Entrevue Fantasia 2015: The Dark Below

À quelques heures d’assister à la première canadienne de The Dark Below dans le cadre de Fantasia, le réalisateur Douglas Schulze et l’actrice Lauren Shafer étaient de passage en ville pour répondre aux questions de journalistes. Ne voulant pas rater cette opportunité, le magazine Clair/Obscur a envoyé Sébastien Bourget pour s’entretenir avec eux de leur plus récent film.

Le réalisateur Douglas Schulze, l'actrice Lauren Shafer et notre journaliste Sébastien Bourget

Le réalisateur Douglas Schulze, l’actrice Lauren Shafer et notre journaliste Sébastien Bourget

Est-ce la première fois qu’un de vos films est présenté à Fantasia?

Douglas Schulze :Oui, c’est la première fois et je suis très honoré de faire partie de cette édition de ce que je crois être le plus gros festival de films de genre au monde. Lauren et moi avons marché jusqu’à la salle où la projection des films se tient et nous avons été surpris de voir une longue file de gens qui faisait le tour de l’immeuble pour voir du cinéma indépendant. C’est formidable.

Après avoir réalisé des films d’horreur tels que Hellmaster, Dark Heaven, The Rain et Mimesis, vous nous offrez maintenant un suspense. Est-ce que cela signifie que vous avez atteint un point dans votre carrière où vous ressentez le besoin de toucher à des genres de films différents en tant qu’artiste?

DS : C’est une des raisons qui m’a fait faire The Dark Below. Je voulais relever un défi. Tourner un film qui se passe au cœur de l’hiver, dans la glace et dans l’eau, il n’y a pas meilleur défi pour moi.

Quand on aborde un nouveau défi, il est souvent rassurant de s’entourer de gens qu’on connait. Est-ce la raison pour laquelle vous avez confié le rôle principal à Lauren Shafer, avec qui vous avez tourné dans votre précédent film?

DS : Quand j’ai tourné Mimesis avec Lauren, je trouvais que son personnage était sous-exploité. Quand j’ai commencé à mettre The Dark Below sur pieds, elle a été la principale inspiration pour le personnage central du film.

Ben (David G.B. Brown), le personnage responsable de la situation de Rachel

Ben (David G.B. Brown), le personnage responsable de la situation de Rachel

Est-ce que ça a été difficile pour vous de sortir de votre zone de confort pour réaliser un projet qui n’est pas un film d’horreur?

DS : Je me suis arrangé pour subtilement rester dans cette zone de confort. Ce qui est intéressant est que je considère ce film comme un suspense à propos de la survie d’un personnage. Pour moi, c’est un film d’horreur dans un emballage différent.

Quelle est l’origine de la conception de The Dark Below?

DS : La genèse du projet est tirée d’un accident qui s’est produit dans mon enfance. Quand j’avais 10 ans, je marchais avec un ami sur un lac gelé et la glace s’est brisée sous mes pieds. Je suis tombé dans l’eau et quand j’ai ouvert les yeux, j’étais dans l’obscurité complète. J’ai paniqué quand j’ai réalisé que je ne parvenais pas à retrouver le trou dans la glace pour remonter. Par chance, j’ai pu retrouver l’ouverture et nager jusqu’à la surface. J’ai crié à mon ami de venir m’aider, mais il n’a rien pu faire, il était figé sur place par la peur. Les rebords de la glace se brisaient à toutes mes tentatives de sortir de l’eau et je sentais le poids de mon manteau et de mes bottes m’entraîner vers le fond du lac. Après une vingtaine de minutes, j’ai réussi monter sur la glace. Je suis encore traumatisé par cette expérience. Le sentiment d’être prisonnier dans l’eau et la glace est quelque chose que je voulais confronter à nouveau avec ce film.

La citation qui "ouvre" le film

La citation qui « ouvre » le film

Ne pas employer de dialogues dans le film est un choix intéressant. Quelle en est la raison?

DS : Pour moi, l’histoire est primordiale. Cette histoire est à propos du silence entre deux personnes qui se manifeste lorsqu’un secret est révélé dans le film. Ils n’ont littéralement rien à se dire, tout est dans leurs actions. Je crois que toutes les bonnes histoires commencent visuellement et que les dialogues sont une manière de préciser ce que les images montrent. Dans ce film, je ne vois pas une scène où les dialogues sont nécessaires.

Quelles ont été vos influences dans ce projet au niveau de la structure du scénario, du style visuel et de vos autres choix dans la réalisation?

DS : Stanley Kubrick, dans son utilisation des contrastes de couleurs. Dans le film, il y a des juxtapositions importantes entre le jaune et rouge. Il y a aussi des hommages à Kubrick dans les mouvements de caméra que j’ai employés. Je suis un grand admirateur.

Dans vos autres films, vous avez donné des rôles à des acteurs bien connus des amateurs de films d’horreur tels John Saxon, Dee Wallace, David Carradine et Sid Haig. Cette fois-ci, vous avez embauché Veronica Cartwright, vue dans Alien et Candyman. Comment l’avez-vous convaincue de prendre part au projet?

DS : Nous avions besoin d’une actrice pour incarner ce personnage maternel et sensible et je suis un admirateur de Veronica depuis que je l’ai vu dans Alien et dans d’autres grands films. Je l’ai donc contacté et, à ma surprise, elle s’est montrée intéressé à ce rôle, qui se veut être un caméo. Ça a été ma chance de travailler avec une grande actrice et d’en apprendre beaucoup sur elle.

Rachel essaie de se tirer du lac gelé

Rachel essaie de se tirer du lac gelé

Quelle a été votre expérience la plus mémorable pendant le tournage de The Dark Below?

DS : Je n’oublierai jamais cette image de Lauren que nous avons dû constamment enduire d’eau pendant une nuit entière de tournage, à l’extérieur, par une température de -20 degrés. Aucun être humain n’aurait accepté de subir ce qu’elle a subit cette nuit-là, mais elle ne s’est pas plainte une seule fois. Par chance, elle n’a pas attrapé de pneumonie. Nous l’avons récompensée avec plusieurs massages de pieds et de nombreux bols de soupe chaude.

Travaillez-vous présentement sur un nouveau projet? Si oui, quel est-il ?

DS : Avec l’un de mes partenaires, nous travaillons sur une comédie d’horreur épisodique qui s’intitule The Monster Show que j’aide à produire. Mais dans l’immédiat, je me dédis entièrement à The Dark Below durant la prochaine année afin de trouver une compagnie de distribution pour qu’il soit vu par le plus de gens possible. Je n’ai pas fait ce film pour simplement le remettre à quelqu’un d’autre et passer à autre chose. Je veux vraiment m’impliquer activement pour lui permettre de trouver le bon public.

Pour la fiche IMDB du film, cliquez ici.
Pour le site officiel du film, cliquez ici.
Pour la critique de Sébastien Bourget, cliquez ici.

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Sébastien Bourget

About Sébastien Bourget

Scénariste, réalisateur, critique de films, concepteur de jeux vidéo et nouvellement podcaster, Sébastien est un passionné du Septième art et d’absolument tous ses genres. Toujours à la recherche de nouveaux terrains de jeu pour exprimer sa créativité et créer des histoires, il s’aventure également dans la l’écriture de nouvelles littéraires et la création de jeux vidéo.

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