Clowns vengeurs: critique de L’écologie d’Odi et Allégeances

ecologie-odi-clowns-vengueursL’Écologie d’Odi, de Michèle Laframboise (roman)

Attendu depuis longtemps, ce 10e tome de la collection marque le nouveau format et le nouveau style de la série. Un texte plus long (le double des romans précédents), un nouveau genre d’illustration – bien que toujours d’Alain Cournoyer – et une couverture en général plus sombre. Toujours aussi ténébreux, le ton reste le même : des clowns tueurs à gages, évoluant dans un futur lointain, exécutent des requêtes et combattent leurs ennemis jurés, les arcurides du gouvernement légitime (GL).

Dans ce roman-ci, on suit les (més) aventures d’une jeune recrue menvatt (l’ordre des clowns), qui manque de chance et d’adresse dans l’exécution de ses premières requêtes. Lorsqu’il est témoin d’accidents aériens multiples, Arran Noor décide d’enquêter. Sa recherche le pousse à faire équipe avec un arcuride, et ses découvertes le replongeront dans son enfance, ce qui rendra sa vie dangereuse et le poussera au bout de ses limites.

Une écriture fluide, teintée d’écologie, d’humour, d’amour et, surtout, d’action ininterrompue, caractérise l’œuvre de Laframboise. C’est avec plaisir qu’on retrouve l’univers des Clowns, qui se trouve bonifié par son volume doublé, permettant à l’auteure de pousser plus à fond l’histoire, ce qu’elle fait avec brio.

L’action est constante, et les personnages sont plus approfondis, leur côté humain plus développé, nous faisant découvrir leurs peurs, leurs buts, leurs sentiments. Le tout dans un style maîtrisé et efficace. Une certaine prévisibilité vient ternir – à peine – une des révélations clés de l’intrigue, mais la qualité exceptionnelle du reste du récit ne peut que surpasser cette (très) légère déception. Vraiment, un incontournable!

Le tueur de clowns, de Pierre-Luc Lafrance (nouvelle)

Court récit offert en bonus à l’achat de L’écologie d’Odi (le lecteur doit chercher des indices dans ledit roman pour y accéder), Le tueur de clowns raconte l’application d’une requête réalisée par un clown un peu trop confiant, qui se moque du danger que représente un tueur qui sévit dans sa région… Le regrettera-t-il? Ou la supériorité des menvatts – si agiles et précis – lui permettra-t-elle de se sortir de cette impasse?

Un texte puissant malgré sa brièveté, qui nous permet de découvrir la perception qu’a Pierre-Luc Lafrance de l’univers des Clowns. Minimes inconvénients : disponible en format numérique seulement (ce qui peut en rebuter certains) et quelques coquilles. Aura-t-on droit éventuellement à une œuvre plus étoffée de cet auteur dans ce monde futuriste? On ne peut que le souhaiter, puisqu’il maîtrise avec virtuosité l’esprit de la série!

Allégeances-clowns-vengeursAllégeances, de Nadine Bertholet et Isabelle Lauzon

Même format amélioré et bonifié, couverture toujours aussi sombre et réussie, mais plus visible. Une note positive pour le lettrage, qui réunit le nouveau format avec la teinte argentée des neuf romans précédents, créant un pont entre les deux formats. Illustration encore une fois à couper le souffle d’Alain Cournoyer!

Ce roman écrit à quatre mains est séparé en deux parties distinctes se recoupant en plusieurs points. Le personnage principal de l’ensemble est Deloan, qui rejoint son frère cadet à la Cité blanche pour devenir un clown vengeur, les deux étant motivés par un profond désir de vengeance. Très doué, il apprend vite les rudiments du maniement des armes et s’imprègne des enseignements d’Odi transmis par les moines. Dans la seconde partie, on suit le destin d’une jeune femme, dont le chemin croise fréquemment celui des clowns.

Les points forts de cette œuvre sont la connaissance approfondie de l’univers (puisque Isabelle Lauzon a écrit le guide accompagnateur de l’univers, qui est disponible sur le site de la série : www.clownsvengeurs.com) et l’écriture – qui aurait pu être alourdie par le partage entre deux auteures –, qui est formidablement travaillée. Les deux mouvements sont percutants et palpitants.

Le seul point plus faible de ce roman se retrouve au niveau de la chronologie. Beaucoup de retours en arrière, mais pas toujours accompagnés d’explications ou d’indications temporelles, qui nuisent parfois à la lecture. Comme ils sont tout de même peu fréquents dans la deuxième partie, la qualité du récit reste indéniablement élevée.

L’œuvre précédant tous les autres nouvelles ou romans publiés chez Porte Bonheur, Allégeances permet de découvrir non pas les débuts de l’ordre lui-même, mais certains changements fondamentaux qui ont mené aux principes d’exécution des requêtes meurtrières suivis par les clowns des autres récits. Petite note bonus pour les moments plus sanglants et descriptifs de certaines exécutions… âmes sensibles s’abstenir!

Un article de Marie Laporte

Marie Laporte

About Marie Laporte

Infirmière et réviseure le jour, Marie Laporte devient, la nuit, une exploratrice de l’imaginaire. Elle a longtemps été l’éditrice de Nocturne, le fanzine culte (qui a cédé la place à Nocturne, les charmes de l’effroi) avant de se joindre à l’équipe de Clair/Obscur.

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