Critiques Fantasia 2018 partie 2

Fantasia 2018

Deux semaines se sont écoulées depuis le commencement de cette nouvelle édition du festival Fantasia. Est-ce que vous êtes satisfaits jusqu’à maintenant? Nous, oui! Sébastien et Chloé sont de retour au poste pour vous parler des films qui ont fait leur bonheur pendant cette plus récente semaine de projections.

THE DARK

De Justin P. Lange/Canada-Autriche/2018/95 mins

the Dark Fantasia 2018Une jeune fille morte vivante se lie d’amitié avec un garçon aveugle victime d’un enlèvement. Les deux vont trouver rédemption à travers cette amitié. Rappelant énormément Let the right one in, ce drame d’horreur trouve son chemin vers nos cœurs. Comme l’a souligné le réalisateur lors de la période de questions, ce film parle d’abord et avant tout d’abus, et ce n’est pas un film à voir si vous désirez avoir peur. Cependant, certaines scènes très réalistes vous donneront des frissons. Ce n’est pas l’aspect surnaturel du film qui dérange, mais ce sont les scènes qui mimiquent la réalité des victimes d’abus. D’ailleurs, le réalisateur s’est inspiré de la véritable histoire d’un garçon qui a été captif pendant quatre ans aux États-Unis. The Dark est un film à rythme lent, qui ne plaira pas aux amateurs de sensations fortes. Cependant, il y a sans aucun doute une qualité cinématographique au film, et le spectateur se laisse attendrir par la relation entre les deux adolescents en détresse. C’est un film métaphorique duquel on doit se faire sa propre analyse. Personnellement, je crois que c’est l’amitié qui vient sauver ces deux âmes seules, et que la mort du corps, dans ce film, représente en fait la mort de quelque chose de plus profond, suite à une expérience traumatisante. Je donne à ce film la note de 7.5/10.

-Chloé Leclerc

PUPPET MASTER: THE LITTLEST REICH

De Sonny Laguna &Tommy Wiklund/État-Unis/90 mins

Puppet master the littlest reich Fantasia 2018Edgar, bédéiste divorcé et vivant chez ses parents, trouve dans une vieille boîte un pantin ayant appartenu à Andre Toulon, tueur notoire. Désirant faire de l’argent rapidement, il décide de vendre la poupée à un encan qui se tiendra dans un hôtel. L’endroit devient rapidement le théâtre de scènes horrifiantes lorsque les pantins se lèvent et commence à assassiner les résidents! Ce film est sans aucun doute un film de convention et de festival. L’expérience dans une salle est extraordinaire. Les scènes gores sont sanglantes et choquantes à souhait (cœurs sensibles s’abstenir, personne n’est épargné!). Très inspirés des films des années 80, le film ne se prend pas au sérieux et c’est avec beaucoup d’humour que la tuerie est mise en scène. La musique est parfaite et l’ambiance créée est unique. On regarde les personnages tomber les uns après les autres avec anticipation et éclats de rire. Ce n’est pas un film pour tout le monde, et si vous désirez avoir peur allez voir ailleurs. Mais si vous avez envie d’un film où vous pourrez vous délecter de sang et de têtes tranchées, ce film est pour vous! Pour ses morts spectaculaires, sa musique absolument épique et son humour immoral et sans excuses, je donne à Puppet Master : The Littlest Reich la note de 9/10.

-Chloé Leclerc

FANTASTIQUES WEEK-ENDS DU CINÉMA QUÉBÉCOIS

MONSTRES ET AUTRES HORREUR

Réalisateurs variés/Canada,Québec,France,Mexique/2018/100 mins

Fantasia 2018 weekend quebecoisChaque année, j’ai toujours très hâte de voir cette anthologie, d’abord parce que ce sont des artistes d’ici, mais surtout parce que la qualité est toujours au rendez-vous. Cette année ne fut pas une exception. Chacun trouvera son compte dans les treize courts-métrages présentés. Un jeune garçon défie sa peur des monstres dans Sweet dream, mon segment préféré de l’anthologie. Le monstre du Spa nous fait mourir de rire avec son absurdité et son mauvais doublage. Nature, morte raconte l’histoire d’une femme dont le corps dépérit peu à peu, mais ce n’est pas là que réside la véritable horreur… La fin de La faim (aucun jeu de mot ici) nous surprends et nous fait rire, tout comme celle d’Une nuit à Londres. La musique de Fire nous prend aux tripes et donne au film une toute autre dimension. Sommeil de cendre nous envoie dans un futur montréalais post-apocalyptique, où le sommeil est devenu impossible. Tous les réalisateurs de ce bloc ont un grand talent, sans aucun doute. Les histoires sont variées et les films tous relativement courts et avec un rythme plutôt rapide, on ne s’ennuie donc jamais. Je donne à ce bloc de films la note de 8/10.

