Films à glacer le sang

Nicholson shining

Ah, l’hiver. Pour ne pas trop déprimer quand untel nous montre ses photos de vacances en Jamaïque et que les films américains nous présentent des personnages en shorts qui se baladent sous des palmiers, rien de mieux que des films où il y a de la neige, de la glace et du sang. Même à -30, ces personnages l’ont beaucoup plus dur que nous!

Voici, sans ordre particulier, une série de films d’horreur où le baromètre est sous zéro, et à écouter enveloppé dans une grosse douillette.

Cold Prey [Frit viltt]. 2006. Horreur de Roar Uthaug avec Ingrid Bolsø Berdal, Rolf Kristian Larsen et Tomas Alf Larsen. Norvège.

Cold Prey ne réinvente certainement pas la roue, mais il nous fait tout de même passer un bon moment. Le groupe de jeunes en voyage de ski est composé selon les règles de l’art: un couple qui n’arrête pas de se minoucher, mais dont la fille ne se sent pas prête à perdre sa virginité; un couple sain et équilibré, mais pour lequel la final girl n’est pas certaine de trop vouloir s’investir; un ami un peu niaiseux qu’on ne comprend pas trop ce qu’il fait là. Bien sûr, c’est lui qui se cassera la jambe au milieu de nulle part, forçant les autres à trouver refuge dans un hôtel abandonné où rôde un sadique en habit de ski armé d’une pioche…

: Jotunheimen, Norvège.

Le danger: Un tueur pas content qui vit seul dans un hôtel abandonné au milieu de nulle part depuis trop longtemps.

Bonus: Des jeunes adultes qui font du necking.

Wind Chill. 2007. Horreur de Gregory Jacobs avec Emily Blunt, Ashton Holmes et Martin Donovan. Angleterre et États-Unis.

Méconnu, Wind Chill met pourtant en scène Emily Blunt (Edge of Tomorrow, The Young Victoria, Looper), qui livre une performance forte auprès de l’attachant Ashton Holmes (A History of Violence). Une étudiante au caractère difficile fait du covoiturage avec un garçon qui a le béguin pour elle quand la voiture fait une violente embardée sur un bout de route hanté. Même si son mystère peut être difficile à percer, Wind Chill déploie une intrigue intelligente et habilement menée par des acteurs de talent.

: Delaware, États-Unis.

Le danger: Hypothermie, isolation, esprit meurtrier et moines épeurants.

Bonus: Emily Blunt qui se vernit les ongles d’orteils sur le dashboard.

Frozen. 2010. Drame de Adam Green avec Shawn Asmore, Emma Bell et Kevin Zegers. États-Unis.

Trois ans avant le Disney dont on a tous entendu parler, Adam Green (Hatchet) présentait son thriller indie . Ici, pas de princesse, de reine ou de bonhomme de neige, mais plutôt trois amis oubliés sur un télésiège à la fermeture d’une station de ski pour une semaine.  Malgré des dialogues parfois faibles et des performances un peu retenues, Frozen s’avère un thriller correct au huis clos étouffant, qui communique très bien la détresse de ses personnages- et nous donne une raison de plus d’avoir peur des télésièges.

: Nouvelle-Angleterre, États-Unis.

Le danger: Hypothermie, meute de loups, employés négligeants, envie de pipi et douchebags.

Bonus: L’ironie que l’un des  personnages principaux soit joué par Shawn Ashmore, qui incarne Iceman dans la franchise X-Men.

Ginger Snaps Back: The Beginning. Horreur de Grant Harvey avec Katharine Isabelle, Emily Perkins et JR Bourne.Canada.

Il existe trois films à la franchise Ginger Snaps, et aucune suite n’a été réalisée par le directeur original, John Fawcett, qui avait révélé Katharine Isabelle dans son long-métrage sanglant et hilarant, rapidement iconique, un réconfort pour tous les ados déprimés et une brillante métaphore de l’adolescence au féminin. Sans être mauvais, Ginger Snaps Back… manque l’humour qui nous avait d’abord accroché. Il faut toutefois souligner la direction artistique soignée et le souci des costumes et maquillage de cette préquelle, qui présente les sources de la malédiction des soeurs Fritzgerald à partir de leurs ancêtres dans le Canada du dix-neuvième siècle.

