Animals : mémorable et déconcertant

Premier film vu à Fantasia cette année, j’ai été immédiatement attiré par le résumé d’ANIMALS de Greg Zglinsky par une référence au cinéma d’Andrzej Zulawski. Étant un grand fan du film Possession mettant en vedette Isabelle Adjani et Sam Neil, la seule mention du nom de ce réalisateur a titillé ma curiosité.

Animals Greg ZglinskiCoproduction entre la Pologne, l’Autriche et la Suisse, Animals (Tiere en allemand) suit trois personnages principaux : une auteure de livres pour enfants qui tente d’écrire un premier roman destiné aux adultes, son mari infidèle qui couche avec la voisine, et enfin, une autre femme venue vivre dans l’appartement du couple pendant leur absence. En effet, souhaitant réparer les pots cassés, le couple quitte la ville afin de passer un séjour dans une maison de campagne située dans les Alpes. Sur le chemin, ils heurteront un mouton avec leur voiture, ce qui provoquera une cascade d’événements insolites et inquiétants.

S’il n’y a pas de créatures munies de tentacules, une comparaison avec Possession est plutôt juste. La tension et la perte de confiance créées dans le couple par l’infidélité du mari, sont exprimées à l’écran d’une manière étrange, voire déconcertante. Le film, qui flirte entre la comédie noire, le mélodrame et le cinéma fantastique, est astucieusement construit. Les répliques que s’échangent les acteurs sont délicieuses et le récit parvient constamment à surprendre le spectateur au détour d’une scène au départ plutôt banale.

Comme les personnages dépeints à l’écran, le spectateur perd ses repères, s’amusant à déchiffrer les liens qu’entretiennent les différents points de vue narratifs. Ce jeu qui parvient à captiver notre attention est malheureusement légèrement édulcoré par la finale qui m’a semblé sur le coup trop limpide et explicative. Une erreur semble-t-il puisque discutant de cela avec ma compagne, je me suis rapidement rendu compte qu’on interprétait différemment la conclusion. Comme quoi…

Bref, Animals fut une belle surprise et une excellente entrée en matière dans cette nouvelle édition du Festival Fantasia. Vivement la suite!

Jason Paré

About Jason Paré

Vidéaste-animateur-chroniqueur abitibien, montréalais d'adoption depuis 2004, Jason Paré réalise des courts métrages depuis une quinzaine d'années et a quelques publications à son actif (principalement des nouvelles d'horreur et de fantastique). Depuis 2014, il anime l'émission L'Étrange programme, un magazine culturel actuellement diffusé sur les ondes de TCF – La télévision communautaire de Montréal.

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