Guide de survie d’invasion… de jeux de société d’horreur

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Bienvenue dans cette conclusion épique de la trilogie d’introduction du merveilleux monde des jeux de société. Pour terminer, je vais vous parler du cœur et de l’âme des jeux de société d’horreur : leur mécanique et leur thématique.

Quel est l’élément le plus important d’un jeu de société? La mécanique ou la thématique? Cette question est souvent débattue par les membres de la communauté du jeu de société. Pour moi, ce débat à la même valeur que celui entre deux amateurs de hot dog à savoir ce qu’il y a de meilleur entre la relish et le ketchup. C’est purement une question de goût.  Sachant cela, que devons-nous faire pour choisir un jeu sur les étagères du magasin et faire un bon achat? Il faut s’assurer que les mécaniques nous conviennent et que le thème voulu soit respecté.

Guide des mécaniques pour vous aider à faire un bon choix.

La mécanique, c’est le cœur du jeu. Sans une mécanique fluide, intuitive et amusante, un jeu peut rapidement devenir un casse-tête incompréhensible. Il faut donc s’assurer que la mécanique  concorde avec nos goûts, mais également avec les gens qui vont y jouer. Il serait dommage d’acheter un jeu que vous adorez, mais qui n’enchante pas votre entourage. Avec cette liste, vous pourrez connaître les mécaniques majeures que l’on retrouve dans les jeux d’horreur.

Coopération : Cette mécanique est de plus en plus rependue et populaire. Elle consiste tout simplement à travailler en groupe contre le jeu lui-même. Ce genre est très pratique pour les joueurs qui ne sont pas très compétitifs ou qui débutent dans le domaine. Il existe des jeux semi-coopératifs, mais la grande majorité d’entre eux sont souvent mi-figue, mi-raisin.

Traître : La mécanique du traître est directement liée aux jeux de coopération. Dans ce type de partie, un traître dans les rangs du groupe va secrètement s’efforcer à faire échouer la partie tandis que les joueurs loyaux vont tenter de débusquer le traître.

Points d’actions : Ce genre permet aux joueurs de sélectionner et faire leurs actions sans l’intervention du hasard. Par exemple, plutôt que de lancer des dés pour se déplacer, un nombre de points de mouvement est alloué par tour.

Résolution avec dés : Ceci oblige le joueur à résoudre certaines ou la totalité des actions entreprises un ou des dés. Cela crée une incertitude et inclut automatiquement le hasard dans le jeu.

Résolution avec cartes : souvent utilisée dans les combats, cette mécanique demande d’utiliser une carte de la main du joueur pour compléter une action. Elle permet de mieux contrôler le hasard pour les gens moins férus de chance.

Gestion de main : Comme le nom l’indique, la gestion de main demande au joueur de contrôler les cartes qu’il possède soit pour s’en débarrasser, sois pour les utiliser aux moments opportuns.

Gestion de temps : Les jeux qui demandent une gestion de temps sont souvent des courses contre la montre en temps réel, accompagné d’un sablier, ou intégré dans le jeu sous forme de compte à rebours qui se réduit à chaque tour de jeu.

Déduction sociale : Cette mécanique demande une grande participation des joueurs. Souvent, ils devront à discuter longuement pour prendre des décisions qui les amèneront à une conclusion. Ce style est souvent couplé à la mécanique de traître et requiert souvent un grand nombre de joueurs. Parfait pour les partys de Noel!

Deck building : Le deck building n’est pas un jeu axé sur la construction de patio. C’est un genre où les joueurs possèdent au début de la partie une main de cartes identique aux autres joueurs. Avec ces cartes, les joueurs vont en acheter d’autres pour rendre leur jeu unique et  utiliser ces nouvelles cartes pour vaincre un ou des adversaires.

Actions en simultané : L’action cachée est une mécanique bien simple, chaque joueur va de façon simultanée choisir une action et la révéler aux autres joueurs.

Mouvement caché : Ces mouvements se font de façon à ce que vos adversaires ne sachent pas où vous êtes alors que ces derniers tentent de vous trouver. Cette mécanique peut ouvrir la porte aux tricheurs, soyez averti!

Contrôle de zone : Ce style demande aux joueurs de contrôler certaines sections du plateau, soit en étant l’unique joueur ou parfois en possédant une majorité sur la zone. Cette mécanique est souvent surnommée la mécanique Risk.

Yahtzee : Cette mécanique tire son nom du jeu qu’il l’a rendu populaire. Ces jeux demandent aux joueurs de lancer un nombre de dés pour créer des suites ou des symboles identiques pour ensuite prendre effet dans le jeu.