: Canada.

Le danger: Loups-garous, religieux zélés, machos dégueus du dix-neuvième siècle.

Bonus: Le duo Isabelle/Perkins, le « tabarnak! » bien senti du personnage joué par David La Haye et un Amérindien mystérieux sexé (et cliché, mais bon).

30 Days of Night. 2007. Horreur de David Slade avec Josh Hartnett, Melissa George et Danny Huston. États-Unis.

Une adaptation des BD écrites par Steve Niles et illustrée par Ben Templesmith, ce film produit par Sam Raimi se déroule lors de l’équinoxe d’hiver, lors duquel le jour ne se lève pas sur une ville d’Alaska pendant un mois- une destination voyage de rêve pour les vampires, quoi! Malgré la critique parfois sévère des fous du genre, il faut saluer l’esthétique léchée du film, qui met en valeur les paysages hivernaux, et les efforts déployés pour réinventer les vampires, dont le langage est particulièrement saisissant.

: Alaska, États-Unis.

Le danger: Vampires, vieillard sénile et prisonnier dangereux (ou non?)

Bonus: Josh Hartnett, mémorable poster boy de 1998.

Pontypool. 2008. Horreur de Bruce McDonald avec Stephe McHattie, Lisa Houle et Georgina Reilly. Canada.

Dans ce bijou canadien, un animateur de radio provocateur débute un nouveau boulot de présentateur à la station locale d’une petite ville ontarienne. Seule à la station avec la technicienne et la productrice, ils sont en ligne avec des auditeurs et leur correspondant quand ils apprennent qu’une émeute en ville a causé la mort de plusieurs individus. Un message enregistré en français leur apprend alors que la ville est en quarantaine, et qu’il est fortement recommandé de ne pas s’exprimer du tout en anglais. Ce thriller intelligent, dont les acteurs jouent tous de manière impeccable, propose une twist renversante sur le mythe du zombie: le virus, cette fois, ne se propage pas par les morsures, mais par des mots encodés qui, prononcés innocemment, transforment en créatures meurtrières et désorientées.

: Ontario, Canada

Le danger: Virus mortel, isolement, dyslexisme.

Bonus: Les personnages s’efforcent de communiquer en français pour éviter d’être contaminés, sans trop de succès. Le bilinguisme c’est important, les amis.

The Thing. 1982. Horreur de John Carpenter avec Kurt Russell, Wilford Brimley et Keith David. États-Unis.

Doit-on vraiment encore introduire ce film de science-fiction/horreur iconique par celui qui nous a aussi donné Halloween, The Fog, Christine et une dizaine d’autres? Basé sur une nouvelle de John W. Campbell Jr., qui avait déjà inspiré une adaptation de Christian Nyby en 1951, on y suit les mésaventures d’un groupe de scientifiques en Antarctique aux prises avec un extraterrestre qui prend l’apparence de ceux qu’ils tuent (sadiquement et graphiquement, doit-on insister). Comme on ne peut faire confiance à personne, la tension est à son comble au sein de ce groupe qui lutte pour sa survie…

: Antarctique

Le danger: Extraterrestres shapeshifter, paranoïa et tabagisme.

Bonus: Les effets spéciaux. Et le cast. Et la citation « Why don’t we  just sit and wait here for a little while… and see what happens? ». Un des meilleurs films au monde, point final!

The Shining. 1980. Horreur de Stanley Kubrick avec Jack Nicholson, Shelley Duvall et Scatman Crothers. Angleterre et États-Unis.

The Shining n’est peut-être pas une bonne adaptation (Stephen King nous le rappelle constamment), mais il s’agit sans l’ombre d’un doute d’un grand film d’horreur, qui a en outre établi la carrière de Jack Nicholson. Un écrivain et ex-alcoolique aux tendances violentes, accepte de passer l’hiver dans un hôtel isolé avec sa femme et son fils aux talents psychiques pour en faire l’entretien lors de la saison morte: l’hôtel est toutefois hanté, et…Pourquoi je vous raconte ça, moi?

