Entrevue au cœur de l’enfer avec Yvan Godbout

yvan godbout hansel et gretel_resized

La maison d’édition ADA à lancé le 8 septembre dernier une toute nouvelle série de romans de suspense et d’horreur s’inspirant de contes de fées, Les Contes Interdits. Clair/Obscur a eu l’honneur de s’entretenir avec Yvan Godbout, choisis pour donner une deuxième vie à Hansel et Gretel.

Yvan Godbout s’est taillé une belle place dans le petit milieu de l’horreur québécoise. Il nous a offert en 2013-2015 la trilogie Les Yeux Jaunes, une histoire de zombies riche en émotions. Puis en 2015, il participe à la série Cobayes, aux éditions de Montagne, avec Olivier, mettant en scène un jeune homme anxieux testant un produit pharmaceutique qui va peu à peu le changer. Au fil de ses publications, Godbout est devenu maître dans l’art de nous faire explorer les pires côtés de la nature humaine.

romans yvan godbout

Vous en êtes à votre 2ème collaboration pour une nouvelle série de livres d’horreur. Comment c’est arrivé? Vous a-t’on contacté après le succès de Cobayes?

En fait l’idée du collectif vient de Simon Rousseau, l’un de mes collègues auteurs chez AdA. Il souhaitait une série très adulte et pour public averti. En m’approchant, il savait bien que je n’allais pas refuser! La proposition a également enchanté notre éditeur, et le projet a vite été mis sur pied. Ne restait plus qu’a trouver le nom de la série! Un petit brainstorm, et Les Contes Interdits a été choisi!

À quoi doivent s’attendre les lecteurs des Contes Interdits?

À quelque chose de très adulte, comme je l’ai mentionné plus tôt. Les thèmes abordés sont souvent difficiles, et peu de tabous y sont épargnés. Sans être nécessairement tous des contes horrifiques, aucun n’est toutefois léger. Il faut vraiment garder en tête que c’est pour un public averti, et prêt à accueillir ce genre de proposition.

les contes interdits ada

 

Est-ce qu’on peut s’attendre à une version semblable à Aliss de Patrick Senécal?

Égaler Patrick est impossible! Nous espérons toutefois plaire à son lectorat. De mon côté, j’espère simplement que nos contes trouveront leur public.

Avez-vous eu le choix du conte que vous vouliez?

Tout à fait! Hansel et Gretel a été une évidence pour moi. J’y voyais de grandes possibilités, et matière à faire ressurgir l’horreur au quotidien.

À l’écriture d’Hansel et Gretel, de quoi vous êtes-vous inspiré?

Je savais dès le départ que l’écriture de ce conte serait difficile, parce que lorsque l’on décrit l’enfer vécu par de jeunes enfants, ça ne peut qu’être extrêmement laid. La vie m’a inspiré, dans ce qu’elle a parfois de plus abject. Ne vous trompez pas, j’adore la vie! Mais il serait hypocrite de ne pas y voir les horribles ombres qui s’amusent à la ternir…Je sais aussi que mon conte risque de faire ressurgir quelques unes de ces ombres chez certains lecteurs…Mon but n’était ni de choquer, ni de faire crier au scandale. Les ombres existent malheureusement, et aucun mot les décrivant ne pourra jamais être joli… 

Cela fait deux fois que vos personnages principaux sont des jumeaux, est-ce une coïncidence?

Tout à fait. Pour Hansel et Gretel, je tenais a solidement souder le frère et la sœur. Pour moi, ça allait de soit qu’ils soient jumeaux, il ne pouvait en être autrement.

Chez les japonais, les histoires de jumeaux sont symboliques dans leurs histoire d’horreur, est-ce un peut la même chose pour vous?

Oh, bonne question à méditer! En fait, c’est probablement beaucoup plus inconscient chez moi…Mais je vais certainement réfléchir à ça!

Comment vous préparez-vous avant de vous lancer dans l’écriture?

Pour les Contes Interdits, chaque auteur de la série a écrit un synopsis qui devait être approuvé par tous. La seule règle maitresse : un récit résolument adulte et contemporain. Pour le mien, les idées semblaient déjà inscrites dans mon subconscient…

Pourquoi choisir le l’horreur dans tous vos romans? Qu’est-ce qui vous stimule sur cette voix?

Parce que l’horreur est dans la vie de tous, à différent degré bien sûr, qu’on le veuille ou non. Je n’ai pas choisi l’horreur, en fait c’est elle qui semble m’avoir choisi…Je n’écrit jamais en me disant que je suis en train de faire de l’horreur ou de la littérature de genre. Je raconte une histoire, c’est aussi simple que ça.

Quels sont les films et les romans qui vous on le plus marqué?

Les films, il y en a tellement…Impossible de ne pas mentionner The Exorcist, bien que des films plus mineurs tel que The Entity et Evil Dead m’aient beaucoup plus effrayé. Le film REC (pas le remake américain) de Jaume Balaguero et Paco Plaza m’a également beaucoup secoué. Il joue avec nos peurs primales les plus profondes…J’ajouterais aussi The Descent, de Neil Marshall. Une peur viscéral, bien agrippée. Un film que je revois très souvent.

Et pour conclure, quel est votre futur projet?

Je ne sais pas trop quoi répondre à ça, j’ai débuté tellement de trucs! Peut-être que je pondrai un autre conte, dans un genre différent, plus fantastique. Un roman très sombre, sur la possession m’intéresse aussi en ce moment….

Mélanie Richer

About Mélanie Richer

À l'âge de 4 ans, elle a le coup de foudre pour l'horreur en tout genre. À la fin de son secondaire, elle décide de se lancer dans le programme d'arts et lettres, profil cinéma, mais se retire après un ans et demi. Elle se lance par la suite dans le domaine du maquillage et effets spéciaux mais choisit un autre chemin, celui du monde des jeux vidéo. Diplômée en modélisation 3D, son but est de travailler comme éclairagiste et, un jour, de réaliser son propre jeu d'horreur. Suivez-la ici : https://www.artstation.com/artist/zaliria

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