Contes interdits: Pinocchio revisité

Maude Royer revisite le conte de Pinocchio, son dernier roman, qui s’insère dans la série des contes interdits!  Le film de Disney, Pinocchio, a marqué mon enfance. Particulièrement la scène où il lui pousse une queue d’âne, scène qui, bien que banale pour un adulte, m’avait semblé terrifiante à un plus jeune âge.

Pinocchio Maude Royer Contes interditsAvant le film de Disney, cependant, il y a eu Les aventures de Pinocchio, roman publié en 1881 par Carlo Collodi. Dans la première version du roman, le pantin se brûlait les pieds près du feu et  finissait pendu au bout d’une corde, puni pour ses mauvaises actions. On est bien loin de la version de Disney…

Aujourd’hui, Maude Royer rafraîchit l’histoire avec un conte interdit dont le personnage principal, Patrick Nocchio, rappelle en bien des points le petit garçon de bois. Suite a une tentative de suicide ratée, Nocchio se voit envoyé, par les services sociaux, chez son grand-père fabricant de jouets. Amnésique, il ne se souvient de rien de son passé, mais entend parler de choses horribles qu’il aurait vécues et qui se seraient retrouvées sur le net…

Malgré le fait que l’histoire prenne un peu de temps à démarrer, on reconnaît vite certains éléments qui rattachent le roman au conte d’origine, sans trop s’y coller. J’ai aimé la distance que l’auteure a prise, qui donne au roman une touche d’originalité. On redécouvre l’histoire de Pinocchio à travers non pas le classique, mais le personnage en lui-même. D’autres détails ici et là rappellent le conte, comme la baleine, par exemple, que je vous laisse le loisir de découvrir…

Bien que Patrick Nocchio soit un personnage intéressant, j’ai trouvé que les personnages secondaires manquaient un peu de profondeur. On aurait aimé en apprendre plus sur Frédérique, la voisine, qui s’évapore peu de temps avant la fin du roman, ainsi que sur l’étrange clochard qui se retrouve constamment dans la chambre de Patrick. Même chose pour la mystérieuse fée bleue, qui, selon moi, apparaît trop tard dans le roman. On semble ne voir que la pointe de l’iceberg, et alors que les personnages m’intriguaient, je suis restée sur ma faim.

Malgré tout, Pinocchio vaut le détour pour les amateurs des Contes interdits. Le mystère sur le passé de P. Nocchio reste entier jusqu’à la fin, une finale qui ne vous décevra pas!

Pour suivre l’actualité des Contes interdits, nous vous invitons sur la page de la Collection Corbeau des éditions AdA! 

Chloé Leclerc-Gareau

About Chloé Leclerc-Gareau

Initiée à l’écriture par sa grand-mère au plus jeune âge, elle découvre la littérature d’horreur à travers Edgar Poe et Stephen King. Titulaire d’un diplôme d’études collégiales en création littéraire, traductrice de profession, écrivaine de salon et maniaque de cinéma, elle participe activement au festival Requiem, une convention dédiée au cinéma d’horreur underground qui rassemble des artistes en tout genre.

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