Où? Colorado, États-Unis.

Le danger: Isolation, alcoolisme, violence conjugale, syndrome de la page blanche, esprits vengeurs, chambre 237 et REDRUM.

Bonus: « Here’s Johnny! »

Let the Right One In [Låt den rätte komma in]. 2008. Horreur de Thomas Alfredson avec Kåre Hedebrant, Lena Leandersson et Per Ragnar. Suède.

Au panthéon des enfants-vampires, dont Claudia est sans doute la représentante la plus célèbre, s’ajoute la petite Eli, une vampire à l’apparence (et la mentalité) d’une petite fille d’environ onze ans qui se lie d’amitié avec un garçon tourmenté dans une banlieue de Stockholm. De fil en aiguille, les enfants tombent amoureux, et le terrible secret d’Eli est dévoilé. Même si l’adaption (elle-même adaptée pour le public américain par Matt Reeves en 2010) est plus « propre » que le roman de John Ajvide Lindqvist, qui fait d’Håkan un pédophile et révèle qu’Eli est en réalité un garçon castré, il s’agit d’une oeuvre sombre et sensible, la simple histoire d’enfants égarés et malheureux dans un monde cruel.

? Stockholm, Suède.

Le danger: Parents absents, intimidation à l’école, apathie générale, enfants-vampires.

Bonus: La scène de la piscine, vers la fin.

Dead Snow [Død snø]. 2009. Comédie d’horreur de Tommy Wirkola avec Jeppe Beck Laursen, Charlotte Frogner et Jenny Skavlan. Norvège.

Si le film a fait beaucoup de bruit à sa sortie, sa suite, Dead Snow 2: Red vs. Dead, en a fait encore plus en affrontant officiers nazis et prisonniers de guerre russes zombifiés dans un film éclaté et hilarant. C’est toutefois le premier qu’on vous présente, d’abord parce qu’il embrasse davantage le facteur horreur et ensuite parce que ses montagnes enneigées sont spectaculaires. Des jeunes en vacances (et oui, ça n’augure jamais rien de bon) réveillent une horde de morts-vivants nazis en découvrant leur réserve d’or. En jouant sur la formule éprouvé du « chalet isolé », Dead Snow en met plein la vue avec son gore dégoulinant et son humour savoureux, pince-sans-rire et typiquement scandinave.

 

: Øksfjord, Norvège.

Le danger: Des zombies nazis qui se réveillent après avoir hiberné 65 ans.

Bonus: Un SS qui se fait rentrer dedans par une motoneige, des SS massacrés à la tronçonneuse, un personnage cramponné à une falaise par des intestins de SS.

Troll Hunter (Trolljegeren). 2010. Horreur d’André Øvredal avec Otto Jespersen, Robert Stoltenberg et Knut Nærum. Norvège.

Ok, ok, du found footage, il y en a à la pelle, et c’est rarement mémorable. Il y a toutefois quelque chose de rafraîchissant dans cette comédie norvégienne qui aligne drôlement bien horreur et humour, et où effets spéciaux et scènes de poursuite tiennent tête au tremblé et au son inégal de la caméra à l’épaule. Des étudiants enquêtent une série de morts suspectes, croyant avoir affaire à des attaques d’ours. Un chasseur endurci leur révèle qu’il s’agit plutôt de trolls amateurs de chair humaine catholique…

 

: Norvège.

Le danger: Les trolls et les catholiques.

Bonus: Chaque fois qu’on voit un troll, avec un coup de coeur pour les deux secondes où on en voit un se gratter les fesses.

Que pensez-vous de notre sélection?

 

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About Elise Henripin

Boulimique de littérature et de cinéma d’horreur, Élise a collaboré à plusieurs blogues et projets consacrés à cet univers, dont Sinistre Magazine et Strange-Movies. Depuis 2014, elle est également chroniqueuse littéraire à l'émission L'étrange programme, un magazine culturel diffusé sur les ondes de TCF - La télévision communautaire de Montréal. Auteure d’un roman intitulé Soif publié en 2011, elle espère renouveler l’expérience de publication d’ici quelques années. Suivez-la sur Twitter et Instagram @ehenripin.

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