’elle a acquises durant ces secondes études ont influencé considérablement son rapport à la création. Elle m’a confié que cette expérience l’a rendue plus réceptive à la critique. « Quand j’ai obtenu mon diplôme en arts, il y a une vingtaine d’années, je n’étais pas prête à affronter le regard des autres face à mes œuvres et je n’osais pas vraiment exposer ». En raison du fort attachement qui la reliait auparavant à ses créations, le moindre avis pouvait représenter une source d’épuisement émotionnel. Cela dit, son travail en tant que graphiste l’a emmenée à développer une distance professionnelle vis-à-vis ses réalisations artistiques.

Aujourd’hui, Julie Salkowski évalue de manière beaucoup plus objective les commentaires qui lui sont adressés. Ce changement lui permet de repenser et d’améliorer la qualité de ses œuvres. Elle affirme même rechercher activement un avis extérieur lorsqu’elle est en cours de production. « Quand on passe un certain temps devant son travail, certains détails finissent par nous échapper. Un regard neuf est le bienvenu ». Elle profite également de ses nombreuses expositions pour interagir avec le public. « Non seulement le partage de connaissances est extrêmement enrichissant, c’est aussi fascinant de voir la perception et la diversité d’interprétation pour chaque œuvre », soutient-elle.

En ce qui touche plus précisément l’appart de l’art graphique à la composition plastique de ses tableaux, elle s’amuse à faire des rapprochements entre la peinture et l’utilisation du logiciel Photoshop, en organisant en calque dans sa tête chacune de ses œuvres lors de leur réalisation.

L’utilisation du monochrome

julie salkowski poupée rouge

« Poupée rouge », 16″ X 16″, acrylique sur toile, 2013

Remarquant une récurrence de tons monochromes dans plusieurs de ses œuvres, je lui ai ensuite demandé quelles émotions elle associe à ce choix chromatique. En raison de son aisance à composer avec le noir et le blanc, Julie Salkowski a décidé cette année d’exploiter au maximum la palette de gris pour ses jeux d’ombre et de lumière qu’elle souhaite prononcés et dramatiques. « Je trouve que l’utilisation de tons monochromes est remplie de possibilités et très versatile, et j’aime jouer avec les contrastes. Je peux exprimer tristesse, nostalgie, terreur, humour, sérénité ou espoir ». Toutefois, lorsque le sujet ou l’image qui lui vient en tête l’exige, elle a recours à de la couleur. « C’est le tableau qui décide, dit-elle, il prend vie de lui-même. »

Une iconographie réinventée

Bien que les symboles qui se retrouvent dans ses tableaux évoquent l’univers de la magie, de la spiritualité, de la fantaisie et tantôt de la science-fiction, Julie Salkowski leur associe des significations personnelles et bien particulières. Chez elle, les chats deviennent les « maîtres du monde ». L’artiste se décrit avec humour comme « une authentique folle aux chats », se servant de ses propres amis félins comme modèles pour ses tableaux. De plus, l’étoile symbolise l’espoir, et dans sa forme inversée la rébellion. La poupée quant à elle représente le non-dit, ce qui ne peut être exprimé et les émotions figées dans l’immobilité. Enfin, l’extra-terrestre renvoie à « la peur de la différence et de l’autre ».

julie salkowski j'ai peur de toi

« J’ai peur de toi t’as peur de moi », 18″ X 24″, acrylique sur toile, 2017

À juste titre puisque dans son œuvre « J’ai peur de toi t’as peur de moi », Julie Salkowski met de l’avant les manifestations de cette peur qui, selon elle, « éclipse le meilleur de nous-mêmes ». Grande fan des X-Files, son choix s’est naturellement arrêté sur l’extra-terrestre, car étant jeune et vivant à la campagne, elle était terrifiée à l’idée d’en rencontrer.

Malgré le message éthique pouvant se dégager de cette toile, sa réalisation s’est révélée très amusante pour Julie Salkowski et ses proches. Elle en parle en ses mots : « J’ai demandé à mon mari et à ma nièce de me servir de modèles pour ma photo de référence, que j’utilise surtout pour le positionnement de l’éclairage. Ça a donné une photo absolument hilarante ! J’avais envie de représenter la peur de l’autre de façon humoristique, et j’ai définitivement eu beaucoup de plaisir à faire ce tableau. »

Des rencontres inspirantes

Par ailleurs, même si les rencontres du troisième type se font plutôt rares en ville, la sphère artistique qui gravite autour de Julie Salkowski foisonne de personnalités toutes plus inspirantes les unes que les autres. L’artiste parle de la flamme créatrice comme d’un état d’esprit contagieux. Par ses contacts et ses échanges avec d’autres artistes, son imagination n’en est que décuplée. « Quand je vois la créativité et le talent des gens que je côtoie, ça m’encourage à continuer et à pousser plus loin mon travail. J’ai le privilège d’être très bien entourée. »

Retomber sur ses quatre pattes

julie salkowski deuil animalier

« Deuil animalier », 12″ X 16″, acrylique sur toile, 2013

Toutefois, au cours de sa carrière artistique, Julie Salkowski a connu un long moment d’arrêt. Quand je l’ai questionnée à propos des raisons qui l’ont motivée à reprendre sa pratique, elle m’a répondu que peindre lui permet surtout de maintenir un bon équilibre mental en exprimant certaines choses qu’elle ne peut pas verbaliser. « Quand j’ai recommencé à peindre, je traversais une période vraiment difficile et j’avais besoin d’extérioriser mes pensées, car je sentais que j’allais exploser ! Ça m’a fait tellement de bien que je me suis dit que je serais bien folle de ne pas continuer. Les bénéfices sont trop grands ! Je pars parfois dans de grosses séances d’analyse en cours de production, et quand je termine un tableau je me sens plus légère », m’a-t-elle confié.

En terminant, Julie Salkowski prévoit de poursuivre ses séries en cours, entre autres celle portant sur le thème du travail. Ne pratiquant presque plus le métier de graphiste, elle se consacre plutôt à l’avancement de ses projets personnels. Elle aimerait éventuellement participer à l’Artfest à Toronto ou aller faire connaître son travail en Europe.

Si vous désirez en savoir plus sur ses créations et ses réalisations, rendez-vous au sur son site web, sur Instagram, sur Facebook ou encore sur Artblr .Vous pouvez également lui écrire à l’adresse courriel suivante : info@juliesalkowski.com

Elisabeth Otis

About Elisabeth Otis

Née à Montréal en 1992, Élisabeth S. Otis se passionne pour les films d’épouvante et la culture underground. Adolescente, elle découvre les romans d’Anne Rice qui marque son entrée dans la littérature de genre. La lecture devient son repaire, l’écriture et la peinture son exutoire. Au cégep, elle développe un grand intérêt pour l’écriture journalistique et engagée. Elle termine son baccalauréat en études littéraires à l’UQAM dans lequel elle se spécialise en création. Parallèlement, elle expose ses œuvres et participe à différents évènements culturels. http://www.facebook.com/eliepeintre/

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