Entrevue Au nom de l’horreur avec L.P. Sicard

entrevue L.P. Sicard Au nom de l'horreur

Jeune poète, sombre écrivain explorant les méandres de l’épouvante, L.P. Sicard a fait son apparition dans le milieu de la littérature d’horreur  avec Blanche Neige, publié au sein de la collection Les contes interdits d’AdA. Il poursuit maintenant son oeuvre en proposant Au nom de l’horreur, un roman à énigme se déroulant au Manoir des Cimes, où l’effroi pur se tapit dans l’ombre. L.P Sicard a généreusement accepté de répondre à quelques questions dans le cadre de la sortie de ce nouveau récit aussi sanglant que troublant.

Blanche-Neige Contes interdits L.P. SicardAvant la sortie du Conte interdit Blanche Neige, tu n’avais jamais publié de littérature pour adulte, comment as-tu trouvé la transition? Qu’est-ce qui a demandé le plus de travail?

L.P. Sicard: La transition s’est faite naturellement, j’oserais dire, dans la mesure où j’écrivais pour adultes depuis le tout début, avec ma poésie; l’écriture romanesque pour adultes n’a été qu’un retour aux sources; un retour différent, certes, mais plus libérateur que contraignant.

Dans Blanche Neige, ton écriture ne se prive pas d’envolées lyriques et de touches poétiques, éléments que l’ont retrouve moins dans Au nom de l’horreur. Quel est ton rapport avec la littérature versus la poésie?

 L.P.S : Les envolées lyriques me semblaient nécessaires pour atténuer un tant soit peu le climat de perpétuelle obscurité qui régnait dans le roman; décrire l’horreur avec grâce contribue parfois à le rendre plus digeste pour l’esprit. Ceci dit, je me suis rendu compte que cela faisait office de barrière pour certains lecteurs. J’ai donc choisi d’abandonner, par exemple, les subjonctifs imparfait/plus-que-parfait, qui accentuaient beaucoup le sentiment d’étrangeté et d’incompréhension. Si ces envolées lyriques sont moins prononcées dans Au Nom de l’Horreur, elles demeurent présentes, simplement moins imposantes.

Les histoires de manoir hantée sont légion, car le public en redemande toujours. Quelles sont tes œuvres préférées sur ce thème?

L.P.S : Quand je reprends ce thème, j’ai toujours les œuvres de Poe, Maupassant et Gauthier quelque part en mon esprit, jointes par des images floues de films de mon enfance que je ne saurais nommer.

Au nom de l'horreur L.P. SicardDe nombreuses références et éléments que l’on retrouve dans les films et romans d’horreur sont présent dans Au nom de l’horreur, ce qui laisse croire que tu es un grand fan d’épouvante?

L.P.S : Je n’ai jamais été cinéphile, force m’est de l’admettre, or s’il est un genre que j’ai privilégié dans les 5-6 dernières années, c’est bien celui de l’horreur. Au Nom de l’Horreur a été l’occasion pour moi de varier mes styles propres, d’explorer une veine de l’horreur qui n’est pas définie par le trash ou le gore; une horreur insidieuse, multiple, complexe. J’ai voulu reprendre, justement, ces thèmes classiques, et les tordre dans une forme nouvelle.

Es-tu satisfait de l’évolution de la littérature d’horreur québécoise?

L.P.S : Si j’ai un constat à partager, c’est que l’horreur semble en bonne santé du côté littéraire – elle se diversifie, se trouve de nouveaux noms, sait tantôt garder une appartenance classique, tantôt distendre les cadres de la contemporanéité. Ceci dit, c’est peut-être du côté du public qu’il faudra suivre l’évolution de la réception; l’horreur est encore sujette aux tabous, critiques et méprises quant à sa nature et sa présence.

Y a-t-il des œuvres du corpus québécois qui t’ont marquée, inspirée?

L.P.S : Peu, je dois l’admettre. Sans doute en raison de mes études littéraires plus classiques, le corpus français a eu une influence plus grande dans mon parcours. Je dois cependant donner à Nelligan et Perro (diamétralement opposés dans leurs œuvres, d’ailleurs) une part de mon éveil face au monde littéraire.

 

Au nom de l’horreur est disponible en librairie et pour vente en ligne ICI. Si vous êtes fan des histoires de maison hantée où l’épouvante et le mystère tiennent en haleine jusqu’à la fin, ce livre vous est tout destiné! Surveillez bien notre site ou notre page Facebook , car très bientôt, nous donnerons notre avis de lecture sur cette dernière offrande littéraire de L.P. Sicard.

psssst! Si vous regardez bien à la fin du livre, dans la bibliographie de l’auteur, on révèle que Sicard sera l’auteur d’un nouveau (et secret) conte interdit en 2018!

 

Anne-Marie Bouthillier

About Anne-Marie Bouthillier

Lectrice insatiable passionnée par l’écriture, détentrice d'un baccalauréat par cumul (création littéraire, français écrit et rédaction) et a forgé ses premières armes de rédactrice chez le magazine Québec Érotique et le site Canoë. Fan d’horreur et nourrissant une forte curiosité pour tout ce qui est bizarre, Anne-Marie a publié des nouvelles dans Horrifique, Souffle d’Éden et Clair/Obscur.

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