Critique littéraire: Les enfants de Peakwood

Se lancer dans la lecture du premier roman d’un inconnu est toujours un pari à prendre. Dans le cas de Les enfants de Peakwood de Rod Marty, on parle d’une de ces découvertes très plaisantes qui pousse à noter le nom de l’auteur dans un coin de sa mémoire. Non seulement la plume de Marty semble déjà mature, son premier opus comporte tous les éléments pour plaire aux fans de littérature fantastique et d’étrangeté : cérémonie secrète, possessions, magie chamanique et phénomènes surnaturels, pour ne nommer que ceux-là.

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Le récit s’ouvre sur un terrible accident impliquant un autobus scolaire et la voiture d’un ivrogne notoire. Arrivé rapidement sur les lieux du drame, Chayton, le médecin du village et fils du chaman de la réserve voisine, constate la gravité des blessures et la mort de plusieurs enfants. Désespéré, Chayton appelle son père en renfort, afin qu’il pratique un rituel ancien qui ramènera les jeunes à cette vie qu’on leur a arrachée prématurément. Quelques années plus tard, lorsque les plaies des victimes ressuscitées commencent à réapparaître et l’état de putréfaction à reprendre ses droits, les habitants de Peakwood réalisent qu’il y aura un prix à payer pour cette deuxième chance.

L’action se situe dans une petite ville, comme bien des romans et films d’horreur. Les récits ont parfois besoin d’être circonscrits entre des frontières étroites pour fonctionner, et c’est le cas ici. Rod Marty exploite à la perfection l’ambiance des petites villes tranquilles où tout le monde se connaît. Il donne au lecteur ce bonheur de s’approcher plus près de chaque habitant, lui faisant comprendre les liens qui tissent une toile serrée entre chacun d’eux. L’auteur a compris que pour donner un impact plus grand aux horreurs et phénomènes qu’il dépeint, chaque personnage doit être bien défini, avec ses peurs et ses peines, ses contradictions propres.

Il ne faut toutefois pas trop s’attacher aux personnages, car Marty n’hésite pas à les éliminer pour servir son histoire. En effet, et c’est là une belle qualité de cet auteur, le déroulement des péripéties suivent leur courbe logique, sans virements de situation tirés par les cheveux pour adoucir le sort des protagonistes. Alors que l’action déferle à la suite d’un crescendo efficace, Marty s’est visiblement laissé guider par les événements qu’il a engrangés, en toute honnêteté avec ce que le récit commandait.

Véritable page-turner naturel, Les enfants de Peakwood constitue une des plus belles surprises parmi les livres sortis durant la rentrée littéraire. Dès son premier roman, Rod Marty a su tremper sa plume dans l’encre du fantastique, de l’horreur et du suspense et jongler avantageusement avec ces genres pour créer une histoire mémorable. En définitive, un auteur à suivre à la trace!

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Anne-Marie Bouthillier

About Anne-Marie Bouthillier

Lectrice insatiable passionnée par l’écriture, détentrice d'un baccalauréat par cumul (création littéraire, français écrit et rédaction) et a forgé ses premières armes de rédactrice chez le magazine Québec Érotique et le site Canoë. Fan d’horreur et nourrissant une forte curiosité pour tout ce qui est bizarre, Anne-Marie a publié des nouvelles dans Horrifique, Souffle d’Éden et Clair/Obscur.

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