Vote : Un peu comme dans la vraie vie, les jeux peuvent nous appeler à voter. La différence? Dans les jeux on constate un réel impact de son vote!

Il existe d’autres mécaniques dans les jeux de société moderne, mais elles ont souvent un impact plus mineur dans le jeu. Si vous êtes toujours avec moi, félicitations et merci! Nous passons maintenant à la pièce de résistance, la raison pour laquelle vous êtes ici : la thématique!

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Exploration de la thématique d’horreur dans les jeux de société

Dans le domaine de l’horreur, la thématique peut être très variée, mais concernant le médium du jeu de société, elle est aujourd’hui encore limitée. Présentement, les zombies dominent largement la section horreur des tablettes de jeu de société. Les plateformes de sociofinancement pullulent de ce style, alors que les éditeurs semblent maintenant se distancer de ce style usé à la corde. Non loin derrière, dormant dans les profondeurs de R’lyeh, Cthulhu cherche un moyen de ravir le trône aux zombies. Effectivement, la mythologie lovecraftienne est très présente sur les tablettes de jeux, fièrement représentée par Cthulhu. Tristement, peu d’auteurs mettent l’emphase sur les quatre autres Grands Anciens. À quand un jeu complètement dédié à Shub-Niggurath? Venant très loin derrière, le folklore occidental prend la troisième position, c’est-à-dire les mythes du vampire, du loup-garou, des sorcières et j’en passe. Finalement, sur la tablette du haut, entre le gros sac de farine et le pot de mélasse, tous les autres thèmes se battent pour un peu de visibilité. Le sci-fi horror, les tueurs en série et le post-apocalyptique (qui ne parle pas de zombies!) tentent de ne pas se faire oublier. Voici de façon plus détaillée ce qu’on peut retrouver comme jeux dans ces 4 grandes familles.

jeu société Carnaval zombieZombies : Dans le vaste univers des zombies, la pourriture règne. De tous les thèmes d’horreur, c’est celui qui est le plus ennuyeux à mon humble avis. La grande majorité de ces jeux ont une recette bien simple : un groupe de survivant tente de s’équiper et de combattre des hordes sans fin de zombies. Le pire dans tout cela, c’est qu’il semble que les gens ne s’en lassent pas! Dans cette catégorie nous retrouvons Zombicide et son petit frère Black Plague, City et Mall of Horror, Carnival Zombie, Zombie!!!, Last Night on Earth : the Zombie Game, Run, fight or die et cela sans compter les jeux basés sur la série The Walking Dead. Heureusement, pour sauver l’honneur des zombies, il y a le jeu Dead of Winter. Les auteurs de ce jeu ont compris que pour avoir un bon jeu de zombie, il faut aller au-delà d’une bande de marcheurs assoiffés de cerveau. C’est la relation entre les joueurs et les personnages qu’ils incarnent qui fait la force de ce jeu et relais les zombies à une menace secondaire. Après tout, une fois bien établie dans une colonie aux murs solides,  qu’est-ce qui pourrait bien arriver aux survivants?

Cthulhu realms jeuLe Mythe de Lovecraft : Ce qu’il y a de particulier avec tout ce qui entoure l’œuvre de Lovecraft et le jeu de société est qu’il se retrouve aux deux extrêmes. Sois nous avons des jeux très profond, engageant et avec une ambiance très développée ou nous avons des jeux satirique, humoristique et très léger!  Dans la première catégorie, nous retrouvons un des pères fondateurs dans le genre : Arkham Horror.  Tel un grand-père, malgré son âge avancé, qu’il ne soit plus tout à fait dans le coup et que ça grince un peu de partout, nous continuons de le sortir pour lui dégourdir les jambes, car dans le fond, nous respectons et aimons cet aîné. Arkham a eu plusieurs rejetons, dont son fils prodige, Eldritch Horror. Ce dernier se démarque par sa capacité à être engageant tout en ayant un système de jeu très simple, quoiqu’intimidant! Il y a également la maison de l’épouvante qui est un excellent jeu du genre. Cthulhu Wars, de son côté, permet de sauter la clôture et d’incarner un des antagonistes de l’univers de Lovecraft! Si nous passons dans la seconde catégorie, nous tombons dans des jeux ou l’univers de Lovecraft prend une tangente inattendue avec un look cartoon et rigolo. Ces jeux ont tout de même la capacité de nous divertir, et même de devenir des favoris, comme Cthulhu Realms. Ce jeu possède une thématique très lovecraftienne, mais présente un design qui rappelle Scooby Doo : sombre, mais jamais pris au sérieux. Dans la même catégorie, nous trouvons Smash Up : the Obligatory Cthulhu set et l’infâme the Doom of Atlantic City! (Je vous invite à lire sur l’histoire derrière ce jeu, car il est la preuve vivante que la fraude et le sociofinancement cohabitent malheureusement.)

