Critique Contes interdits: Hansel et Gretel d’Yvan Godbout

Contes interdits hansel et gretel

Comme chez les autres auteurs des Contes Interdits, Yvan Godbout s’est attaqué à un classique des contes pour enfants, en lui donnant cependant une touche de modernité, plus d’horreur et, surtout, (beaucoup) plus de gore! En effet, des quatre romans, Hansel et Gretel est de loin le plus violent et le plus troublant. Frissons, dégoût et horreur sont au rendez-vous…

Hansel et Gretel Contes interdits yvan godboutLes jumeaux Jeannot et Margot et leur mère n’arrêtent plus de vivre des moments difficiles, de plus en plus épouvantables et dérangeants. Une véritable vrille descendante dans un abîme infernal. On voit les liens avec le conte, dont l’« abandon » des parents et la sorcière, très clairement, même si le côté bonbon et pain d’épices s’y trouve moins. Beaucoup moins. Voire inexistant.

Les jeunes réussissent à s’enfuir d’une réalité familiale désastreuse et d’un « père » pitoyable et décadent, pour se retrouver entre les mains d’une sorcière satanique et de son fils, qui désire réaliser une prophétie conduisant aux pires cauchemars et aspire à remplacer le chef de leur secte. L’église où les jumeaux aboutissent se retrouve donc carrément à l’opposé de la maison attrayante et sucrée du conte certes, mais la suite n’en demeure pas moins aussi effroyable.

On a l’impression que leur enfer ne se terminera jamais, que rien ne pourra égaler les précédents supplices, mais on a tort : Yvan Godbout, qui avait déjà prouvé sa capacité à choquer avec sa série Les yeux jaunes et son Olivier (série Cobayes), récidive en plongeant le lectorat dans une horreur sans nom, de plus en plus sordide et malsaine, mais toujours bien décrite et ô combien efficace!

L’écriture de Godbout coule tel le sang d’une artère fraîchement sectionnée et mène le lecteur d’une page à l’autre, sans le laisser respirer : l’action s’enchaîne constamment, et le lecteur s’arrête seulement à la fin, à bout de souffle et vidé. De ses illusions, de ses idées joyeuses et de sa joie de vivre en général. Parce que Hansel et Gretel perturbe, dérange, tourmente. D’une manière directe, sans artifices, crue. Trop réaliste. À l’instar des versions originales des contes (bien plus horribles que les adaptations sentimentales et parfois quétaines de Disney), il reste, après coup, un arrière-goût troublant, mais puissant. Un plongeon dans l’horreur brute, l’enfer : le vrai. Un véritable conte pour adultes, dérangeant et horriblement bien ficelé.

Hansel et Gretel est un atout majeur pour cette série, écrit par un écrivain d’horreur connu et apprécié, qui ne décevra pas les adeptes de sa plume particulièrement morbide!

Marie Laporte

About Marie Laporte

Infirmière et réviseure le jour, Marie Laporte devient, la nuit, une exploratrice de l’imaginaire. Elle a longtemps été l’éditrice de Nocturne, le fanzine culte (qui a cédé la place à Nocturne, les charmes de l’effroi) avant de se joindre à l’équipe de Clair/Obscur.

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