-Chloé Leclerc

WINDIGO

De Robert Morin/Québec/1994/90 mins

Windigo Fantasia 2018Que diriez-vous d’une critique rétro? Fantasia se charge à tous les ans de faire découvrir aux festivaliers des classiques du cinéma de genre québécois des dernières décennies. C’était au tour de Windigo de Robert Morin d’être présenté grâce à une superbe restauration 4K. Dans cette rencontre entre les évènements d’Apocalypse Now et de la Crise d’Oka, un journaliste et son caméraman accompagnent un contingent de représentants du gouvernement qui se rendent en bateau dans une région isolée pour rencontrer le leader d’un groupe de rebelles autochtones armés qui s’oppose à la coupe des arbres de leur territoire par des compagnies forestières. Pendant la lente traversée, ce huit-clôt nautique permet au journaliste de découvrir les visages à deux faces des envoyés gouvernementaux et de faire la lumière sur les circonstances cachées de cette rébellion plus justifiée qu’il n’y parait. Aidés d’un solide scénario, les acteurs qui campent les nombreux rôles le sont tout autant. Ils ont tous plusieurs scènes pour tirer le maximum de leurs personnages complexes. La magie du cinéma redonne même vie au comédien Paul Berval pour quelques minutes. À la réalisation, Robert Morin à son plus cinématographique. Son dévouement pour ce projet cher à ses yeux transparait dans chaque plan du film. Il ramène quelques éléments typiques de sa mise en scène, tels la perspective à la première personne d’un protagoniste, les réflexions intérieures via la voix hors champ et les flashbacks.  En étant immersif, captivant et en faisant réfléchir, Windigo possède tout ce qui caractérise les films réussis.

-Sébastien Bourget

VIOLENCE VOYAGER

De Ujicha/Japon/2017/83 mins

Violence voyager Fantasia 2018Le jeune Bobby et son ami partent passer la journée en montagne. En chemin, ils débouchent sur un parc d’attraction modeste nommé Violence Voyager. Le propriétaire invite les deux enfants à venir découvrir les activités du parc, qui a comme thématique la chasse aux extra-terrestres. Alors que les jeunes suivent le parcours dans lequel ils vaporisent aux fusils à l’eau des créatures en carton, ils découvrent d’inquiétants indices qui les mènent à la conclusion qu’eux et d’autres enfants sont prisonniers du parc et de son propriétaire adepte de dérangeantes expérimentations génétiques sur ses hôtes. Tandis que son père se lance à sa recherche, Bobby tente de retrouver les autres enfants prisonniers, tout en devant survivre aux attaques répétées des mutants qui peuplent ce parc thématique funeste. Cinq ans après Burning Buddha Man , le réalisateur Ujicha revient à Fantasia avec ce film employant à nouveau la Gekimation, un processus consistant à filmer en temps réel des décors et des personnages découpés et peints sur du carton. Le souci du détail dans la conception des centaines de variations de mouvements et d’expressions faciales des personnages ainsi que les environnements variés vaut le prix d’admission. La réalisation et le scénario d’Ujicha montrent une nette amélioration dans la cohérence de ses films. Il ne s’empêche pas pour autant de mettre en scène un conte pour adultes complètement sauté et bourré d’éléments bizarre, gores et transgressifs. C’est un film unique dans lequel on passe par toutes les émotions et qui est parfaitement à sa place sur la programmation de Fantasia.

-Sébastien Bourget

ANNA AND THE APOCALYPSE

De John McPhail/Royaume-Uni/2018/92 mins

Anna and the apocalypse Fantasia 2018À quelques heures de la relâche scolaire du temps des fêtes, Anna et quelques-uns de ses confrères de classe doivent affronter une invasion de zombies qui s’est inexplicablement déclarée dans leur petite ville paisible. Au contraire de leurs innombrables prédécesseurs vus dans beaucoup de films du même genre, notre petit groupe de protagonistes chassera du mort-vivant en musique et en danse dans cette comédie musicale où l’horreur et la chanson coexistent pour le plus grand plaisir des spectateurs. À la grande surprise de l’auteur de ces lignes, qui préférerait se faire épiler tout le corps à la cire chaude plutôt que de regarder un musical, ce film est foutrement divertissant. Empruntant une page de Shaun of the dead dans son ton mélangeant humour et horreur, le film ne s’est pas compliqué la vie en choisissant d’employer les archétypes de personnages classiques de ce type d’histoire. La valeureuse Anna est entourée de son meilleur ami confiné dans la friend zone, de la tomboy débrouillarde, du petit couple adorable et du bad boy au grand cœur. En plus des zombies, ce petit groupe doit aussi se liguer pour combattre leur directeur d’école aussi mégalomane que psychotique. En plus des numéros musicaux accrocheurs et bien dosés, les manières imaginatives et gores d’éliminer les créatures zombifiées sont bien au rendez-vous. Au final, ce film sympathique réussi le pari audacieux de faire l’amalgame de deux genres cinématographiques que tout oppose. Gardez-l’œil ouvert pour la sortie de la bande sonore très prochainement.

-Sébastien Bourget

Chloé Leclerc-Gareau

About Chloé Leclerc-Gareau

Initiée à l’écriture par sa grand-mère au plus jeune âge, elle découvre la littérature d’horreur à travers Edgar Poe et Stephen King. Titulaire d’un diplôme d’études collégiales en création littéraire, traductrice de profession, écrivaine de salon et maniaque de cinéma, elle participe activement au festival Requiem, une convention dédiée au cinéma d’horreur underground qui rassemble des artistes en tout genre.

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