Critique: Le Manège de Monsieur Grimm

Le Manège de Monsieur GrimmPeu avant l’Halloween est sorti le deuxième roman de Stéphane Choquette, le Manège de Monsieur Grimm. Temps de l’année très bien choisie pour l’entrée en librairie de ce récit, puisqu’il en est un d’horreur, et met en scène des créatures de la nuit, qui plus est! Une proposition de ce type est une chose rare chez les éditions Québec Amérique, qui a très peu l’habitude de donner dans les romans de ce genre. Si ce n’est pas assez pour piquer votre curiosité, sachez que vous serez confronté à un coffre où l’on disparaît, à un garçon qui ne vieillit pas et une foire abritant un magicien peu recommandable.

Jeune homme solitaire, Lucas subit, comme la plupart des garçons doués et effacés, de l’intimidation de la part d’une bande de voyous de son école. Un soir, alors qu’il les fuit en passant à travers un grand champ de maïs, il tombe sur l’arrière de la maison des Moreau, où un jeune garçon étrange, casquette baissée sur les yeux, se balance. Celui-ci est bientôt rejoint par ses parents et Lucas sera témoin d’une scène horrible et troublante qui, pardonnez-moi le cliché, changera sa vie à jamais. Une fois en sécurité chez lui, Lucas réalise qu’il a laissé sur les lieux son sac à dos identifié à son nom! Poussé par la nécessité de ne pas se faire découvrir, mais également par sa grande curiosité, Lucas retourne chez les moreau, sans se douter que cette fois-ci sera pour s’embarquer à pied joins dans leur cauchemar.

Une ambiance particulière se dégage de ce roman, car il se déroule en grande majorité une fois la noirceur tombée, et contient un minimum de personnage. Outre cette intimité nocturne, ajoutons le fait que Lucas se retrouve seul contre l’adversité, les adultes n’étant pas disponibles ou très peu présents. Vous l’aurez deviné, Le Manège de Monsieur Grimm exploite le thème du jeune garçon courageux qui sort de sa coquille et de sa zone de confort pour devenir un héros. Le lecteur se retrouve donc à vivre des émotions palpitantes au gré de la quête de Lucas et, à force d’être complètement centré sur ce personnage, à avoir réellement peur pour sa vie. Choquette a également introduit dans ses pages le thème de l’amour maternel, défendue par la touchante Madame Moreau, prête à tout pour garder son fils auprès d’elle. Élément particulièrement déchirant dans cette histoire d’horreur, cette mère endurera les pires épreuves, allant à l’encontre de ses principes et jusqu’au seuil de la folie, pour payer le prix de la deuxième chance que son enfant a obtenu.

Stéphane Choquette ne réinvente certes pas la roue avec Le Manège de Monsieur Grimm, mais il la fait tourner avec talent. Cette deuxième œuvre contient son lot de mystère, de suspense et d’action, sans compter maintes fascinations et situations troublantes ou émouvantes pour constituer une aventure tout à fait satisfaisante côté divertissement.

nametag-AM

Anne-Marie Bouthillier

About Anne-Marie Bouthillier

Lectrice insatiable passionnée par l’écriture, détentrice d'un baccalauréat par cumul (création littéraire, français écrit et rédaction) et a forgé ses premières armes de rédactrice chez le magazine Québec Érotique et le site Canoë. Fan d’horreur et nourrissant une forte curiosité pour tout ce qui est bizarre, Anne-Marie a publié des nouvelles dans Horrifique, Souffle d’Éden et Clair/Obscur.

Leave a comment

Your email address will not be published.


*


close
Facebook IconTwitter Iconfacebook like buttontwitter follow button
%d blogueurs aiment cette page :