Eric Braün : Entre liberté, provocation et curiosité

eric braun article

Fondateur de l’USINE 106U et éditeur de la revue 106U, Eric Braün est un créateur aux multiples talents. Passant de la peinture à la sculpture, du dessin à la gravure et du collage à la réalisation de livre artistique, son répertoire est tout aussi vaste que diversifié. Portrait d’un artiste dont le traitement pictural post-surréaliste questionne avec audace et perspicacité les lois établies.  

La lutte comme source d’inspiration

 En parcourant les œuvres d’Eric Braün, l’idée d’une combativité possible entre les éléments représentés dans ses tableaux a immédiatement attiré ma curiosité. Cette impression, qui se dégage de son esthétique, de la disposition de l’espace et des corps et des titres donnés à ses œuvres, se caractérise par « la lutte constante du jour, de la nuit, du bien, du mal, de la folie, de la raison, mais également par la recherche de l’équilibre, de la vérité et du mouvement perpétuel », affirme-t-il. Pour se faire, il s’inspire des rapports conflictuels présents dans la société, mais aussi dans le domaine de l’inconscient, de la mémoire, des symboles, de la nature et de l’invisible. Son travail créateur remet en question des vérités cachées en les dévoilant.

Eric Braün - Discorde

«Discorde» 34″ X 34″, acrylique sur toile, 2016

Un art qui fait parler

Par la réappropriation de symboles religieux, d’objets empruntés au thème de la guerre, du théâtre et du cirque, les œuvres d’Eric Braün frappent l’imaginaire et la sensibilité du spectateur. En détournant ces icônes de leur sens originel, le peintre propose un univers aux formes et frontières sans cesse renouvelées. À cette intention, la perception du public est fortement sollicitée devant la présence de créatures sorties d’un autre monde qui se substitue tantôt au décor ou y participent.

J’ai cherché à en apprendre davantage au sujet de l’élaboration de cet amalgame d’éléments si diversifié qui anime et colore ses compositions. Il se trouve que l’artiste porte dans ses poches en permanence de petits papiers dont il se sert pour esquisser « de curieuses créatures vaguement diaboliques composées de parties de crâne, de branches, de cornes, de pattes d’oiseau, d’armes, d’instrument de torture médiévaux et de serpents, etc. » Il précise que ses croquis sont réalisés de manière automatique et que chaque élément ajouté au dessin cherche « à contredire l’autre, en le complétant et en multipliant les interprétations. »

Eric Braün - Le pont du masque

«Le Pont du masque» 32″ X 35″, acrylique sur toile, 2016

D’une liberté à l’autre

Si la liberté est une valeur très encouragée dans la démarche artistique d’Eric Braün, il en va de même pour l’interprétation pouvant être donnée à ses œuvres. L’espace créée entre le tableau et le public se veut ouvert à la discussion. Hors de lui l’idée d’imposer une lecture unique et préconstruite du monde par l’entremise de ses œuvres. « Mon art ne cherche pas à faire adhérer à une idéologie », affirme-t-il. Bien au contraire, son talent et ses grandes connaissances plastiques lui permettent de questionner et de jongler avec la réalité et l’absurde. Dans cette perspective, la liberté de l’artiste rejoint celle du spectateur qui « peut rire ou pleurer, être captivé ou indifférent », dit-il.

Eric Braün - Le critique

« Le critique », 16″ X 20″, acrylique sur toile, 2016

 

Dans ce même ordre d’idées, j’ai voulu connaître le point de vue qu’Eric Braün entretient face à l’art dite engagée dans une cause sociale ou autre. Selon sa perspective, il revient à chaque artiste de choisir s’il désire que son travail participe ou pas à la remise en doute des idées perçues. L’engagement social en art est une avenue qui peut paraître séduisante sur le coup. Encore faut-il qu’elle n’aggrave pas la réalité en tentant d’y remédier, croit-il.

Eric Braün - Alarmiste

« Alarmiste », 16″ X 20″, acrylique sur toile, 2017

Influences et parcours

En reconnaissant bon nombre de clins d’œil formels et iconographiques à la grande tradition des avant-gardes de l’Histoire de l’art dans ses œuvres, je lui ai demandé de me parler de sa formation artistique et de ses sources d’inspiration. « J’admire beaucoup la peinture classique, Hieronymus Bosch est une de mes influences évidentes, de même que le surréalisme, l’expressionnisme de l’entre-guerre, et le fauvisme pour sa recherche chromatique », soutient-il.

Avec l’édition de la revue 106U et l’organisation de sa galerie l’USINE 106U, bien qu’il devient difficile de composer avec autant de responsabilité tout en poursuivant sa propre pratique artistique, Eric Braün affirme que ses implications alimentent sa créativité. « Je travaille fort depuis plusieurs années, mais c’est devenu une seconde nature, et les projets me poussent à activer ma production pour participer au résultat de mes efforts », m’a-t-il confié.

Eric Braün - La chasse

« La chasse », 16″ X 16″, acrylique sur toile, 2017

Enfin, l’année en cours s’annonce très prometteuse pour Eric Braün. En plus de la préparation de plusieurs expositions solo ou semi solo dans les mois à venir qui nécessiteront plusieurs toiles, il participe également à des projets d’animation, de musique expérimentale (Neodead, Noizvalv), punk-rock (Les Necrophiliacs), ainsi qu’un projet de tournage de film donnant suite au long-métrage muet de 2015 intitulé Thanatopia.

Si vous désirez en savoir plus sur ses créations et ses réalisations, rendez-vous au www.usine106u.com, www.facebook.com/eric.braun.5876 ou encore au www.facebook.com/groups/2530061080/. Vous pouvez également lui écrire à l’adresse courriel suivante : usine106u@gmail.com.

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