Littérature, jeux, cinéma et plus : le meilleur de 2016

Qu’a pensé notre équipe de l’année 2016? Cinq contributeurs révèlent leurs coups de coeur : littérature, cinéma, musique, jeu vidéo, jeu de table et plus!

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Un aperçu de MALEFYCIA : cliquez sur l’image pour consulter l’album dont cette image est tirée, sur la page Facebook du festival

Anne-Marie Bouthillier, éditrice et directrice littéraire

2016 a été riche en sorties littéraires horrifiantes! Parmi les nombreux livres que j’ai aimés (et je suis difficile!), il y en a quelques-uns que j’ai adorés! Si on commence par des publications de chez nous, j’y vais d’emblée avec l’anthologie ÉCORCHÉ, de La maison des viscères. J’ai particulièrement été marquée par la nouvelle de Jonathan Reynolds, Rydia avec un «L», où une mécanique différente est utilisée pour créer un effet malsain et dérangeant. C’est diablement efficace et le malaise que j’ai ressenti était délicieux! De l’autre côté de l’océan, j’ai été séduite par MALPERTUIS VII, l’anthologie annuelle des éditions du même nom, où les textes sont soignés et d’une haute qualité littéraire. Je suis devenue une adepte instantanément! En 2016, je suis tombée dans la marmite des BD, et qui dit BD d’horreur dit BLOODY GORE COMIX! La maison d’édition tenue par Steph Dumais a produit une anthologie absolument traumatisante. Je vous le dis, mes collègues ne me regardent plus de la même façon depuis que je l’ai laissée traîner au travail!

À l’Halloween, j’ai assisté au BAL DES SORCIÈRES, organisé par l’artiste multidisciplinaire SIS, où j’ai admiré de nombreux artistes de la scène présentant des numéros tous plus enchanteurs les uns que les autres. J’espère grandement une deuxième édition l’année prochaine! Finalement, j’ai parcouru les installations de la maison hantée MALEFYCIA, où j’ai pu constater le talent incroyable des acteurs, le réalisme des décors et l’imagination tordue de Mathieu Cass.

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The Trapper, l’un des tueurs du jeu DEAD BY DAYLIGHT, s’apprête à faire une nouvelle victime

Sébastien Bourget, journaliste et réalisateur des podcasts

Cruelle et merdique à plusieurs égards, l’année 2016 a quand même été capable de produire des divertissements de qualité dans toutes les formes d’arts ludiques. Puisque j’ai eu le plaisir de profiter de quelqu’un d’entre eux, je passerais pour le grincheux de service si je ne vous partageais pas mes coups de coeur.

Côté cinoche, je recommande fortement le film d’animation SEOUL STATION qui a fait un tabac à Fantasia cet été. Un film d’animation de grande qualité racontant une invasion de zombies au cœur d’une métropole coréenne. Pour en savoir plus, mon résumé complet du film se trouve dans notre rétrospective Fantasia 2016.

Pour les adeptes du petit écran, je ne peux passer sous silence les trois saisons de la série britannique BLACK MIRROR. Calquant le modèle de Twilight Zone, chaque épisode raconte une histoire où ses protagonistes subissent les contrecoups des médias et technologies modernes. Brillamment écrit, réalisé et interprété, chaque épisode est un délice.

Le gamer friand de jeux vidéo d’horreur que je suis recommande vivement DEAD BY DAYLIGHT développé à Montréal. Ce jeu de survie multijoueur recrée l’ambiance des slashers des années 80, où vous contrôlez de pauvres victimes prises en chasse par un tueur sanguinaire que vous devez fuir. C’est un must.

En littérature, la novella MADLUCK de Gilbert Thiffault propose un héros mixant les qualités de Van Helsing et d’Han Solo, alors qu’il débarque dans un petit village québécois où il doit combattre d’étranges créatures dont H.P. Lovecraft serait fier.

Le dernier spectacle du groupe punk The Ain't Rights, dans le film GREEN ROOM

Le dernier spectacle du groupe punk The Ain’t Rights, dans le film GREEN ROOM

Élise Henripin, journaliste et éditrice web

À l’instar de mon ami Jason, je dois inscrire THE WITCH dans mon palmarès des meilleurs films. Je devrais d’ailleurs le revisiter parce que sa finale m’a carrément fait faire une crise de panique en plein cinéma, au point où j’ai écouté les 30 dernières secondes les yeux fermés. Ce serait un sacrilège de ne pas mentionner GREEN ROOM, une aventure terrifiante qu’on écoute les poings crispés, où un groupe punk joue devant une bande de néonazis; un crisse de mauvais gig qu’ils regretteront pour le reste de leur (courte) vie. Fantasia nous a donné THE LURE, une comédie musicale polonaise complètement délirante, et, surtout, le renversant I AM NOT A SERIAL KILLER, un thriller glauque et loin des clichés mettent en vedette Christopher Lloyd et le jeune Max Records, un talent à surveiller à tout prix. Côté musique, ce sont Arktis  de IHSAHN, Mayhem in Blue de HAIL SPIRIT NOIR et Orphans of the Black Sun de MÜTTERLEIN qui ont retenu mon attention; j’ai aussi beaucoup écouté M de MYRKUR, probablement en partie pour faire un gros fuck you aux misogynes incapables d’accepter un projet solo féminin et aux « puristes » se plaignant que le black métal est rendu trop hipster. Eh ben.