LoupsGarousDeThiercelieux_large01 jeu société horreurLe Folklore : l’univers du folklore occidental, où nous retrouvons vampire et loup-garou, demeure un genre encore marginal. Alors que les jeux de rôle et les jeux vidéo ont une popularité très respectable, le jeu de société n’a toujours pas exploité le thème de façon régulière. Le seul jeu qui se démarque depuis toujours est le célèbre Fury of Dracula, un incontournable dans le monde des jeux. Il en est à sa troisième édition, ce qui représente un exploit en soi. Le seul autre jeu qui a une grande popularité est Les Loups-Garous de Thiercellieux, ce jeu de groupe ou un loup-garou tente de tuer les villageois, alors que de leur côté, ces mêmes villageois tentent de débusquer le loup-garou. Au-delà de ces deux jeux, certains ont tenté de percer avec un succès mitigé. Nightfall a eu un succès relatif, mais sa thématique chaotique l’a plus nui qu’aidé. Du côté des jeux de cartes dans l’univers des franchises loup-garou, l’Apocalypse et Vampire, la mascarade ont survécu tant bien que mal, mais entre la réussite modérée du genre et la perte de popularité des jeux de cartes de type CCG, ces jeux ont rapidement été abandonnés. Hecatomb fut la dernière tentative de WIzard of the Coast de percer l’industrie avec un jeu de cartes d’horreur et sa performance fut tout aussi moyenne. Autres que les vampires et les loups-garous, nous avons les sorcières qui tentent de percer l’industrie, en utilisant principalement le thème de Salem. N’ayant joué à aucun de ces jeux, il m’est difficile de juger pour le moment.

Le reste : Ici, le choix est vaste, subjectif et discutable. Est-ce de l’horreur ou pas? À vous de juger, mais voici trois exemples de jeux au style unique qui ont une saveur d’horreur qui, avec le temps, pourrait devenir plus populaire.

Level  7 Escape : Dans ce jeu, vous incarnez des civils kidnappés par une société menant des expérimentations sur les humains. Vous vous réveillez suite à une défaillance technique et tentez de fuir alors que la station de recherche semble attaquée par des entités inconnues.

time stories jeux société horreurT.I.M.E Stories : Ce jeu fut une révélation pour moi. C’est en quelque sorte un livre dont vous êtes le héros. Vous incarnez des voyageurs temporels qui doivent fermer des failles dans le temps. Jusque-là, pas très terrifiant. Par contre, dans le premier scénario, vous êtes propulsé en 1921 dans un asile, dans les corps de leurs occupants. Entre vos problèmes soudains de syndrome post-traumatique et votre mission d’empêcher sur un rituel occulte, la thématique horreur ressort rapidement. De plus, le second volet du jeu vous plonge dans une invasion de zombies lors des années 90.

Gloom : Dans ce petit jeu de cartes, vous incarnez une famille qui tente d’être la plus malheureuse et de mourir dans les circonstances les plus tragiques. Ce jeu a clairement une saveur à la Adam’s Family. Ce qui est bien avec ce jeu, c’est que c’est les joueurs qui racontent l’effet de leurs cartes, ce qui crée des histoires plus horribles les unes que les autres. Par contre, jouer avec des joueurs sans imagination peut faire mal au jeu.

C’est ainsi que se termine ma trilogie d’introduction aux jeux de société horrifiques. J’espère que cela vous a plu autant que j’ai eu de plaisir à les écrire. Les deux tops 5 que je vous ai promis seront disponibles très bientôt. Pour la suite des choses, je vous prépare un survol des jeux qui vont sortir cette année ainsi que mes premières critiques officielles.

– Un article de Gab le Felon

Si vous avez des commentaires, des suggestions, des demandes  ou des insultes, je me ferai un plaisir de vous répondre simplement en m’écrivant à l’adresse suivante : Gratlahad@hotmail.com.

 

Gabriel «Gab le felon» Valiquette

About Gabriel «Gab le felon» Valiquette

Gabriel ‘’le félon’’ Valiquette, né en 1983, a été initié aux jeux de société à son plus jeune âge. Avec le temps, il est devenu un expert autodidacte en jeux de société, il en possède d’ailleurs une impressionnante collection qu'il agrandit régulièrement.

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