Mais il n’y a pas eu que du bon en 2016. Le dernier épisode de l’excellente série PENNY DREADFUL, diffusé en juin, s’est terminé dans les larmes (littéralement : c’était vraiment triste). Subtile, la série se démarquait par son atmosphère gothique, la qualité du jeu de ses acteurs et sa façon surprenante de réinventer des personnages et figures mythiques (Frankenstein et la créature, Dr. Jekyll, Dorian Gray…). RUE MORGUE a aussi annoncé que 2016 serait la dernière année où il publierait un numéro par mois : le magazine passe désormais à six publications par année. Pour ceux qui ne jurent que par cette revue canadienne, c’est une triste nouvelle. Abonnez-vous ici!

Seduction of the Innocent

Quatre numéros de la série Seduction of the Innocent

Jason Paré, journaliste

Définitivement, le film d’horreur qui m’a marqué le plus cette année, c’est THE WITCH de Robert Eggers. Le réalisateur nous propose avec ce film un voyage aux confins de l’horreur religieuse et des craintes qui peuvent naître des dogmes inflexibles, le tout se terminant sur des images profondément angoissantes et sublimes à la fois. Un incontournable.

Du côté de la BD, je vous suggère fortement de lire le technoir TOKYO GHOST de Rick Remender, Sean Murphy et Matt Hollingsworth. Ce n’est pas véritablement de l’horreur, mais le ton profondément trash de cette mini-série de 10 numéros risque de vous plaire. Déjà disponible en « trade paperback » sous la forme deux volumes, Image Comics proposera en avril 2017 un « hardcover » réunissant la série complète. Deuxième suggestions de lecture : la mini-série de 4 numéros SEDUCTION OF THE INNOCENT d’Ande Parks et Esteve Polls. Reprenant le titre du livre qui a été indirectement responsable de la création de la « Comics Code Authority», Dynamite reprend ici le look des EC Comics et nous propose un polar sombre et violent, rappelant les écrits de James Elroy.

Du côté des jeux vidéo, vous devez absolument vous procurer INSIDE du développeur Playdead. Reprenant la formule qui avait fait le succès de leur précédent jeu Limbo, ce jeu de plate-forme propose à l’instar du précédent un univers angoissant parsemé d’embûches et d’énigmes. Dans le même style, mais plus orienté vers l’action, je vous conseille de jouer à DEADLIGHT : THE DIRECTOR’S CUT de Tequila Works. Ce jeu ne propose pas grand chose de nouveau comparé à la version originale sortie en 2012, mais m’a tout de même bien plu malgré une durée de vie plutôt courte.

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Un avant-goût de l’image qui orne la boite du jeu MANSIONS OF MADNESS

Gabriel Valiquette, chroniqueur jeu de société

L’année 2016 a été pour moi un rite initiatique dans le monde de l’horreur. Avant de me joindre à l’équipe en avril, j’étais un parfait néophyte de l’horreur. Ma culture se résumait aux films de la série Alien et aux jeux vidéo de Silent Hill. Ainsi, il était donc important d’acquérir une certaine culture générale de l’horreur, et surtout dans l’univers des jeux de société. Mon année se commença donc en mai et tout d’abord, j’ai eu beaucoup d’apprentissage à faire. J’ai donc joué pour la première fois à plusieurs jeux à thématique d’horreur plus anciens, ainsi que débuté la lecture de l’intégrale de l’œuvre de Lovecraft pour mieux saisir la popularité de Cthulhu dans les jeux de table. J’ai adoré Dans l’abîme du temps et Les rats dans les murs, sois dit en passant!

Niveau jeu de société, mes attentes envers THE OTHERS : 7 SINS ont fait que je suis resté sur ma faim, et aujourd’hui encore j’ai de la difficulté à l’apprécier à sa juste valeur. Par contre MANSIONS OF MADNESS seconde édition m’a frappé dans le mille et a délogé ELDRITCH HORROR comme meilleur jeu de Lovecraft. Ai-je fait une annonce prophétique lorsque, dans mon second article d’introduction aux jeux de société, j’ai mentionné que pour élever la thématique d’horreur, nous aurions besoin d’une application mobile? Non loin derrière, le petit jeu de carte TIDES OF MADNESS a reçu le titre du meilleur jeu de moins de 15 minutes dans mon cœur.

En gros, cette année, j’ai tenté le mieux que je pouvais pour me mettre à niveau et 2017 n’a qu’à bien se tenir, j’ai maintenant une liste longue comme le bras de jeux à tester pour vous!

About Elise Henripin

Boulimique de littérature et de cinéma d’horreur, Élise a collaboré à plusieurs blogues et projets consacrés à cet univers, dont Sinistre Magazine et Strange-Movies. Depuis 2014, elle est également chroniqueuse littéraire à l'émission L'étrange programme, un magazine culturel diffusé sur les ondes de TCF - La télévision communautaire de Montréal. Auteure d’un roman intitulé Soif publié en 2011, elle espère renouveler l’expérience de publication d’ici quelques années. Suivez-la sur Twitter et Instagram @ehenripin.

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